18-05-2026

[Dt] Face aux ennemis

Deuteronomy 20:0 par : Père Alain Dumont
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Une fois installé sur le sol promis par YHWH, le peuple devra combattre pour pouvoir y demeurer. Mais un tel combat n’est pas d’abord extérieur. Il est avant tout INTÉRIEUR. C’est un combat assumé par le CORPS tout entier de TOUT YiSseRâ‘éL auquel chacun doit se rattacher charnellement pour ne jamais laisser les débordements le submerger.
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Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
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Bonjour,

Avec le ch. 20, les scribes du Deutéronome nous font passer à un nouveau registre : celui de l’art de la guerre. Non pas la guerre pour entrer en KeNa“aN, mais la guerre pour pouvoir Y RESTER ! La guerre défensive, en d’autres termes.

Alors attention, le propos de ce chapitre peut choquer nos oreilles embourgeoisées, mais on va garder la tête froide et tenter d’expliquer.

1. La meilleure défense, c’est l’attaque !

« Lorsque tu sortiras en guerre contre tes ennemis et que tu verras des chevaux et des chars, et un peuple plus nombreux que toi, n’aie pas peur d’eux car YHWH, ton ‘ÈLoHîM, est avec toi, Lui qui t’a fait monter du Sol de MiTseRaYîM. » (Dt 20,1). Redisons-le : il ne s’agit pas de partir pour une guerre de conquête façon Assyrie, Babylonie, ou plus tard Alexandre ou Rome. Il s’agit d’une guerre DÉFENSIVE, selon un principe simple qui veut que la meilleure défense, ce soit l’attaque. On a le droit de ne pas être d’accord, mais bon, c’est comme ça.

On l’a déjà plusieurs fois relevé : dans l’Antiquité, tous les ans au printemps, chaque royaume du Levant ébranlait son armée pour marquer et consolider ses frontières. De sorte que YiSseRâ‘éL ne peut pas échapper à de telles guerroiements, en particulier contre les ennemis les plus proches comme les Philistins dans la plaine côtière côté Ouest, les Amalécites en pays de ‘ÈDOM, ainsi que les royaumes de MO’âV et de “AMMON, à l’Est — on le verra au ch. 23.

2. Revisiter l’origine pour ne faire qu’UN seul CORPS.

Alors entendons bien l’argument du v. 1 : la TORâH pose ici un principe qui est par ailleurs au cœur de toute prière juive comme chrétienne : s’appuyant sur la mémoire des Hauts-faits de YHWH par le passé envers les père, le peuple est assuré que Celui-ci ne peut pas ne pas répondre à la prière des fils au temps présent, et que, comme le transmet sa mémoire, YHWH lui gardera à jamais ouvert son À-VENIR. Là, on est au cœur du cœur de l’ESPÉRANCE qui se transmet de génération en génération !

Alors en substance, concernant notre verset : « vos pères n’ont pas eu peur, non pas parce qu’ils avaient un caractère intrépide mais parce qu’ils ont consenti à l’ATTACHEMENT de YHWH à leur égard. À chaque génération de faire de même, c’est-à-dire de puiser à la même source SPIRITUELLE ; à la même source ORIGINELLE ! Grâce à quoi TOUT YiSseRâ‘éL se ressent comme ne formant qu’UN SEUL CORPS, toutes générations confondues : passées, présente et à-venir !

Et là comprenons bien : bien sûr que le récit se réfère à la première entrée en KeNa“aN du peuple Hébreu, mais nous savons, par ailleurs, que ce sont les scribes exiliques qui le rédigent, concernant en fait le RETOUR en KeNa“aN, le retour en YeHOuDâH ! On peut donc dire que la foi des pères qui se sont engagés dans la montée de MiTseRaYîM jusqu’en KeNa“aN ; on peut dire que cette foi des pères FONDE la foi des fils qui s’engagent, eux, dans la réinstallation au moment du retour d’Exil et de la refondation du peuple.

On est aux vie - ve siècle avant J.-C., d’abord avec ZeRouBaVèL/Zorobabel, mais surtout avec Ne.HèMeYâH/Néhémie face aux adversaires opposés à la réparation des remparts de YeROuShâLaYiM, : « N’ayez pas peur d’eux ! Faites mémoire de ‘ADoNaï, grand et terrible ! Combattez pour vos frères, vos fils, vos filles, vos femmes et vos maisons ! » (Né 4,8).

On retrouve les mêmes accents que dans notre passage du Deutéronome. Alors je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve beau ce genre de formulation qui dit explicitement : vous ne combattez pas pour vous ! Vous combattez POUR vos proches, vos fils et vos filles, vos femmes et vos maisons, c’est-à-dire : POUR d’autres que vous-mêmes, jusqu’à livrer votre propre vie !

Ce genre de propos est assez inaudible aujourd’hui où l’individualisme est absolutisé, relativisant tout à soi. Mais face au règne de la mesquinerie généralisée, et donc suicidaire, nos anciens nous rappellent qu’un AUTRE CHEMIN est possible ; un chemin de noblesse et d’honneur, un chemin de BÉNÉDICTION : celui du PARTAGE DE SOI jusqu’au DON DE SOI si nécessaire, pour que le CORPS vive, et par lui pour que vivent nos frères, nos fils, nos filles, nos femmes et nos maisonnées.

Et lorsque le même livre de Ne.HèMeYâH  raconte au ch. 8 la proclamation de la TORâH par “ÈZeRâ‘/Esdras à YeROuShâLaYiM dont il s’agit de remonter les murailles pour la protéger des ennemis, c’est ÇA que le peuple entend : YHWH est avec nous comme Il l’a été avec nos pères ! D’où le bouleversement, et le courage qui monte en eux : « Tout le peuple pleurait en écoutant les Paroles de la TORâH. [“ÈZeRâ‘] leur dit encore : “Allez, mangez des viandes grasses, buvez des boissons douces et envoyez une part à celui qui n’a rien apprêté pour lui. Car ce jour est sacré à notre ‘ADôN ! Ne vous affligez pas : la joie de YHWH est votre rempart !” » (Ne 8,9-10). On a déjà vu ce passage à propos du ch. 18 du Deutéronome.

On perçoit mieux dès lors l’importance que représente ce CORPS intergénérationnel au sein duquel LA FOI DES PÈRES PORTE LA FOI DES FILS, et la foi des fils maintient PARLANTE, et donc VIVANTE, la foi des pères. C’est ce qu’on appelle la COMMUNION DES SAINTS quand on est chrétiens !

Pourquoi proclamons-nous que nos défunts — c’est-à-dire nos pères — sont VIVANTS ? D’abord parce que leur vie est gravée dans notre MÉMOIRE et que cette MÉMOIRE est PARLANTE pour nous, en termes de FOI et d’ESPÉRANCE ! Des saints, sauf exception, nous n’en avons aucun souvenir, ne les ayant pas connus en personne. Mais leur MÉMOIRE, elle, est parvenue jusqu’à nous, et par eux, la MÉMOIRE du Christ dont ils sont les TÉMOINS VÉRIDIQUES ! Et parce que cette MÉMOIRE est VIVANTE, nous savons que, dans l’unité du CORPS MYSTIQUE du Christ qui est l’ÉGLISE, ils sont plus encore vivants que nous ne le sommes ! Et en mémoire de ce qu’ils ont porté POUR NOUS, nous leur vouons une VÉNÉRATION de GRATITUDE.

La GRATITUDE est pour les chrétiens le moyen de FAIRE MÉMOIRE des pères afin de puiser dans le CORPS de la “éDâH de l’Église que nous formons avec eux, le courage dont nous avons besoin aujourd’hui pour les suivre sur le chemin de la VIE et de la BÉNEDICTION que nos Pères ont voulu laisser ouvert POUR NOUS, leurs enfants.

Or on est là complètement dans la continuité du v. 1 du ch. 20 du Deutéronome, entre autres : n’oubliez jamais que vous appartenez à UN SEUL CORPS, au CORPS ‘È.HâD ! Pas simplement à une société du “vivre-ensemble” ! C’est en puisant à cette appartenance que vous trouverez la force de rester VIVANT dans l’épreuve, quelle qu’elle soit.

3. Plus qu’une simple solidarité collective

Faire partie d’un seul CORPS est infiniment plus qu’une simple solidarité collective. Parce que si cette dernière enjoint l’individu à être “solidaire” de ses semblables — ce qui n’est déjà pas si mal puisqu’on est là à la base de toute société —, cette solidarité reste néanmoins en tous points EXTÉRIEURE ! Elle est un principe de collaboration sociale, mais elle reste dans l’ordre du “fonctionnement” — quand bien même chacun y met du cœur —. Par ailleurs, la solidarité est délibérée : à chacun d’y consentir — ou pas — au gré des besoins et de ses disponibilités du moment.

La notion de CORPS, et la notion de COMMUNION qui lui est connexe, sont d’un tout autre ordre : INTÉRIEUR, et résolument SPIRITUEL. Chaque membre a conscience, non pas tant d’appartenir à ce CORPS que d’en recevoir « l’âme charnelle » pour citer Charles PÉGUY ; de recevoir son être personnel du CORPS entier, de sorte que le LIEN entre le CORPS et ses membres n’a rien de velléitaire : il est CHARNELLEMENT CONSTITUTIF de l’un ET de l’autre, dans un ENTRE-DEUX essentiel qui les attache viscéralement l’un à l’autre ; qui les CONJOINT littéralement. De sorte que chacun fait l’expérience que l’ÊTRE qui me traverse n’est pas différent de l’être qui traverse ses pères, et tout le CORPS auquel, par eux, il est apparenté.

À partir de là, on fait infiniment plus qu’être solidaire : on DONNE SA VIE, on est prêt à MOURIR pour que le CORPS VIVE et donne VIE aux générations qui prendront le relai ; qui feront à leur tour MÉMOIRE de la JUSTICE de leurs pères, dans un sentiment de gratitude, à l’écoute de cette PAROLE qui nourrit le CORPS de toujours à toujours. « YHWH n’est pas [le dieu] des morts mais des vivants. Tous, en effet, vivent par Lui. » (Lc 20,38) ; « Aucun de nous ne vit pour lui-même et aucun ne meurt pour lui-même. Si nous vivons, c’est pour le Seigneur que nous vivons  ; si nous mourons, c’est pour le Seigneur que nous mourons . Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, c’est du Seigneur que nous sommes. » (Ro 14,7-8).

Tout, en fait, est dans la TRANSMISSION. Les pères ont tout misé sur leur espérance, ce qui est d’une noblesse infinie ! En quelque sorte : « Ce n’est pas pour nous que nous vivons ; ce n’est pas pour nous que nous écoutons YHWH. C’est pour le CORPS que nous formons avec notre descendance, jusqu’à la millième génération ! » ; Souvenons-nous : « Sache-le : YHWH, ton ‘ÈLoHîM, c’est Lui le ‘ÈLoHîM ; le ‘ÈL fidèle, qui garde l’Alliance et la Miséricorde pour mille générations pour ceux qui L’aiment et gardent Ses commandements ! » (Dt 7,9).

Alors pour en rester à nos versets : d’un côté — celui des pères —, on transmet donc aux générations qui viennent un héritage de courage, donc un à-venir : les nations ne sauraient détruire le peuple que YHWH a ÉLU, qu’Il a ÉPOUSÉ, c’est-à-dire qu’Il habite et qu’Il vivifie de L’INTÉRIEUR ; de l’autre — celui des fils —, dans un esprit de gratitude, on prend soin de l’héritage transmis et à transmettre, fut-ce au prix des armes.

Précisons par ailleurs que “recevoir” et “transmettre” ne signifie pas la répétition du même ! Il ne s’agit pas d’un patrimoine figé, mais d’un patrimoine VIVANT parce que PARLANT ; donc INSPIRANT encore et toujours. Il s’agit d’un PATRIMOINE qui permet la souplesse interprétative de chaque instant ; un PATRIMOINE qui, dans cet ENTRE-DEUX qu’il permet entre passé et présent, entre l’expérience des pères et l’apprentissage des fils, offre toujours le recul nécessaire pour échapper aux emprises de la convoitise et du repli sur soi meurtrier ; et pour ainsi autoriser la vraie liberté avec la paix qui lui est conjointe.

Eh bien : dans cette conscience d’appartenir à un CORPS — une conscience initiatique, intérieure, où chaque fils apprend la vertu de l’attachement aux pères —, dans cette conscience, donc, d’appartenir à un CORPS, au CORPS de TOUT YiSseRâ‘éL, aucune situation de combat ne saurait effrayer quelque génération que ce soit : « N’aie pas peur d’eux car YHWH, ton ‘ÈLoHîM, est avec toi, Lui qui t’a fait monter du Sol de MiTseRaYîM. » (Dt 20,1)

On touche là à une dimension initiatique qui reste LE ressort anthropologique essentiel de toute transmission véritable, charnelle — et donc spirituelle dans la mesure où la CHAIR est, par essence, le lieu où demeure l’ESPRIT ; cet ESPRIT qui irrigue le CORPS et par qui les membres initiés de ce CORPS s’unifient. Relisez la première lettre de Pierre : elle va explicitement dans ce sens ; et en fait, tout le NT va dans ce sens, dans la droite ligne de la TORâH et de tout l’AT.

Quoi qu’il en soit, redisons-le : le ressort initiatique est essentiel, et j’aimerais si vous le voulez bien qu’on s’attarde un peu sur ce point.

4. « Le Cœur a ses raisons
que la Raison ne connaît point. »

Le propre d’une transmission initiatique, et non pas seulement le simple formatage de la raison raisonnante qui cherche à rester à la surface des choses et désavoue toute initiation qui tente de scruter la dimension INTÉRIEURE du RÉEL — ; le propre d’une transmission initiatique, donc, est de transmettre une force INTÉRIEURE de COMMUNION spirituelle ; et c’est là que le grand Blaise Pascal a pu écrire cette phrase de génie : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » C’est dans le recueil des Pensées, à la toute fin des « Preuves par le Discours I ».

En général, on commente en disant que Pascal oppose la raison à l’intuition… mais non ! Ce dont Blaise Pascal parle, c’est du ressort initiatique de LA FOI, qui n’a rien à voir avec la raison raisonnante : on ne vient pas à la foi pour des raisons analytiques ! Ça a à voir avec la SAGESSE, c’est-à-dire avec une tout autre dimension qui permet à l’homme de découvrir en lui un potentiel de COMMUNION — et pas seulement de relation — avec ses proches comme avec les éléments les plus célestes ; une COMMUNION qui, dès lors, illumine la raison raisonnante, si tant est qu’elle veuille bien s’y abreuver.

Dit autrement : cette dimension de COMMUNION échappe à la raison dans la mesure où la COMMUNION ne relève pas du rationnel, mais du RAISONNABLE : ce que tu vis, la raison peut s’en trouver éclairée : la COMMUNION vécue est donc, au sens propre, RAISONNABLE. La COMMUNION ne relève pas d’abord de l’intellect mais de la CHAIR.

Dit encore autrement : ce que met en lumière l’anthropologie, c’est que la CHAIR est PREMIÈRE sur la raison ; le CORPS est PREMIER sur l’individu. Grâce à l’initiation, la raison, abdiquant sa soif de suprématie, trouve en fait de quoi s’enraciner dans le terreau de SAGESSE qui lui permet de s’exercer sans tomber dans le piège de l’idéologie hors sol, et de s’appuyer sur des ressorts qui la propulse infiniment au-delà de ce qu’elle ne sait découvrir que par ses propres modalités !

Et dans le fond, on en revient toujours là : la raison, c’est comme l’argent : ce sont des SECOND indispensables, mais quand ils font un coup d’État pour prendre le pouvoir et devenir souverains, ils deviennent en fait des DICTATEURS infernaux dont le but premier est de détruire l’unité du CORPS pour mieux dominer et manipuler les individus dispersés…

Je vais vous donner un exemple. Quand j’étais au Burkina Faso, voici presque un demi siècle, j’ai été convié à assister à un rituel initiatique dans un village Bobo. Je vous passe les détails, mais j’ai vu partir des gosses dans la forêt sacrée, et une semaine plus tard, j’ai vu revenir des HOMMES : de VRAIS hommes. Entre temps, ils avaient été INITIÉS : les anciens leur avaient fait franchir des épreuves pour leur faire découvrir le POTENTIEL d’une UNITÉ spirituelle à laquelle ils savaient désormais puiser, pour ainsi dire, à même le CORPS mystique de tout le clan auquel ils appartenaient.

Pour décrire les choses rapidement : l’initiation, qui durait environ une semaine, se vivait à l’écart du village, dans la forêt sacrée, selon une grande discipline — les épreuves ne consistaient pas à perdre l’un ou l’autre des enfants, mais à les faire grandir dans leur CHAIR —. Du coup, parce qu’ils avaient vécu EN COMMUN ce passage initiatique, les garçons grandissaient dans la conscience CHARNELLE d’une COMMUNION ; dans cette conscience INTÉRIEURE d’appartenir à un CORPS dans lequel ils allaient savoir, toute leur existence, puiser l’énergie nécessaire pour contribuer à la VIE de leur clan devenu une FAMILLE.

Cette COMMUNION, ils allaient l’inscrire à même leur CHAIR par des scarifications rituelles bien visibles, spécifique à chaque clan. Et en situation de danger, le cri « Bisla lebe ! » allait mobiliser l’énergie spirituelle de tout le CORPS pour permettre à chacun de se dépasser charnellement, jusqu’à donner leur vie s’il le fallait pour que vivent les leurs : leurs fils, leurs filles, leurs femmes et leurs maisons ; pour garder l’à-venir ouvert aux générations qu’ils portaient spirituellement en eux-mêmes. Bref : ces jeunes initiés étaient devenus pleinement FILS, prêts désormais à devenir ÉPOUX et PÈRES. Et c’est là que manifestait la profonde vérité de ce qu’un jeune Burkinabé m’avait dit à l’époque : « Vous les blancs, vous ne comprenez pas la Bible. Nous, on la comprend, parce que ce qu’il y a dedans, on le VIT ! »

Eh de fait : c’est cette même dynamique anthropologique que met en œuvre la TORâH, à la lumière de YHWH qui n’agit pas en faisant fi de la dimension humaine, dont Il est au demeurant le CRÉATEUR. C’est cette dynamique du CORPS, cette dynamique spirituelle de COMMUNION que porte l’ÉLECTION de TOUT YiSseRâ‘éL.

Ce n’est pas un hasard si cette ÉLECTION s’inscrit à même la CHAIR des hommes qui composent ce peuple à travers leur CIRCONCISION. Cette marque CHARNELLE leur rappelle la nécessité de s’inscrire dans une dynamique de TRANSMISSION, de travailler sur eux-mêmes non pas pour conquérir le monde, mais pour SE CONQUÉRIR EUX-MÊMES et combattre le bon combat : celui qui repousse les assauts du YéTsèR HaRa“ et apprend à renoncer à toute convoitise, avec toute l’énergie du CORPS dont ils se savent les membres VIVANTS.

C’est ce travail de purification, orchestré par la TORâH de YHWH et porté par le CORPS entier du Peuple de TOUT YiSseRâ‘éL, qui ouvre à la BÉNÉDICTION et enflamme ce peuple jusqu’à le fait devenir une LUMIÈRE pour les nations. YiSseRâ‘éL a pour vocation de montrer le chemin de la BÉNÉDICTION — celui du CŒUR dont parle Blaise Pascal, celui de l’INTÉRIORISATION ; celui de l’INITIATION, de la transmission des pères vers leurs fils — ; face au chemin de MALÉDICTION que représente le règne de la convoitise et du mercantilisme absolu.

Le chemin de la BÉNÉDICTION qu’appelle de ses vœux le Deutéronome, et par lui toute la TORâH, est celui d’une CROISSANCE SPIRITUELLE, humano-divine, dans l’ALLIANCE, c’est-à-dire dans l’ENTRE-DEUX NUPTIAL avec YHWH que portera à son apogée la venue dans la CHAIR du VERBE de ‘ÈLoHîM !

Fort de tout ça, alors oui, l’appel peut retentir : « N’aie pas peur des nations nombreuses qui te menacent ! ». Dans ce contexte initiatique, cet appel est PARLANT, et il est donc VIVIFIANT. C’est ce que Jésus reprendra en disant : « Moi Je suis la vigne. Vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et moi en lui, celui-ci porte un fruit nombreux parce que sans Moi, vous n’avez pas la puissance de faire quoi que ce soit. » (Jn 15,5).

Hors du Corps dont Je fais de vous des membres, vous serez dispersés, livrés aux mains de la convoitise, et vous serez stériles : vous mourrez et donnerez la mort en flinguant la transmission et la communion de vie à laquelle, pourtant, dans la puissance de l’ESPRIT, le Père vous appelle par Moi. Ainsi Jésus prend accomplit-Il l’appel porté par le prophète YeH.èZeQé’èL : « Je donnerai mon Souffle en vous — c’est-à-dire dans le CORPS de TOUT YiSseRâ‘éL — et vous vivrez. » (Ez 37,14).

Définitivement, voyez, hors d’un tel contexte initiatique, profondément anthropologique, les appels au courage ou à la guerre ne sont qu’idéologiques, fruit de la seule convoitise, du goût sulfureux du pouvoir et de l’exploitation pour ne pas être soi-même exploité par un plus fort… Un tel appel est non seulement meurtrier, mais il est vain : « Vanité des Vanités — du monde purement extérieur —, tout est vanité. » (Qo 1,2).

Or c’est pour ne pas perdre ce chemin de la CONVERSION INTÉRIEURE que l’intervention du KoHéN est nécessaire. Nous verrons ça plus en détail la prochaine fois.

Je vous remercie.
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Les Psaumes expriment le dialogue permanent de l'homme avec son Dieu.


David les a écrits, Israël les a reçus et les chante encore chaque jour. Comme tout juif, Jésus les connaissait par cœur. Après la Résurrection, l'Église les a fait siens, précisément parce qu'ils étaient la prière quotidienne de Jésus. C'est donc Lui qui, aujourd'hui, nous les donne à chanter comme sa propre prière. Il convenait de leur laisser une place privilégiée dans un site consacré à l'écoute de la Bible.

Ici, les tutoriels ne nous expliquent pas les Psaumes : ils les mettent en œuvre pour vous aider à préparer la psalmodie de chaque dimanche. Car il ne suffit pas de "réciter" les Psaumes. Il faut les chanter, et laisser la mélodie leur donner chair.

Les Psaumes sont classés par année (A, B ou C), selon les différents temps liturgiques. Cliquez sur le Psaume que vous avez la charge de chanter au nom de votre communauté, et prenez le temps de répéter à l'aide du tutoriel, autant de fois que nécessaire pour vous permettre d'assurer votre voix.

  • Attention à garder le tempo, sans ralentir ni accélérer.
  • La psalmodie demande une voix soutenue et sûre.
  • Pour cela, pensez toujours à bien prendre votre respiration et à appuyer votre phrasé sur la première syllabe de chaque verset. 

Pour apprendre les principes généraux de la psalmodie, pensez à regarder la vidéo du bas de la page.

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