18-07-2026
[Dt] Vous avez vu !
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Moïse invite TOUT YiSseRâ‘éL à passer du souvenir des œuvres de YHWH à une véritable MÉMOIRE spirituelle. Les événements de l’Exode ne doivent pas seulement être rappelés, mais transmis comme un héritage vivant qui ouvre les « yeux de la foi » et fait entrer le peuple dans une COMMUNION intérieure avec Dieu.
La disparition prochaine de Moïse marque le passage d’une foi appuyée sur sa présence visible à une foi intériorisée, portée par le récit, le rituel et l’Alliance, afin que chaque génération puisse vivre, AUJOURD’HUI, de cette même relation avec YHWH.
• Notes et documentsTranscription du texte de la vidéo : Tous droits réservés.Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article______________________________________________________________Bonjour,
Après la lecture d’un chapitre sombre, dont on a tenté de tirer le meilleur parti dans la vidéo précédente, on ouvre un peu les fenêtres et on respire un air plus familier avec les ch. 29 et 30 du livre du Deutéronome qui constituent le dernier discours de Moïse.
Moïse va d’une part rappeler les bienfaits de YHWH, d’autre part ré-exhorter à ne pas servir les divinités des nations, sans oublier d’énoncer les conséquences qui surviendront dans le cas contraire. Le ch. 29 positionne ainsi progressivement YiSseRâ‘éL face au choix fondamental entre vivre ou mourir ! Ce sera au ch. 30.
Pour cette vidéo, on envisage déjà les v. 1 à 14 du ch. 29.
1. Des yeux pour voir
Tout d’abord, convocation solennelle du peuple par Moïse au v. 1 : « Vous avez vu ce qu’a fait YHWH sous vos yeux dans le sol de MiTseRaYîM, à PaRe“oH, à tous ses serfs et à tout son sol, les grandes épreuves qu’ont vues tes yeux, ces signes et ces grands prodiges. » (Dt 29,1) ! « Vous avez vu ce qu’a fait YHWH »… On va rester dans une première partie sur cette phrase d’une richesse tout à fait inattendue.
On trouve ce même genre de convocation à trois autres reprises dans le Deutéronome, mais surtout au moment de proclamer le Décalogue au ch. 5. L’instant est donc on ne peut plus solennel. « VOUS AVEZ VU », donc vous n’avez RIEN INVENTÉ, vous en avez le SOUVENIR : voilà la base incontournable de tout TÉMOIGNAGE VRAI, du TÉMOIGNAGE VÉRIDIQUE essentiel à l’Alliance — on s’est suffisamment attardé sur cette question dans les vidéos précédentes !
D’où l’injonction en filigranes : “de ce que vous avez VU, il va précisément falloir faire un TÉMOIGNAGE, non seulement pour les générations à venir, mais aussi face aux nations” : ce sera le cœur de notre chapitre. On est au FONDEMENT de la TORâH, et au fondement de TOUT YiSseRâ‘éL comme ‘éDâH, עֵדָה, comme COMMUNAUTÉ DU TÉMOIGNAGE : je vous renvoie ici à la vidéo sur « Moïse ou la prophétie de vérité » (ch. 18) ; et la vidéo intitulée : « Au peuple d’inscrire la TORâH à même sa chair » qui traite de la première partie du ch. 27.
Ceci dit, restons sur la question de la VUE : d’aucuns font remarquer qu’elle est le sens ultime, le sens qui scelle tous les autres sens : besoin de VOIR ce que je touche, ce que j’entends, ce que je goûte ou ce que je sens.
Mais spirituellement parlant, la VUE est aussi traditionnellement le SENS DE L’AU-DELÀ : la TORâH elle-même parle de VOIR YHWH, ce qui n’est pas possible ici-bas sans mourir — on se rappelle cet épisode à la fin de l’Exode : « Moïse dit : “Fais-moi voir, je T’en prie, Ta gloire.” YHWH dit : “Je vais faire passer face à toi mon Bien — Mon TOV, en hébreu ; c’est-à-dire l’ÊTRE le plus intime de YHWH, sa CHARITÉ comme PUISSANCE CRÉATRICE —, et Je clamerai face à toi Mon nom : YHWH. […] Tu ne pourras pas voir Ma face, car le ‘ÂDâM ne peut pas Me voir et vivre. […] Et il arrivera, tandis que passera Ma gloire, que Je te mettrai au creux du rocher et t’abriterai de Ma main jusqu’à ce que Je sois passé. Puis je retirerai Ma main, et tu verras Mon dos. Ma face ne se voit pas. » (Ex 33,18-23). Je vous renvoie au commentaire qu’on en a fait à l’époque.
Ce qui nous intéresse ici, c’est que le récit dit en définitive quelque chose d’assez simple : les YEUX DU CORPS n’ont pas la puissance de VOIR YHWH, le TOUT AUTRE. En revanche, ils peuvent VOIR ses ŒUVRES et y déceler sa présence active. D’où l’affirmation de Moïse : « Vous avez vu ! » Mais LE VOIR, c’est-à-dire VOIR L’ÊTRE, VOIR l’élan de l’ÊTRE qui est bien présent puisqu’il se fait PARLANT ; autrement dit, VOIR L’INVISIBLE suppose analogiquement, comme dit saint Paul, les YEUX DE LA FOI : « Par la foi, [Moïse] a laissé MiTseRaYîM sans avoir peur de la fulmination du roi ; comme s’il voyait l’invisible, il s’est montré vigoureux. » (Hé 11,27) —…
Or ce que nous apprend la TORâH, c’est que les YEUX DE LA FOI sont les YEUX DE LA MÉMOIRE ; entendons par là : les YEUX dont le regard plonge à l’INTÉRIEUR de l’ÊTRE ; les yeux de l’ESPRIT qui ne s’éveille que du cœur de l’ENTRE-DEUX, de la COMMUNION avec YHWH ; des yeux dont le regard sait percer les secrets de l’AUTRE-TEMPS.
De tels YEUX sont un DON de YHWH offert à ceux qui ÉCOUTENT Sa voix ; à ceux qui Le perçoivent au cœur de cet ENTRE-DEUX qui les fait se RENCONTRER l’un l’autre, et jamais en dehors de cet ENTRE-DEUX.
Et c’est bien du cœur de cet ENTRE-DEUX, du cœur de cette RENCONTRE que la TORâH SECOUE ceux qui la scrutent, parfois de manière subtile mais toujours efficace !
Ici, juste après que Moïse ait dit : « Vous avez vu ! », voilà qu’il poursuit : « Jusqu’à aujourd’hui, YHWH ne vous avait pas donné d’yeux pour voir ! » Ah bon ? Eh oui : jusqu’alors, le peuple avait certes foi en YHWH, mais c’était PAR MOÏSE ! Souvenons-nous, juste après le passage de la mer : « YiSseRâ‘éL vit la main puissante que YHWH avait portée contre MiTseRaYîM. Le peuple craignit YHWH ; ils eurent foi en YHWH ET en Moïse son serviteur. (Ex 14,31).
Les deux étaient inséparables, SAUF ! Sauf qu’il ne fallait pas que la présence EXTÉRIEURE de Moïse fasse ÉCRAN à la dimension INTÉRIEURE qui, PAR LUI, unissait YHWH à son peuple. De sorte que l’éclipse de Moïse allait signer le moment, pour TOUT YiSseRâ‘éL, d’ouvrir les yeux DE LA FOI — entendons par là : de passer du SOUVENIR à la MÉMOIRE, ou pour le dire autrement : de passer de l’EXTÉRIEUR à L’INTÉRIEUR.
2. Du SOUVENIR à la MÉMOIRE
Quel qu’il soit, le SOUVENIR est toujours lié à la perception sensorielle, et comme tel, il ne peut pas être TRANSMIS ! En revanche, il peut être RACONTÉ, et par le truchement du RÉCIT, être TRANSMIS non pas en tant que souvenir, mais en tant que MÉMOIRE…
Prenons un exemple : je vis auprès d’un proche qui m’est précieux. En elle-même, sa présence EXTÉRIEURE et la RELATION qu’autorise cette présence me suffisent ; sauf qu’à ne pas y prêter attention, cette présence même, EXTÉRIEURE, peut faire ÉCRAN — on vient de le voir avec Moïse — à ce qui se passe INTÉRIEUREMENT entre lui et moi ! Trop souvent, la présence EXTÉRIEURE de l’autre me rassure au point que je la tiens naïvement pour acquise… jusqu’à ce que survienne sa disparition à mes yeux ! Et là, la secousse est violente !
Dès lors, deux POSSIBLES s’ouvrent à moi :
• soit je ne me suis pas préparé à cette séparation et je me trouve devant un vide vertigineux qui m’aspire sans que je parvienne à renverser ce vortex par mes seules forces : signe que notre ENTRE-DEUX n’était, dans le fond, qu’EXTÉRIEUR à nous-mêmes ; la présence de l’autre me satisfaisait et ça me suffisait… ; FOLIE !
• soit la SECOUSSE provoquée par cette disparition, si brutale soit-elle, libère en moi une RESSOURCE, comme une eau vive à laquelle notre histoire commune aura déjà pu se désaltérer : à savoir la part INTÉRIEURE de notre ENTRE-DEUX, cette part INVISIBLE qui se révèle, au moment de la disparition de l’autre, nous avoir liés de la manière la plus ESSENTIELLE, de la manière la plus ÉTERNELLE qui soit… qui prend nom de COMMUNION.
Quand l’autre disparaît, la RELATION s’éteint avec lui, mais la COMMUNION demeure, à condition de l’avoir cultivée alors même que l’autre était physiquement présent. Il est donc prudent, durant l’existence ici bas, de cultiver cette part INVISIBLE de l’ENTRE-DEUX qui m’unit à l’autre ; de cultiver cette COMMUNION avec l’autre, de la marquer RITUELLEMENT.
Et c’est la tâche de la RELIGION — [relegere] = recueillir — que de permettre cette RITUALISATION, pour l’inscrire dans une histoire plus vaste ; dans l’histoire d’un CORPS dont l’esprit ne met pas seulement les membres en relation, mais les fait vivre cette COMMUNION d’ÊTRE qui s’enracine en ‘ÈLoHîM, rien que ça. Là il faudrait relire le grand Jean Duns Scot, le « docteur subtil » du xiiie siècle.
En tout cela, il s’agit de planter les REPÈRES qui deviendront les RESSOURCES éternelles nécessaires pour maintenir VIVANT en nous l’AUTRE-TEMPS éternel. En définitive, la COMMUNION est la part ÉTERNELLE offerte en HÉRITAGE à ceux qui s’ouvrent à leur VIE INTÉRIEURE.
On peut dire que de ce point de vue, la COMMUNION est l’IRRUPTION de l’éternité dans le TEMPS, qui nous fait toucher de manière fugace, mais néanmoins très réelle, le REPOS auquel nous aspirons tant ; cet ACCOMPLISSEMENT de soi au cœur de l’ENTRE-DEUX avec ‘ÈLoHîM autant qu’avec chaque membre du CORPS auquel cette COMMUNION nous donne d’appartenir.
« Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » (Mt 11,25). Tout est là : le repos n’est accessible que dans l’ENTRE-DEUX qui nous lie à Jésus, vrai Dieu et vrai homme ; Jésus en qui ‘ÈLoHîM et ‘ÂDâM se rencontrent enfin selon le projet établi dès le commencement de la Création.
Sauf que ça s’apprend. Pour en rester à la TORâH, tant que Moïse est là, on le scrute du regard, on le suit, on l’attend, on l’écoute, on le bouscule aussi ; mais dans le fond, on reste PASSIF : il est là, et sa présence EXTÉRIEURE semble naïvement suffire.
Dès lors, quand Moïse disparaît à la vue du peuple, commence alors le DEUIL qui consiste à enclencher le travail de MÉMOIRE auquel va contribuer le RITUEL qui accompagnera le passage du YaReDDiN.
Le RITUEL est là pour marquer le passage de l’EXTÉRIEUR à l’INTÉRIEUR comme un ÉVÉNEMENT à partir duquel va s’amarrer un RÉCIT. Un RÉCIT INDISPENSABLE si tant est que cette MÉMOIRE ne peut se garder QU’EN se TRANSMETTANT ; premièrement ORALEMENT, par des récits codifiés que l’on apprend, que l’on répète de génération en génération.
Puis avec le temps, au gré d’autres ÉVÉNEMENTS qui viennent se greffer sur les premiers pour former, non pas un « fil » de l’histoire mais plutôt un faisceau d’histoire — comme des fils de cuivre dans une gaine électrique — ; avec le temps donc, ces RÉCITS codifiés s’agrémentent, s’ornementent, s’enchantent, jusqu’à se MYTHOLOGISER, et c’est NORMAL !
Le MYTHE n’a rien d’une invention : le MYTHE vise à transmettre l’INVISIBLE, l’INTÉRIEUR. Il s’appuie nécessairement sur des faits — « Vous avez vu ! » —, mais le MYTHE n’a pas pour tâche de rapporter des souvenirs comme des notes sur un journal… Encore une fois, le MYTHE est la mise en RÉCIT de la RÉALITÉ INTÉRIEURE dont TÉMOIGNENT ces faits, une réalité INTÉRIEURE à laquelle COMMUNIE chaque génération qui en reçoit l’HÉRITAGE.
Cette réalité INTÉRIEURE transmise par le MYTHE est PARLANTE de génération en génération qui puisent en lui une FORCE VITALE qui lui fait ne jamais errer ; qui les fait aller de l’avant, tout en étant solidement amarré à l’ÉVÉNEMENT initial dont procède cette histoire.
Vous voyez la part de l’ENTRE-DEUX ici ? C’est lui qui permet à chaque génération de VIVRE en COMMUNION avec leurs pères, habités de cette même réalité invisible qui les fait se sentir appartenir à une même famille, à un même clan, à un même peuple ; qui leur fait participer à une même DESTINÉE.
Les v. 4-5 sont typiques en ce sens : « Quarante ans, je vous ai fait aller dans le désert : vos tuniques ne se sont pas usées sur vous, tes sandales ne se sont pas usées à tes pieds. Vous n’avez pas mangé de nourriture, vous n’avez bu ni vin, ni boisson forte : afin que vous connaissiez que Moi, Je suis YHWH, votre ‘ÈLoHîM. » (Dt 29,4-5).
Quand on est dans l’action, évidemment que les chaussures s’usent et qu’on se nourrit ! Mais quand vous RACONTEZ cette épopée cinq siècles plus tard, il est impossible que le RÉCIT ne soit pas devenu épique ! Parce que ce qui reste, ce qui est PARLANT, ce qui est VIVANT et que le RÉCIT TRANSMET, c’est l’INVISIBLE : « Manger et boire nous importait peu : on avait la FOI, voilà l’essentiel ! On savait que YHWH était avec nous ! » Ce que le MYTHE va assumer en racontant : « Vous n’avez rien mangé ni bu, car YHWH était présent ! »
Là, on touche au SEL de l’EXODE : toujours cette dimension INVISIBLE, SPIRITUELLE et CHARNELLE qui, SEULE, se PARTAGE et SE TRANSMET ; de sorte que chaque génération, avec ce qu’elle a à vivre, se sait en COMMUNION avec les pères, INVISIBLEMENT, mais on-ne-peut-plus RÉELLEMENT irriguée du même SOUFFLE de YHWH ; animé de la même FOI et de la même ESPÉRANCE.
Car l’homme est ainsi fait que pour lui, créé à la ressemblance de ‘ÈLoHîM, le RÉEL est d’abord INVISIBLE ; le VISIBLE n’est jamais que le support, éphémère ici-bas, de l’INVISIBLE éternel. Que ce support, du fait de sa fragilité intrinsèque, vienne à disparaître, et l’INVISIBLE qui le soutent se dévoile alors dans toute sa puissance. Le CORPS disparaît, mais la CHAIR demeure, comme lieu essentiel de COMMUNION.
C’est ainsi que les Juifs de retour d’EXIL ne doutaient pas une seconde que cinq siècles auparavant, leurs pères, dans le désert, fussent animés du même feu intérieur ; un feu SPIRITUEL, INSPIRÉ par YHWH, que le RÉCIT venu des pères leur avait TRANSMIS.
Seulement voilà : redisons-le tellement la chose est essentielle à comprendre : pour que TOUT YiSseRâ‘éL accède à sa dimension INTÉRIEURE, s’ouvre à la COMMUNION qui le fait vivre du SOUFFLE PARLANT de YHWH — « Écoute YiSseRâ‘éL ! » — , la DISPARITION de Moïse aux yeux du peuple était NÉCESSAIRE.
Alors pouvait se dévoiler l’ESSENTIEL, c’est-à-dire la COMMUNION INVISIBLE, l’ENTRE-DEUX qui unifie le peuple et dont Moïse devient la FIGURE INTÉRIEURE. Toutes les générations se trouvent ainsi UNIFIÉES grâce au partage de ce RÉCIT MÉMORIAL, d’abord ORAL, puis mis par ÉCRIT, qui maintient VIVANT le REPÈRE INTÉRIEUR de cette histoire pour que puisse en être interprété chaque moment, comme l’AUJOURD’HUI de la BÉNÉDICTION et de la VIE. L’AUJOURD’HUI qui fait qu’à chaque instant de l’histoire, toute l’épopée de la Torah se rend disponible pour interpréter, révéler la plénitude de chaque instant présent et entraîner le peuple vers toujours plus de vie.
3. AUJOURD’HUI
À partir du v. 9, on retrouve le peuple que décrivaient les trois premiers chapitres du Deutéronome. D’ailleurs, si vous faites l’exercice, vous verrez qu’on passe sans difficulté du ch. 3 au ch. 29.
YHWH appelle le peuple à « PASSER dans l’ALLIANCE de YHWH », dit le verset 10 ; sous-entendu : à passer ACTIVEMENT dans l’ALLIANCE. Moïse, on vient de le dire, va bientôt disparaître aux yeux de ses frères Hébreux ; au peuple de prendre le RELAIS pour être, à la face des Nations le TÉMOIN de l’ENTRE-DEUX qui l’attache à son ‘ÈLoHîM : « Afin de te mettre debout aujourd’hui pour être son peuple, et Lui-même être ton ‘ÈLoHîM, selon ce qu’il t’a dit et selon ce qu’Il a juré à tes pères ‘AVeRâHâM, YiTseRâQ et Ya”aQoV. » (Dt 29,12).
L’évocation des trois patriarches manifeste clairement qu’on est dans la rédaction la plus tardive de la TORâH, au ve siècle avant J.-C. Les différentes traditions des Adorateurs de YHWH se sont rencontrées à YeROuShâLaYiM à la fin du viiie siècle, et se sont articulées en EXIL pour composer l’histoire fondatrice d’une population qui se savait jusqu’alors plus ou moins consciemment issue d’une même lignée, mais ne se percevait pas encore comme un CORPS unifié.
AUJOURD’HUI donc, au moment de passer le YaReDDiN, le peuple Hébreu devient TOUT YiSseRâ‘éL. Mais comme à son habitude, la TORâH ne se complait pas dans ce seul franchissement… Voilà que Moïse ajoute une clause somme toute étrange : « Ce n’est pas avec vous seuls que moi-même, je tranche cette Alliance et cette imprécation, mais c’est avec celui qui, ici, se tient avec nous aujourd’hui face à YHWH, notre ‘ÈLoHîM ; et avec celui qui n’est pas ici avec nous aujourd’hui ! » (Dt 29,13-14).
Qui est « celui qui n’est pas ici » au moment où l’Alliance est tranchée dans les steppes de MO’âV ? On songe spontanément aux générations à venir de YiSseRâ‘éL, dès qu’aura été franchi le YaReDDiN, mais le texte est POSSIBLEMENT plus large, si on sait lui associer d’AUTRES PASSAGES du YaReDDiN : implicitement celui des Juifs au retour d’EXIL, on l’a dit plusieurs fois ; mais aussi tous ceux qui franchiront explicitement ce même YaReDDiN à travers le Baptême de Jean et celui de Jésus !
L’analogie joue ici à plein : du point de vue chrétien, le baptême dans les eaux du YaReDDiN fait bel et bien PASSER RITUELLEMENT dans l’ALLIANCE les nations qui seront baptisées dans le Nom de Jésus. Et en ce sens, on peut légitimement entrevoir la greffe dont parle saint Paul des nations sur l’arbre franc de TOUT YiSseRâ‘éL.
Ceci dit, pour l’heure, ces nations sont encore encrassées dans leurs croyances idolâtres, ce qui ne sera pas sans poser problème au moment de leur confrontation avec TOUT YiSseRâ‘éL. Ce sera l’objet des v. 15 à 18 qui suivent, mais nous verrons ça la prochaine fois.
Je vous remercie.
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