17-12-2014

[Gn] Hors-série : Abraham, mon père - Partie 1

par : Père Alain Dumont
Après avoir visité chaque chapitre, cette vidéo reprend l'ensemble de la vie d'Abraham.
Rubrique :Abraham
Duration:12 minutes 13 secondes
Transcription du texte de la vidéo :

(Voir la vidéo : http://www.bible-tutoriel.com/hors-serie-abraham-mon-pere-partie-1.html )
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Pour une citation, mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article

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1. « QUITTE TA TERRE, TA FAMILLE ET LA MAISON DE TON PÈRE, VA VERS LA TERRE QUE JE TE FERAI VOIR »  (Gn 12,1)

 
Abraham est le père des croyants.

Raconter son histoire, aller à sa rencontre nous entraîne à remonter jusqu’à la période du Bronze moyen, probablement aux alentours de l’an 1600 avant Jésus-Christ.

Que savons-nous de lui? Essentiellement ce que la Bible nous en dit, relayée par les connaissances archéologiques de cette époque. Cette histoire n’est pas une chronique. Abraham n’avait pas de scribe personnel pour transcrire les événements qui jalonnaient sa vie. Mais son expérience de foi exceptionnelle aller marquer ses descendants, de sorte que les générations suivantes, pour conserver ce trésor, aimeront se rassembler pour en entendre le récit et graver dans leur mémoire les racines de leur histoire. L’histoire d’Abraham était la leur. Elle marquait d’un sceau indélébile leur identité profonde, leur place dans ce monde, leur vocation.

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La famille d’Abraham était originaire de Ur, un grand centre culturel de la Mésopotamie du Sud.

Comme partout, la religion faisait parti de la vie quotidienne, et à l’occasion des fêtes, on arrivait à UR de toutes parts pour adorer les dieux de cette civilisation; des dieux stellaires comme SIN, le Dieu-lune; ENLIL, le dieu du vent; épeler ISHTAR, la déesse de la fécondité…

Abraham, lui, ne croyait pas en ces dieu de métal et de bois… Son cœur attendait un DIEU différent. Pour lui, la Lune, le soleil, le vent n’était pas des dieux. Ce n’était que des créatures. Un seul DIEU régnait sur l’univers : le Dieu très haut.

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La famille d’Abraham était une famille de bergers. Elle avait donc des troupeaux, et un jour, son père, TERAH, se mit en chemin avec tous les siens, empruntant les routes du Croissant fertile, jusqu’à Harân.

C’est là que Dieu se fit connaître à Abraham.

Il lui dit: «Quitte ta terre, ta famille et la maison de ton père, va vers la terre que je te ferai voir. Je fais de toi un grand peuple, je te bénis et je magnifie ton nom. Tu es en bénédiction : je bénis ceux qui te bénissent, et ceux qui te maudissent, je les réprouve. En toi sont bénies toutes les familles de la terre. »

Abraham obéit.

Il quitta la maison de son père pour se diriger plus au sud, à l’ouest du Jourdain et de la Mer Morte, en terre de Canaan.

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2. « EN TOI SERONT BÉNIES TOUTES LES FAMILLES DE LA TERRE. » (Gn 12,3)

 

Canaan était un paradis: fertile et riche en eau, elle était capable d’accueillir et de faire vivre tout le clan d’Abraham.

Mais voilà… Le pays était déjà habitée. Cependant, Dieu lui parla à nouveau et lui dit: «C’est à ta descendance que je donnerai cette terre.»

Abraham pour sa part descendit vers la région sud du Neguev , plus aride, mais avec suffisamment de pâturages pour le bétail des nomades.

La vie s’y fut pas facile.

– Abraham y connut la famine, qui l’obligea à descendre jusqu’en Égypte. À cause d’une malversation avec le pharaon, il en fut expulsé.

– À cause de la multiplication de son bétail naquirent des dissensions familiales: son neveu, Lot, choisit de partir avec les siens pour rejoindre les pâturages de la vallée du Jourdain, tandis qu’Abraham, lui, resterait dans la contrée d’Hébron et de Mambré.

– Abraham dut aussi guerroyer avec les seigneurs de la région.

Un seul vint à lui en paix: le roi de Salem, Melkisedeq, un personnage mystérieux dont les textes ne disent pas grand chose. Il devait certainement avoir une autorité reconnue puisque Abraham lui paya la dîme en signe de vassalité. Nous savons cependant que Melchisedeq était roi et prêtre, et qu’il adorait le Dieu Très Haut, comme Abraham. Abraham n’avait donc pas rêvé: il ne s’était pas inventé un Dieu comme les nations s’inventaient les leurs.

En signe d’hospitalité, le roi apporta le pain et le vin et prononça la bénédiction: «Béni soit Abraham par le Dieu très Haut qui a créé ciel et la terre!»

Lorsqu’il l’avait appelé, Dieu avait dit à Abraham: «En toi seront bénies toutes les familles de la terre.» Melkisedeq fut donc béni en bénissant Abraham, l’élu de Dieu. Il fut le premier. D’autres, plus tard, le rejoindraient. Et nous faisons parti de ceux-là aujourd’hui, par le Christ Jésus.

 

«Je fais de toi un grand peuple », avait dit Dieu à Abraham.

Mais voilà… Abraham n’avait pas d’enfant, et sa femme, Sarah, était stérile… Aussi Abraham suppliait-il Dieu de lui donner un fils par qui puisse s’accomplir cette promesse.

Fallait-il, comme les y autorisaient les coutumes mésopotamiennes de cette époque, adopter un héritier?

C’est à ce moment que DIEU parla à Abraham en disant : « Lève les yeux au ciel et compte les étoiles si tu peux les compter ! Ainsi sera ta descendance. Abraham crut en DIEU, poursuit le texte, et cela lui fut compté comme justice. »

DIEU demande alors à Abraham de prendre des animaux et de les partager par le milieu. Selon une procédure de cette époque, les hommes avait pour coutume de sceller leurs traités par un signe fort: on tuait un animal, on le partageait en deux et chacun des contractants piétinait le sang, signifiant par là que la mort serait la conséquence de la rupture.

Ainsi donc, DIEU allait-Il conclure une Alliance avec Abraham. Mais contre toute attente, DIEU ne demande pas à Abraham de piétiner le sang : seul Dieu passe, tel un feu, entre les parts d’animaux, s’engageant donc unilatéralement dans cette alliance. DIEU marquait d’un sceau inaltérable la fidélité promise à Abraham et, en lui, à tous ses descendants.

Mais Sarah n’avait toujours pas d’enfants. Elle se soumit donc à la coutume et offrit Hagar, sa servante, pour qu’elle donne un fils à Abraham. Ainsi naquit Ismaël.

Pourtant, DIEU redit à Abraham : « De Sara te naîtra un fils ». Abraham se prosterna, mais ne put s’empêcher de rire : « Comment un fils pourrait-il naître d’un vieil homme et d’une vieille femme ? », se disait-il… Mais DIEU lui dit : « Ton fils aura le nom de ton rire : Isaac ! Avec lui j’établis une alliance éternelle, comme avec sa descendance. »

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Voici qu’à l’heure la plus chaude de ces journées caniculaires du désert, à Mambré, Abraham se reposait à l’entrée de sa tente, à l’ombre, lorsque trois personnages se présentent devant lui. Fidèle à la tradition d’hospitalité des peuples nomades du désert, celui-ci leur offre un repas étonnamment somptueux, avec des galettes, du fromage ; allant jusqu’à tuer le meilleur veau du troupeau…

Ici survient alors la première annonciation de la Bible: comme un seul homme, les hôtes disent à Abraham: «Je reviendrai vers toi l’an prochain; alors ta femme, Sarah, aura un fils.» Entendant cela, Sara rit à son tour : « Comment enfanterais-je, moi qui suis usée et mon mari qui est un vieillard ? » Mais le messager répondit : « Y a-t-il rien de trop merveilleux pour DIEU ? »…

Un an plus tard naquit Isaac. Comme Abraham avait su accueillir les messagers inattendus, il su reconnaître en cet enfant inespéré le fruit de la sollicitude gracieuse de son Dieu.

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Un passage étrange succède à cette visite: l’intercession d’Abraham pour Sodome et Gomorrhe.

Ces villes du sud de la mer Morte sont aujourd’hui recouvertes par les hauts-fonds. La mémoire a retenu que leurs habitants menaient une vie licencieuse sans bornes, et que la plainte des victimes fut tellement forte qu’elle monta jusqu’à Dieu lui-même, au point que Celui-ci décida leur destruction.

Cet épisode est comme l’ombre du précédent: à Mambré, les messagers avaient été accueillis et de là avait jailli la vie. À Sodome, les mêmes messagers allaient être refusés, et la mort en serait la conséquence…

Or de cela, Dieu ne voulut rien cacher à Abraham, et voici que devant l’inéluctable, Abraham entre en dialogue avec Dieu. Pour la première fois, un homme et Dieu conversent sans la médiation d’un sacrifice ou d’une quelconque formule rituelle. Dans cette familiarité toute simple sans fard, ‘amicale’ dira le livre des chroniques, Abraham, tout en reconnaissant que l’anéantissement de ces villes ne serait que justice au regard du comportement révoltant de leurs habitants, implore la miséricorde de Dieu.

On pourrait croire, à lire ces lignes, que la miséricorde d’Abraham est ici plus grande que celle de Dieu... Mais il n’en est rien. Tout au contraire... Si Dieu avait en effet pour projet de châtier ces deux cités, qu’avait-il besoin d’en parler avec Abraham? Sinon pour lui apprendre que la miséricorde aurait toujours sa place pour intercéder face à une décision impitoyable commandée par la justice?

Abraham va donc apprendre que sa prière du prix aux yeux de Dieu. «S’il y a 50 justes dans sa ville, les détruiras-tu? Et s’il y en a 45, 40, 30, 20, ou seulement 10?» Et le Seigneur de répondre: «Je ne détruirai rien à cause de ces 10».

C’est ici que s’enracine la tradition juive de la prière publique qui ne peut commencer que lorsque 10 hommes sont réunis pour cela. Ainsi, lorsqu’au moins 10 hommes vivent en suivant la sagesse de Dieu, leur prière fait retentir la voie de la miséricorde avant celle de justice…

Plus tard, avec Jésus, cette intercession ira jusqu’au bout: la prière d’un seul juste, celle du Christ, fera retentir la victoire de la miséricorde face aux péchés de tous les hommes. Mais pour l’heure, il ne se trouva pas dix justes en Sodome et Gomorrhe. Les messagers de Dieu seront agressés et refoulés. Justice, alors, s’accomplira.

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