17-12-2014

[Gn] - Hors-série : Abraham, mon père - Partie 2

par : Père Alain Dumont
Rubrique :Abraham
Duration:9 minutes 4 secondes
Transcription du texte de la vidéo :

(Voir la vidéo : http://www.bible-tutoriel.com/hors-serie-abraham-mon-pere-partie-2.html )

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Pour une citation, mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article

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4. « ESPÉRANT CONTRE TOUTE ESPÉRANCE, ABRAHAM CRUT ET DEVINT AINSI LE PÈRE D’UNE MULTITUDE DE PEUPLES » (Rm 4,18)

Au fil des années, Isaac grandit.

C’est lui l’héritier de la promesse, ce qui ne manquera pas de provoquer la jalousie d’Ismaël qu’Abraham sera obligé de renvoyer avec sa mère. Néanmoins, Dieu prendra soin de ce garçon qui, lui aussi, sera le père d’une grande nation.

C’est alors que, Isaac étant âgé d’environ 12 ans, Dieu, une fois de plus, fit à Abraham une demande bouleversante… «Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, et va en terre de Moryah. Là, tu l’offriras en sacrifice sur la montagne que je te montrerai.»

Comment cela pouvait-il se faire? La Bible ne dit rien sur les sentiments d’Abraham à cette demande. Certes, le sacrifice des enfants était admis à l’époque. On sait qu’il se pratiquait en Canaan au pied de l’idole de Moloch. Sans doute Abraham avait-il lui-même combattu de telles pratiques, et voici que le Dieu très Haut semblait les valider…

Toujours est-il que la Bible ne retient qu’une chose: Abraham a obéi.

Elle y reviendra plusieurs fois, ce qui prouve qu’elle reconnaît dans cet épisode un moment essentiel de l’histoire de l’Alliance. Saint-Paul lui-même l’invoquera en disant: «Abraham obéit à Dieu et cela lui fut compté pour justice». Lisant dans cet épisode l’anticipation du sacrifice du Christ en croix, il reprendra la même formule: «De même qu’Abraham n’a pas épargné son fils unique, DIEU n’a pas épargné son propre fils!»

L’épître aux hébreux sera encore plus admirative: «Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac et c’est son fils unique qu’il offrait en sacrifice, lui qui était le dépositaire des promesses, lui à qui il avait été dit: “c’est par Isaac que tu auras une postérité!”»

Hélas: non seulement Isaac allait mourir, offert à Dieu par son propre père… Mais la promesse de la bénédiction, l’élection d’Abraham et de sa descendance, avait donc s’évanouir!

Abraham vécu là l’épreuve la plus décisive de sa vie: celle par laquelle il était véritablement devenu le père de tous ceux qui mettent leur foi dans le seigneur comme l’exprime encore saint Paul : « Espérant contre toute espérance, nous dit saint Paul, il crut et devint ainsi le père d’une multitude de peuples ». (Rm 4,18)

Ainsi donc, Abraham obéit, dans la certitude néanmoins que DIEU resterait fidèle à sa promesse. Comment? Ils ne le savait pas. Néanmoins, il partit avec Isaac et ses serviteurs pour l’une des collines de Jérusalem. La tradition du livre des Chroniques veut que cette colline fut celle sur laquelle, plus tard, serait édifié le temple de Salomon dédié au Dieu Très Taut.

Laissant ses serviteurs, Abraham monta seul, avec son fils, sur la colline indiquée par Dieu. Il prépara l’hôtel, avec le bois pour le feu. «Où est l’agneau pour le sacrifice?» Demanda Isaac. «Dieu lui-même verra» avait répondu Abraham.

Abraham ligota à son fils qu’il déposa sur l’autel. Il saisit le couteau pour l’immoler lorsqu’un messager de Dieu l’appela du ciel et lui dit: «Abraham Abraham! N’étends pas la main sur l’enfant. Je sais désormais que tu respectes Dieu, puisque pour moi, tu n’as pas épargné ton fils unique.»

Voyant un bélier prisonnier d’un buisson, Abraham s’en saisit pour l’offrir en sacrifice à la place de son fils; le messager prononça alors à nouveau la bénédiction donnée lors du premier appel à Abraham: «Parce que, pour moi, tu n’as pas épargné ton Fils Unique, je te bénirai en surabondance, je multiplierai en surabondance ta descendance qui sera aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable sur la plage de la mer. En ta descendance sont bénies toutes les nations de la terre, parce que tu as écouté ma voix.»

Abraham avait appris quelque chose d’essentiel qui allait s’inscrire dans la mémoire de tous ses descendants par Isaac. Certes, il avait appris que Dieu ne demanderait jamais à son peuple de sacrifier leur fils aîné, et l’épisode avait en cela été plus efficace que n’importe quel discours. Mais plus que cela… il avait appris ce que ‘croire’ signifiait, dans une écoute et une obéissance éprouvantes, mais incontournables pour suivre les chemins de l’alliance sans les réduire à soi, les considérer comme un privilège ou ne les emprunter que pour affermir un pouvoir trop humain.

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D’autres après lui apprendront la leçon: Jacob, Joseph, Moïse, David, et les prophètes: Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et tous les autres… Jusqu’au peuple tout entier qui devra quitter la Terre Promise et voir même Jérusalem être détruite avant d’écouter à nouveau la voix de Dieu et revenir, quelques générations plus tard, forts de cette foi dans le Dieu fidèle, le Dieu de l’Alliance. De tous ceux-là, , Abraham était le père, lui qui, le premier, avait porté au-delà de toute espérance sa foi en Dieu.

Plusieurs siècles plus tard, Dieu lui-même répondrait à Abraham en ne refusant pas de livrer son fils unique entre les mains de l’homme, pour leur manifester d’une manière folle jusqu’à quel point Dieu aimait son peuple par qui, en Jésus, il appelait toutes les nations à vivre de la foi d’Abraham.

Mais pour l’heure, Abraham revenait auprès de ses serviteurs, transformé de l’intérieur, père désormais d’un fils entièrement remis dans la main de DIEU pour que naisse le peuple des témoins de la Promesse aux yeux des nations. Une paternité transfigurée, icône de la paternité divine, veillant sur le cœur de ses enfants avant que de veiller à leur avenir seulement matériel.

À Beersheva, Abraham allait terminer sa vie. L’essentiel était dit.

Il se couchera auprès de sa femme, enterré à Hébron quelques années auparavant, ayant ouvert le chemin des hommes qui, pour la première fois, devenait le chemin du Royaume éternel.