26-08-2020

[Dt] YHWH a tranché l'Alliance avec NOUS !

Deuteronomy 5:1-3 par : le père Alain Dumont
Moïse, à l’aube de son deuxième discours, nous déstabilise : l’alliance que YHWH tranche avec son peuple n’est pas d’hier mais elle est d’AUJOURD’HUI…
Que veut-il dire ? Et comment nous ouvre-t-il par là à l’Eucharistie dont l’Église vit AUJOURD’HUI ?
Où l’on comprend mieux ce qu’ “être béni dans l’Alliance” signifie.
Transcription du texte de la vidéo :
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Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
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Bonjour,

Nous commençons aujourd’hui la lecture du deuxième discours de Moïse qui va du ch. 5 au ch. 11 du Deutéronome. Et sans transition, le ch. 5 va REPRENDRE un texte déjà connu : le fameux DÉCALOGUE, les 10 Paroles déclinées dans le livre de l’Exode au ch. 20. Ceci dit vous vous souvenez : en réalité, on a ici la PREMIÈRE version du DÉCALOGUE, celle promulguée par le roi Yo’ShiYâHOu/Josias, au VIIe s. av. J.-C. Mais qu’à cela ne tienne : le rédacteur place cette tradition en lieu et place de REPRISE de l’ensemble de la TORâH, et c’est comme ça qu’on va l’écouter.

Alors comme pour le premier discours de Moïse — souvenez-vous : « Voici les paroles que dit Moïse à tout Israël au-delà du Jourdain, dans le désert, etc. » (Dt 1,1) — le début du chapitre 5 plante le décor du second discours : « Moïse convoqua tout Israël et il leur dit, etc. » (Dt 5,1). On retrouve TOUT ISRAËL, qui désigne le peuple quand il est assemblé devant Moïse, mais qu’il faut entendre au sens très englobant : TOUT ISRAËL, ce sont toutes les générations d’Israël. Ce qui veut dire que dès qu’un Juif ouvre la TORâH, au moment même où il lit ce passage, il se perçoit comme CONVOQUÉ par Moïse à l’HoRèV.

Alors ici, le verbe קָרָה, QâRâH, CONVOQUER est essentiel. Ce n’est pas la  première fois qu’on l’entend : c’est le verbe qui, dans la bouche de YHWH, sert précisément à rassembler Israël. C’est lui qui inaugure en ce sens le livre du Lévitique : « VaYiQeRâ‘ ‘èL-MoShéH VaYeDaBéR YHWH » : « Et Il — c’est-à-dire YHWH — convoqua Moïse, et Il parla ainsi, YHWH » (Lv 1,1). À cette différence près, et elle est de taille, qu’ici, au ch. 5 du Dt, c’est MOÏSE qui convoque ! Vous vous souvenez de ce qu’on a dit au début du livre : désormais, ce n’est plus tant YHWH qui parle que Moïse ; en même temps, dans l’esprit du rédacteur, Moïse est vraiment le sacrement de YHWH, on s’en était fait la remarque à propos du ch. 14 du livre de l’Exode : « Israël vit la grande main par laquelle avait agi YHWH contre MiTseRaYîM. Le peuple craignit YHWH et il eut foi en YHWH et en Moïse, son serviteur. » (Ex 14,31). Dès lors, écouter Moïse, c’est écouter YHWH, on l’a déjà souvent rappelé ! C’est tout le mystère de ce qu’on appelle la MÉDIATION qui se met en place avec la TORâH : YHWH ne parle pas directement au peuple à travers un mégaphone : c’est à travers la CHAIR de Moïse qu’il donne à discerner sa PAROLE, de façon à ne pas spolier la liberté du peuple. Comprenons bien : si YHWH parlait directement du “haut du ciel”, pour ainsi dire, Israël n’aurait pas d’autre choix que d’obéir ; sauf que cette obéissance serait servile. YHWH ne peut donc que CONVOQUER à travers des SIGNES que l’homme sera en droit de discerner ou non. Or ces signes — et c’est le propre de la TORâH — ne sont pas tant des signes cosmiques que des FIGURES à rencontrer ; des FIGURES dont Moïse est le pivot ; un pivot d’autant plus important qu’il convoque jusqu’au MESSIE dont la mission sera de porter cette MÉDIATION à son zénith : en Christ, YHWH et son Serviteur ne feront qu’une seule chair ; et c’est en Christ que toutes les nations se trouveront à leur tour CONVOQUÉES, mais là encore ce sera à travers des SIGNES et des FIGURES qu’on appellera respectivement des SACREMENTS et des SAINTS, c’est-à-dire des hommes ou des femmes CONSACRÉS au Christ et porteurs de sa Parole, de sorte qu’écouter ces CONSACRÉS, c’est écouter le Christ ; et écouter le Christ, c’est écouter le Père. Mais voyez : on passe toujours de médiation en médiation, et c’est tant mieux parce que ça nous sauve de toute tentation de prétention : « Dieu me parle en direct ! » Ouais… faudrait peut-être voir quel démon se cache derrière ça, parce que ce que YHWH nous apprend, c’est qu’Il ne parle jamais QU’au sein d’une COMMUNAUTÉ convoquée. Donc avant de dire qu’on entend des voix célestes, prudence prudence !

Alors restons encore un peu sur ce verbe QâRâH: וַיִּקְרָ֖א VaYiQeRâ‘, « Et il convoqua », est vraiment typique du vocabulaire sacerdotal qui désigne très précisément, à propos d’Israël, le moment où le peuple se constitue en communauté — donc le seul fait que le livre du Lévitique commence par VaYiQeRâ‘, désigne que le livre entier est une CONVOCATION par laquelle Israël se constitue en communauté. Ceci dit il faut vraiment entendre ce verbe au sens fort que lui donne la TORâH : lorsque le peuple est CONVOQUÉ, il n’est rien de moins que CRÉÉ ! De la même manière qu’au ch. 1 de la Genèse, ‘ÈLoHîM ne crée rien sans immédiatement après le CONVOQUER : « ‘ÈLoHîM convoque la lumière : “Jour !” et la ténèbre : “Nuit” » (Gn 1,5). Ce qui fait qu’à chaque CONVOCATION, lors du ShaBaT ou des fêtes, Israël retrouve les racines de sa propre création en écoutant la PAROLE de YHWH, notamment à travers l’ÉCOUTE du Décalogue qui constitue la charte de cette assemblée.

Et de fait, dès qu’a retenti la CONVOCATION, Moïse commence son discours par un autre verbe particulièrement cher au rédacteur deutéronomiste : שְׁמַ֤ע יִשְׂרָאֵל֙ « ÉCOUTE ! ». Alors on l’a déjà entendu en ce sens au début du ch. 4, mais ici, au fronton non seulement du ch. 5 mais de tout le deuxième discours, ce verbe prend une dimension singulière. Très exactement, il s’agit d’ÉCOUTER POUR GARDER : « Écoute, Israël, les décrets et les jugements que moi, j’énonce à vos oreilles aujourd’hui — aujourd’hui, c’est toujours l’aujourd’hui du LECTEUR, pas celui du rédacteur uniquement. Encore une fois l’auteur n’écrit pas un roman mais ce qu’on appelle en science du langage un récit PERFORMATIF : le but du récit de la TORâH, c’est de FAIRE ISRAËL, de le constituer comme PEUPLE et de relier ainsi toutes les générations à Moïse — Apprenez-les et gardez-les pour les faire — pour les mettre en pratique — ! » (Dt 5,1).

Or là voyez, est dite une chose absolument essentielle, à laquelle le Deutéronome est plus qu’attentif et qui montre bien que la culture au sein de laquelle évolue le rédacteur — mais c’est sans doute vrai dès le roi Yo’ShiYâHOu/Josias — Dans dans toute la Mésopotamie, ÉCOUTER ne consiste pas seulement à entendre d’une oreille distraite pour savoir en gros de quoi il s’agit. ÉCOUTER, c’est APPRENDRE, et APPRENDRE POUR GARDER ! Dit autrement, on sait qu’on a ÉCOUTÉ une fois qu’on sait GARDER ce qui a été proclamé ; et GARDER, dans la culture sémite, dans la culture de tout l’Orient mésopotamien encore une fois, c’est APPRENDRE. APPRENDRE de tout son cœur, APPRENDRE PAR CŒUR, de sorte, dit la TORâH, que ce qui a été APPRIS devienne une BÉNÉDICTION, c’est-à-dire une ressource pour la vie de chaque jour. Et on redécouvre depuis le début du 3ème millénaire que Jésus n’a pas procédé autrement ! Il ne s’est pas contenté de lancer à la volée son enseignement : ça n’aurait JAMAIS marché, et c’eut été procéder à l’encontre la plus radicale de toute la culture qui l’a Lui-même porté et formé. La tradition syriaque a toujours retenu que Jésus a pris d’abord 6 disciples à qui il a fait apprendre ses enseignements, en particulier les paraboles mais pas seulement ; puis 6 autres qu’il a confiés aux premiers, en binôme, pour leur transmettre ce que les premiers avaient appris ; de sorte que quand Jésus les enverra deux par deux dans les villages environnants sans bâton ni sandale, ce sera avec dans le cœur les Paroles du Maître qu’ils rediront, sans doute de synagogue en synagogue. Que voulez-vous qu’ils annoncent d’autre ? Jésus n’était ni mort, ni ressuscité à l’époque ! Donc ils ont enseigné aux foules, par petits groupes de 6, ce que le Maître de Nazareth leur avait appris. Et ainsi sont nés les 72 (12 groupes de 6) premiers disciples ! Eh bien : cette tradition orale remonte bien en-deçà de l’époque de Jésus ! Elle remonte au moins aux grandes cultures babylonienne, assyrienne et antérieures. Et aujourd’hui où la culture chrétienne part en lambeaux, où il faut tout reprendre à zéro — un sondage a été fait en août 2020 par le journal Le Monde qui montre que les moins de 35 ans qui se disent encore catholiques ne connaissent même pas le Notre Père —, on aurait tout intérêt à former les chrétiens de la manière même dont Jésus et Moïse ont fondé chacun pour sa part les prémices du peuple de YHWH.

Or le fruit essentiel, le fameux « fruit qui demeure » dont Jésus parle dans l’évangile selon saint Jean, c’est de pouvoir accéder, grâce à cette PAROLE inscrite dans la CHAIR, sur le cœur disait le prophète Jérémie ; le fameux « fruit qui demeure » donc, c’est de pouvoir accéder à la BÉNÉDICTION de l’ALLIANCE avec YHWH ! Redisons-le : si les paroles sont EN NOUS, apprises par cœur, alors l’Esprit Saint pourra puiser dans ce patrimoine pour nous les faire remonter à la mémoire dès que nous en aurons besoin, à chaque épreuve que nous traverserons, petite ou grande ; et nous nous découvrirons BÉNIS ! « Si vous demeurez en Moi et que MES PAROLES demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez et vous l’aurez. — voilà la fameuse bénédiction de l’ALLIANCE ! — » (Jn 15,7). Ce n’est pas par hasard que le ch. qui suit parle précisément des persécutions ! Jésus promet alors d’envoyer l’Esprit Saint « Paraclet », un mot qui signifie en araméen : « Souffleur ». Comme un souffleur de théâtre dont l’office n’est pas d’apprendre le texte au comédien qui le connaît déjà, mais de le lui souffler quand sa mémoire en a besoin. Mais ça nécessite que le comédien ait APPRIS PAR CŒUR son texte pour le GARDER ! Et c’est ainsi que Jésus poursuivra : « Quand [le Paraclet] viendra, l’Esprit de Vérité, Il vous guidera dans toute la vérité — la vérité qui manifestera la puissance de la BÉNÉDICTION dès lors que les paroles de Jésus seront apprises par ses disciples — ; car Il n’adressera [rien] depuis Lui-même, mais c’est autant qu’il ÉCOUTERA qu’Il adressera et ce sont les choses à venir qu’il proclamera à son tour pour vous. — la fameuse BÉNÉDICTION qui vous fera discerner quoi dire et quoi faire en temps d’épreuve ! Et un peu plus loin Jésus poursuit : — […] C’est issu de [la Parole] qui est la mienne que prend [le Paraclet] et qu’Il proclamera vers vous. » (Jn 16,13.15b). Ce qui veut bien dire ce que ça veut dire : si la PAROLE n’est pas APPRISE par nous, l’Esprit Saint ne peut rien nous proclamer ! « Qui a des oreilles pour écouter, qu’il écoute ! » comme dit Jésus en Mt 11, v. 15. Or tout ça ne s’enracine pas ailleurs que dans la culture millénaire qui remonte au moins au Deutéronome dont Jésus est complètement imprégné !

Alors redisons-le pour que ça rentre : la BÉNÉDICTION n’est jamais un bienfait qui viendrait d’en haut comme une sorte de prévention contre toute épreuve de l’existence. La BÉNÉDICTION, c’est une RESSOURCE que YHWH inscrit en nous par l’APPRENTISSAGE de sa Parole ; de sorte que quand nous submerge une épreuve — vous vous souvenez de la parabole de la maison construite sur le roc —, nous sommes sans doute secoués, mais nous ne nous effondrons pas. GRÂCE À LA PAROLE gravée en nous, gravée « dans le cœur » pour reprendre les termes prophétiques, cette Parole devient la RESSOURCE qui nous permet de traverser cette épreuve pour en sortir plus vivant que jamais ! Maintenant, si je me contente d’écouter d’une oreille distraite, que survient l’épreuve et que je n’ai pas enraciné en moi cette Parole, alors je fais l’expérience de la MALÉDICTION ! Non pas comme une punition de la part de YHWH, mais comme la conséquence d’un manque DE MA PART : je suis totalement démuni, et dans la panique face à l’épreuve, je prends forcément les mauvaises décisions qui me font aller de catastrophe en catastrophe !

La convocation de Moïse pour ÉCOUTER et GARDER LA PAROLE a donc un rôle prophylactique, pour ainsi dire ; et ça se vit EN COMMUNAUTÉ, comme l’effort de toute une famille, de tout un peuple dont le patrimoine commun devient une source de bénédiction qui lui fera traverser les pires tempêtes qui soient ! Une PAROLE qui n’a qu’un but : rappeler à la mémoire l’ALLIANCE qui unit YHWH à son peuple comme un Père à ses enfants, comme un Époux à son épouse.

Or c’est précisément cette ALLIANCE qu’évoquent les v. 2 & 3, de manière néanmoins un peu déconcertante : « YHWH notre ‘ÈLoHîM a tranché avec NOUS une ALLIANCE à l’HoRèV. Ce n’est pas avec nos pères que YHWH a tranché cette ALLIANCE, mais c’est avec NOUS ; nous, ici et aujourd’hui ; nous tous, les vivants. » (Dt 5,2-3). C’est déconcertant parce que factuellement, YHWH a bien tranché l’ALLIANCE à l’HoRèV avec la génération précédente ! De ce point de vue, le v. 31 du ch. 4 était plus nuancé : « YHWH, ton ‘ÈLoHîM […] ne te délaissera pas ; Il ne te détruira pas et n’oubliera pas l’ALLIANCE [tranchée] avec tes pères, celle qu’Il leur a jurée. » (Dt 4,31). Donc que veut dire Moïse en disant : « Ce n’est pas avec nos pères que YHWH a tranché cette ALLIANCE, mais c’est avec NOUS » ?

Alors on peut trouver des explications compliquées, mais le plus simple est d’entendre : « Ce n’est pas SEULEMENT avec nos pères que YHWH a tranché cette alliance, mais c’est AUSSI avec nous… ». Ce qui confirme ce qu’on vient de dire : l’ALLIANCE elle-même — plus encore que le SOL — est le véritable HÉRITAGE d’Israël. C’est elle qui doit être REÇUE pour offrir les bénédictions qu’elle promet. Et c’est donc là l’objet de l’ÉCOUTE : GARDER l’ALLIANCE dans le cœur. Si une génération se laisse perturber par la tentation des idoles jusqu’à refuser d’ÉCOUTER les PAROLES de l’ALLIANCE, quand survient l’épreuve, cette génération se trouvera sans ressource pour prendre les bonnes décisions, et ce sera le temps des MALÉDICTIONS de l’ALLIANCE. Mais n’oublions jamais que l’ALLIANCE est donnée définitivement et inconditionnellement par YHWH, de sorte qu’au moment où la génération suivante revient à YHWH pour l’ÉCOUTER, elle renoue avec les BÉNÉDICTIONS de l’ALLIANCE. On est complètement à l’opposé d’un dieu “pas content” qui punirait, qui “châtierait”, qui lancerait des éclairs de mécontentement ou je ne sais quelle autre fantasme humain projeté sur un YHWH idolâtré.

Alors restons sur l’expression : « YHWH notre ‘ÈLoHîM a tranché avec NOUS une ALLIANCE à l’HoRèV. » Comment, encore une fois, Moïse peut-il dire que YHWH a tranché l’alliance avec la génération qui va entrer sur le SOL alors qu’elle n’était pas née à l’époque de l’HoRèV ? La seule manière de comprendre, c’est que Moïse convoque chaque génération à intérioriser POUR ELLE-MÊME l’événement de l’HoRèV, ce qui est proprement l’objet des fêtes de pèlerinage auxquelles convoque avec insistance le livre du Lévitique, et qu’on reverra dans le Deutéronome. Prenons PèSaH., la fête de la Pâque. Chaque année, en célébrant la fête, en se remémorant les PAROLES qui racontent l’événement, toute famille Juive revit rituellement POUR ELLE-MÊME la sortie de MiTseRaYîM. Même chose pour ShâVou“oT, 50 jours plus tard — ou la Pentecôte, c’est la même chose — au cours de laquelle Israël commémore le don de la TORâH à Moïse. Non pas au sens où on se contenterait de s’en souvenir mais au sens où on en fait MÉMOIRE. Et faire MÉMOIRE, c’est définitivement consentir à REVIVRE POUR SOI l’événement, à travers les SIGNES et les PAROLES qui établissent le lien avec AUJOURD’HUI. Et c’est se donner la capacité de puiser aux BÉNÉDICTIONS dont ces PAROLES D’ALLIANCE sont porteuses.

Et c’est très important pour les chrétiens, parce qu’on est au fondement même de l’instauration de l’Eucharistie : l’Eucharistie est proprement un MÉMORIAL de l’offrande du Christ Jésus à son Père dont il ne s’agit pas pour nous de nous souvenir — nous n’y étions pas — ; il s’agit pour nous d’INTÉRIORISER pour nous-mêmes les PAROLES qui nous relient rituellement, CHARNELLEMENT au dernier repas du Christ ; et par ce repas, qui nous relie à son sacrifice sur l’autel de la Croix, à sa mort et à sa résurrection. De sorte qu’on pourrait dire, en plagiant Moïse : « Jésus, le Verbe de YHWH fait chair, a tranché avec NOUS une ALLIANCE au Cénacle. Ce n’est pas avec les apôtres seulement que Jésus a tranché cette ALLIANCE, mais c’est avec NOUS ; nous, ici et aujourd’hui ; nous tous, les vivants. » Donc à chaque Eucharistie, nous voilà convoqués au dernier repas du Christ au cours duquel il attache le pain et la coupe à son offrande sur l’autel de la Croix ; un pain et une coupe par lesquels nous pouvons communier à cette offrande et recevoir, par Jésus, la GLORIFICATION des Enfants de DIEU — à savoir l’agrément de notre propre sacrifice par le Père dont le regard bienveillant nous élève jusqu’à Lui. Et fort de tout ça, voilà que les sources de toutes les BÉNÉDICTIONS nous sont ouvertes, à nous qui sommes païens, et c’est par Jésus, le Christ qui se révèle ainsi notre SAUVEUR ! Par Lui sont données les BÉNÉDICTIONS qui nous rendront vainqueurs même de la mort qui ne saura plus nous garder dans ses griffes.

Mais pour ça, il faut que nous fassions régulièrement MÉMOIRE de ce repas, une mémoire qui ne se résume pas au simple fait de communier mais qui demande que nous ÉCOUTIONS les paroles Et de la TORâH, Et de l’Évangile pour les GARDER. Sinon, comment comprendre que Jésus ait dit : « Ne comptez pas que je sois venu pour jeter à terre la TORâH ou les prophètes ; je suis venu non pour jeter à terre, mais pour apporter la plénitude.  ‘ÂMéN, je vous parle ainsi : avant que ne passent que le ciel et le SOL, pas un seul YOD ni un seul tiret ne passera de la TORâH jusqu’à ce que tout soit advenu. — et de fait, quand vous enlevez une petite lettre ou un tiret en hébreu, vous changez complètement le sens des mots ! — Celui donc qui rejette un seul des plus petits de ces commandements et enseigne aux hommes à [faire] de même, il sera appelé le plus petit dans le Règne des Cieux — eh oui ! Parce qu’alors, les petits seront livrés à la MALÉDICTION, ce qui est profondément injuste ! —. Mais celui qui fait et enseigne [ces commandements] — c’est-à-dire celui qui les ÉCOUTE ces paroles pour les GARDER ET POUR LES TRANSMETTRE — celui-là sera appelé grand — il sera GLORIFIÉ — dans le Règne des Cieux. » (Mt 5,17-19).

J’espère que vous voyez à quel point travailler la TORâH éclaire vraiment les propos du Christ Jésus qui n’est pas venu — et là j’insiste — pour “remplacer” Moïse — ne disons jamais que Jésus serait le « nouveau Moïse » — ; Jésus est venu pour confirmer la TORâH de Moïse, parce que c’est la TORâH qui donne à Jésus de se manifester comme le Messie tant espéré. Et ça, c’est vraiment un enseignement constant et vénérable de toute l’Église, puisque dès le Ve siècle, saint Jérôme dira dans son commentaire du livre d’Isaïe — on l’a déjà souvent rappelé — : « Ignorer les Écritures — c’est-à-dire la TORâH, les Prophètes et les Écrits de sagesse —, c’est ignorer le Christ ! ».

Alors on va en rester là pour cette fois. Il me semble qu’on a déjà là de quoi méditer sérieusement sur notre vocation à ÉCOUTER la Parole de l’ALLIANCE pour la GARDER. Une Alliance dont la charte est donnée dans le Décalogue qui va suivre. On verra ça la prochaine fois. Je vous souhaite une belle méditation de ces premiers versets du ch. 5 du Deutéronome.

Je vous remercie.
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