25-08-2018
[Foi 0.6.2] - Dieu est amour (2/2)
par : le père Alain Dumont
Non seulement DIEU est amour, mais il N'est QU'amour.
-----
PLAN
– Le cadre de l’Amour
– Le camarade, le frère et l’ami
– Découvrir le vrai dieu : une histoire de conversion
– DIEU n’est qu’Amour
– « Qui a des oreilles, qu’il entende » (Mt 11,15)
Duration:34 minutes 39 secondes
Tous droits réservés.Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
______________________________________________________________
Bonjour,
Nous allons continuer dans cette vidéo à explorer les conséquences formidables qui découlent de la révélation par le Christ Jésus d’un DIEU dont le mystère tient tout entier dans la puissance de l’Amour. On a bien vu que cet amour n’était pas de la guimauve : il pose un CADRE assez strict pour nous orienter sans faux-semblant vers la VIE et c’est à ce cadre que nous allons un peu étudier maintenant.
— — — — —
LE CADRE DE L’AMOUR
Nous avons vu la dernière fois que l’amour se déclinait en trois moments : le starter de l’éros, le travail de la Charité et le sommet de l’Amitié. Alors je précise bien que ces moments sont absolument INDISSOCIABLES !
Ceci dit, ce cadre de l’amour détermine non seulement les moments de l’amour humain, mais avant ça : ceux de l’amour divin ! C’est ce cadre commun de l’Amour ce qui fait que l’Homme se trouve créé à l’image et à la ressemblance de DIEU ; qui fait qu’une RENCONTRE est possible entre eux. Or il fallait pour ça que ce cadre soit RÉVÉLÉ, au sens où en dehors du judéo-christianisme, aucun homme, aucune tradition religieuse ou philosophique n’a jamais osé imaginer qu’une telle relation soit possible, avec pour horizon une JOIE éternelle partagée entre DIEU et la Création ! Donc ça n’est pas rien, ne serait-ce que parce qu’une telle révélation a des incidences majeures sur notre manière de vivre dès ici-bas ! J’oserai même dire qu’elle donne une densité à notre vie qui n’est rien de moins que le préambule à la vie éternelle. Dit autrement, la vraie question n’est pas de savoir s’il y a ou non une vie après la mort. La vraie question est de savoir s’il y a une vie AVANT la mort, parce que c’est dans la mesure où nous vivons en plénitude notre existence ici et maintenant que la mort ne pourra pas la retenir ! C’est toujours la même image : si notre vie est LUMINEUSE, l’ombre de la mort ne pourra absolument rien contre elle ! Or une vie lumineuse ne consiste pas simplement à végéter ou à fonctionner. Une vie lumineuse consiste à s’inscrire dans l’élan du VIVANT, et vous vous souvenez qu’est VIVANT ce qui donne la VIE ! Si notre raison d’exister ne s’exprime qu’à travers la loi du plus fort, ce qui peut aller du simple mépris ordinaire à l’idéologie qui lance les hommes les uns contre les autres ; bref si pour exister, nous sommes prêts à donner la mort d’une manière ou d’une autre, c’est que nous-mêmes sommes déjà morts. Et la Mort saura alors nous garder dans ses griffes avec d’autant plus de ténacité que nous nous serons dès ici bas vendus à elle !
Alors vous l’aurez compris, notre mission, en tant que chrétien, est de maintenir ouverte coûte que coûte les portes de la VIE à la suite du Christ dont la Résurrection a, elle, brisé celles de la Mort pour tous ceux qui font le choix de s’attacher à Lui ! Or cet attachement a un nom : l’AMOUR, avec toutes les conséquences CHARNELLES que cet AMOUR induit pour nous conduire à la JOIE par le chemin du BONHEUR, c’est-à-dire non pas par le chemin du “bien-être” mais par le chemin du DON DE SOI.
Maintenant, Jésus en personne pose les termes de ce cadre à travers deux commandements tirés de la ToRaH de Moïse et auxquels tout baptisé est IMPÉRATIVEMENT soumis, sans négociation possible. Je vous lis l’épisode en question : « Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s’avança pour Lui demander : “Quel est le premier de tous les commandements ?” Jésus lui fit cette réponse : “Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras de Charité le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras de Charité ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là.” Le scribe reprit : “Fort bien, Maître, Tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que Lui. L’aimer de Charité de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices.” Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : “Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu.” » (Mc 12,28-34)
Alors on entend bien : l’amour de Charité, c’est le DON DE SOI à DIEU comme au PROCHAIN, indissociablement — précisons que le « prochain » n’est pas d’abord celui qui fait partie de mes proches, mais la première personne qui se présente à moi, de la même manière qu’on parle de prendre « le prochain train », c’est-à-dire le premier qui passe. Alors que nos proches fassent partie de ces « prochains » est bien évident, mais ils n’en font pas exclusivement partie ! —. Maintenant redisons-le : pour aimer de Charité, il faut laisser l’éros nous mettre en mouvement, à la fois vers DIEU et vers le prochain ; et ce qui est visé par la Charité, c’est ultimement cette AMITIÉ avec DIEU et le prochain. Ce qui nous oblige peut-être à mieux préciser en quoi consiste cette amitié qui, si elle n’est pas bien comprise, peut provoquer exactement l’inverse de ce qu’elle propose…
— — — — —
LE CAMARADE, LE FRÈRE ET L’AMI
À bien y réfléchir, il y a trois modes de relations entre les hommes.
Le premier, c’est celui de la CAMARADERIE qui fait référence à une tranche de vie pour ainsi dire. Vous avez eu des camarades à l’école ; et puis vous avez changé de classe, changé de ville, bref vous vous êtes séparés et ça ne vous empêche pas de dormir pour autant ! La chose est valable pour les collègues de bureau : vous changez de job, on fait un pot de départ et vous quittez vos collègues sans que ça provoque de crise d’angoisse pour le reste de votre existence. Il y a aussi éventuellement ceux avec qui vous partagez les mêmes idées : si vous appartenez au Parti Communiste, vous vivez les mêmes combats, vous vous préparez à la lutte finale, que sais-je, et vous vous appelez : « camarades ». Maintenant, vous quittez le parti parce que par exemple vous avez rencontré le Christ et que votre regard sur le monde a évolué : voilà ! On s’embrasse comme du bon pain parce qu’on reste quand même en bons termes, et puis chacun part vivre sa vie.
Alors attention : la camaraderie est essentielle dans la vie sociale, donc on ne peut pas la mépriser. Reste qu’elle n’est pas le tout des relations. Ceci dit, aujourd’hui, les mots posent un problème parce qu’on confond les « camarades » avec les « amis » ! Quand vous faites un repas avec des camarades, par pitié, ne parlez pas d’un repas entre « amis », ça n’a rien à voir ! Ça peut être un repas entre « copains », entre « potes », entre « compères », ce que vous voulez, mais pas « entre amis » !
Maintenant, posons la question : est-ce qu’entre Jésus et nous, il s’agirait de « camaraderie » ? Il y a peu de chance dans la mesure où notre relation à Lui n’est pas « sociale ». Elle est d’un autre ordre.
Le deuxième mode de relation a ceci de particulier qu’il a quasiment disparu du vocabulaire, y compris entre les chrétiens alors qu’il constitue précisément la trame qui les réunit : je veux parler de la FRATERNITÉ. Je suis toujours étonné du peu d’entrain qu’ont les chrétiens — sauf éventuellement ceux qui se rassemblent en communauté d’une manière ou d’une autre — à s’appeler les uns les autres des beaux noms de « mon frère » ou « ma sœur » ! Pour ne rien dire des Français entre eux : le mot de « fraternité » siège sur les frontons de toutes les mairies, mais pas un administré n’appelle son voisin de porte « mon frère » ! Peut-être parce que pour se sentir frère, il faut avoir le sentiment d’appartenir à une même histoire, de partager la même mémoire qui nous constitue dans un premier cercle comme une « famille », et dans un cercle plus grand comme un « peuple » où l’on se sent savoir « compter les uns sur les autres. » Quand vous dites à quelqu’un : « tu es un vrai frère ! », ça signifie que vous savez pouvoir compter sur lui. Il y a dans la fraternité un lien plus intérieur, un lien de MÉMOIRE, donc un lien CHARNEL absent dans la camaraderie. Et c’est là où on apprécie la pertinence du livre des Proverbes lorsqu’il dit qu’ « un frère appuyé sur un autre frère est une forteresse. »
Maintenant, reposons la question : est-ce que Jésus est notre frère ? Je l’espère bien, parce que le chrétien est celui qui a fait l’expérience de pouvoir compter sur Lui en tout temps ! C’est entre autres la relation qui prime dans la prière.
Passons au troisième mode de relation qui est celui de l’amitié. Alors de la même manière qu’un camarade peut devenir un frère, un frère peut devenir un ami. Le chemin inverse en revanche, n’est pas envisageable : on ne peut pas dire à son frère : « soyons simplement camarades ! » parce que le lien CHARNEL ne peut pas s’effacer. Et de la même manière, on ne peut pas dire à un ami : « Restons seulement frères. », pour la même raison.
Alors qu’est-ce qu’un ami ? Un ami, c’est un frère avec qui je partage la connaissance mutuelle de nos vulnérabilités. L’ami me sait vulnérable ; il m’aime non pas “malgré” mais à travers ma VULNÉRABILITÉ — alors pas seulement, mais notre connaissance va jusque là. Et l’amitié paraît lorsque cette connaissance est RÉCIPROQUE. Vous pouvez dévoiler un peu de votre vulnérabilité à un frère ou une sœur, mais ce que vous lui demandez à ce moment-là, ça n’est pas de dévoiler la sienne : c’est d’être le pilier sur lequel vous puissiez vous appuyer. Donc dans la fraternité, si un moment de vulnérabilité peut être l’occasion d’une rencontre profonde, cette vulnérabilité n’est PAS réciproque et ne fait pas partie en soi de la relation fraternelle. Entre amis, c’est différent : la connaissance mutuelle va jusque dans l’intimité — une intimité qui est toujours vulnérable. Or c’est cette mutuelle connaissance qui produit cette étrange alchimie qui vous fait vous sentir en sécurité, en sorte que l’amitié se trouve être la source des plus grands courages !
Alors il faudrait développer, mais ce que nous avons dit suffit pour mieux comprendre l’amitié qui nous lie à Jésus : en mourant pour nous sur la Croix, DIEU se dévoile dans sa VULNÉRABILITÉ pour que nous n’ayons pas peur de Lui dévoiler la nôtre ! Il fait donc le premier pas pour nous offrir son AMITIÉ, de sorte que le lien qui nous unit à lui est non seulement fraternel — l’ami ne cesse pas d’être un frère — mais AMICAL, de façon que, de cette relation, puisse SURGIR LA VIE si vous vous souvenez ce qu’on a dit lors de la précédente vidéo. Et vous comprenez mieux pourquoi il est si dommageable de réduire l’amitié à un pur copinage ou à une simple relation virtuelle qui peut être le lieu de tous les mensonges possibles et imaginables, alors que l’AMI véritable, Lui, passe par l’épreuve de la CHAIR qui, elle, ne ment jamais ! « Si tu veux acquérir un ami, acquiers-le en le mettant à l’épreuve ; n’aie pas trop vite confiance en lui. Un ami fidèle, c’est un refuge assuré, celui qui le trouve a trouvé un trésor. Un ami fidèle n’a pas de prix, sa valeur est inestimable. Un ami fidèle est un élixir de vie que découvriront ceux qui craignent le Seigneur. » (Si 6,7.14-16) Magnifique ! Et tellement vrai !
Alors encore une fois, avec des camarades, on peut partager de bons moments, mais avec des frères ou avec des amis, c’est plus profond. Précisons pour terminer qu’on peut avoir des relations d’une grande profondeur entre frères et sœurs, mais ça n’ira que rarement jusqu’à l’amitié : quand on est chrétien par exemple, on a plus de deux milliards de frères et sœurs sur la terre, ce qui fait que si vous prenez l’avion pour partir par exemple en Côte d’Ivoire, vous serez accueillis en tant que chrétien par un tas de frères que vous ne connaissez pas d’emblée mais dont vous savez intuitivement que vous pouvez compter sur eux au nom du Christ ! Le nombre des amis en revanche ne dépassera jamais celui des doigts de la main, et encore, si vous avez plus de deux amis, vous êtes déjà béni ! Normalement, on l’a dit, c’est cette amitié qui vous lie à votre conjoint avec qui, pour le coup, vous partagez quotidiennement votre intimité — donc votre vulnérabilité — sans oublier que votre conjoint ne cesse pas pour autant d’être votre frère ou votre sœur. Par ailleurs, il est bon d’avoir un ou deux amis en dehors du couple, dont en premier lieu le Christ Jésus puisque le lien que tisse le Christ avec tout baptisé n’est rien de moins que cette AMITIÉ par laquelle s’ouvrent toutes sortes de fécondités. Vous vous souvenez que l’Amitié, c’est le sommet de la VIE ; la relation par laquelle la VIE ENGENDRE ; qui nous fait être des VIVANTS au sens plein du terme. C’est par le lien de cette Amitié, de cette VIE QUI DONNE LA VIE que notre communion avec DIEU est la plus lumineuse, jusqu’à devenir éternelle.
Comprenons bien que c’est cette visée fondée dans l’événement de la Résurrection du Christ Jésus qui permet aujourd’hui encore à des millions et des millions d’hommes et de femmes, sur tous les continents, de se tenir debout et de traverser dans une solide espérance et un véritable bonheur les difficultés qui se présentent à eux ! Voilà ce qui fait affirmer aux chrétiens, dans leur CHAIR, que DIEU est vraiment Amour ! Or il a fallu du temps, de la patience pour le comprendre, et c’est à présent ce que je voudrais voir avec vous.
— — — — —
DÉCOUVRIR LE VRAI DIEU : UNE HISTOIRE DE CONVERSION
Toute l'histoire de la Révélation biblique peut se comprendre comme la conversion progressive d’une croyance en un Dieu envisagé comme pure « puissance » à la découverte d’un Dieu adoré comme AMOUR, avec toutes les nuances que nous venons d’évoquer. C'est dans cette perspective-là qu'il faudrait relire toute la Bible et étudier l'histoire du sentiment religieux à travers les âges.
Dans un premier temps, il est normal que l'homme considère Dieu comme « Tout-Puissant ». Mettons-nous à la place des anciens qui se sentaient jetés dans un monde dangereux, dont l’existence était précaire au milieu de tous les dangers des fauves, des tempêtes, des raz de marée, des épidémies : ils cherchaient spontanément une puissance qui les protège. Et c’est ainsi que les hommes, partout sur la terre, ont sacralisé tout ce qui donne une impression de puissance : la foudre, le soleil, les arbres, la lune, la terre même — la fameuse Gaïa — etc.
Sauf que l'idée de puissance est très ambiguë ! Une puissance peut faire beaucoup de bien mais aussi beaucoup de mal : il y a des puissances qui écrasent, qui dominent, qui nous annulent. Alors devant cette puissance ambiguë, on va spontanément tenter de se la rendre favorable, de se la concilier, en lui offrant des sacrifices, des prières, etc. Voire de la manipuler, d’essayer de la dompter…
Eh bien à partir de là — et c'est toute la trajectoire de l'Ancien Testament à partir d’Abraham — on va assister à un long travail de conversion pour passer d’un Dieu-puissance à un Dieu-amour. Au fils des générations, les prophètes d’Israël vont révéler que Dieu ne demande pas tant les sacrifices que la justice, une justice qui consiste à obéir à la ToRaH de DIEU. Ils enseignent aussi que DIEU est amour : DIEU aime son peuple comme un Père ses enfants, comme un Époux son épouse. Néanmoins, DIEU n’en reste pas moins Roi avant que d’être Père, ou Époux. Jusqu’à ce qu’au bout de dizaines de générations, survienne Jésus qui inverse les affaires : bien sûr, DIEU est roi, mais AVANT TOUT, Il est Amour. Et même plus : il N’EST QU’AMOUR. Et ici, tout est dans le « NE QUE ».
— — — — —
DIEU N’EST QU’AMOUR
On entend bien j’espère que ce long temps de conversion dans l’histoire est la trame sur laquelle va pouvoir se tisser l’histoire de notre propre conversion à chacun. Il faut donc connaître cette histoire. Aujourd’hui, les Occidentaux ont oublié leurs racines chrétiennes ; ils en reviennent donc nécessairement à la considération d’un dieu Tout-Puissant au nom duquel certains organisent des cérémonies plus ou moins druidiques pendant que d’autres le rejettent en croyant rejeter le DIEU des chrétiens, parce qu’un « dieu tout-puissant », ça ne marche pas, tout simplement ! C’est le fameux argument : « Si dieu existait, il ne permettrait pas tant de souffrance dans le monde ». Eh oui… sauf que le vrai DIEU, celui par qui on devient capable du plus grand don de soi, n’est pas le dieu tout-puissant des mythologies païennes. Car le DIEU véritable N’est QU’Amour.
Pour bien comprendre, le père Varillon, dont je vous ai déjà parlé et dont je m’inspire ici, aimait faire faire ce petit exercice d’esprit à son auditoire : Dieu est-il Tout-Puissant ?, demandait-il. Et il répondait : NON, Dieu N'est QU'Amour. Dieu est-il Infini ? NON, Dieu N'est QU'Amour. Dieu est-Il Juste ? NON, Dieu N'est QU'Amour. Et il faut que nous acceptions de passer par cet exercice de la négation. Trop de chrétiens posent la toute-puissance en toile de fond avant d’ajouter, après coup : « Oui mais Dieu est amour, Dieu nous aime. » Or c'est FAUX ! Alors il ne s’agit pas d’abandonner la toute-puissance de DIEU, car dans les faits, Il l’est, bien évidemment puisqu’Il est DIEU ; mais il faut renverser la perspective, sans quoi la foi chrétienne est juste incompréhensible !
Dit clairement : DIEU n’est pas tout-puissant à la façon de Zeus ou de Jupiter ! DIEU, tel qu’il se révèle en Jésus Christ, N’est QU’Amour, MAIS, et c’est là que se renverse la perspective : L’AMOUR EST TOUT-PUISSANT ! Ah voilà : la toute-puissance de Dieu est la toute-puissance de l’AMOUR ! C'est l’AMOUR qui est tout-puissant !
Il faut bien saisir la différence entre un « DIEU tout-puissant qui nous aimerait par magnanimité », et un « Amour tout-puissant ». Un Amour tout-puissant, non seulement est incapable de détruire quoi que ce soit, mais il est surtout capable de choisir de mourir plutôt que de donner la mort, quitte à, de l’intérieur de cette mort, manifester la victoire de la VIE ! Mais en attendant, il a tout de même fallu mourir, c’est-à-dire payer le prix du péché, et c’est pas drôle !
Donc, en DIEU, il n'y a PAS d'autre puissance que la puissance de l'Amour et c’est ce qui fait dire à Jésus : « Il n'y a pas de plus grande Charité que de mourir pour ceux qu'on aime » (Jn 15,13). Là on n’est évidemment plus seulement dans l’éros brut : on est dans le TRAVAIL DE L’AMOUR qui se fait CHARITÉ, qui se vérifie dans la CHAIR de telle sorte que nous puissions sans peur mettre en Lui notre FOI. C’est dans sa CHAIR que Jésus, par sa Passion et sa Résurrection, nous révèle la toute-puissance de l’Amour en consentant à mourir pour nous. Lorsque Jésus a été saisi par les soldats, ligoté, garrotté au Jardin des Oliviers, il nous dit lui-même qu'il aurait pu faire appel à des légions d'anges pour l'arracher aux mains des soldats. Il s'est bien gardé de le faire parce que là, il nous aurait révélé un FAUX Dieu, il nous aurait révélé un Dieu tout-puissant au lieu de nous révéler le vrai DIEU, celui qui va jusqu'à mourir pour ceux qu'Il aime avant d’entraîner ses AMIS dans sa Résurrection, dans sa VICTOIRE sur la mort. La mort CHARNELLE du Christ nous révèle ce qu'est la toute-puissance de Dieu ; ce n'est pas une puissance d'écrasement, de domination, ce n'est pas une puissance arbitraire comme quand on dit : « Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon dieu ? » Non, redisons-le : le VRAI DIEU N'est QU’Amour, et cet Amour-là donc est tout-puissant, qui ne cesse d’élever et de relever.
Du coup, si pour toutes religions, christianisme compris, DIEU, quel qu’il soit, est juste, tout-puissant, sage, grand, etc. Les chrétiens renversent néanmoins la perspective : pour nous, c’est l’Amour qui est juste ; l’Amour qui est tout-puissant ; l’Amour qui est sage ; l’Amour qui est grand, etc. Et qu'est-ce qu'un Amour tout-puissant, juste, infini, etc. ? C'est un Amour qui va jusqu'au bout de l'amour, jusqu’au bout de la CHARITÉ pour laisser jaillir l’AMITIÉ QUI DONNE LA VIE.
Alors le paradoxe, c’est que cette toute-puissance de l’amour, soit capable d’aller jusqu’à la mort, de MOURIR à soi-même POUR CEUX QU'IL AIME. Un amour capable d’aller jusqu’au PARDON ! Le PARDON, c’est la perfection du DON. De la même manière que la perfection du FAIRE, c’est le PAR-FAIRE ; la perfection de l’achèvement, c’est le PAR-ACHÈVEMENT. Eh bien : vous savez que votre DON va jusqu’à sa perfection quand vous devenez capables, au moment même où vous n’en avez pas envie, au moment où vous êtes sur la croix avec Jésus ; vous savez donc que le DON de vous-mêmes va jusqu’à sa perfection quand vous devenez capables de PAR-DONNER. Et il y a des fois où le pardon est humainement juste IMPOSSIBLE. Et dans ce cas, il faut que l'amour soit rudement puissant pour pardonner malgré tout ; Il en faut de la puissance d'aimer, de la volonté d’aimer ! Eh bien c’est cette force que l’Amitié avec Jésus procure, et c’est alors qu’on se sent pleinement VIVANT !
— — — — —
« QUI A DES OREILLES, QU’IL ENTENDE » (Mt 11,15)
Eh bien voilà : ce qui est étonnant, c’est que si on se laisse pénétrer de cet Amour tout-puissant qui s’offre à nous dans le baptême ; si on ouvre les yeux pour reconnaître, à la lumière de cet Amour Tout-Puissant, tous les frères et sœurs qui, bon an mal an, trouvent en Lui la force d’aimer à leur tour jusqu’au bout ; si on accepte d’entrer dans « l’Église » qui est le nom commun de toute cette famille chrétienne, c’est LÀ qu’on va pouvoir faire l’expérience de la puissance de la Bénédiction qui émane de cet Amour et nous fait prendre appuis sur une AMITIÉ qui devient la source de tous les courages ! Sauf que tout ça, ça n’est pas des mots seulement ; ça n’est pas une théorie ; ça n’est pas un système : c’est une HISTOIRE qui se construit sans être écrite à l’avance ; c’est une AVENTURE faite de liberté, de JOIE, de surprises aussi, parfois avec des tempêtes à traverser, mais que cette Amitié divino-humaine va néanmoins mener à la victoire. Ceux qu’on appelle les SAINTS en sont le témoignage vivant, à chaque génération. Il y a bien sûr les plus connus, ceux qui sont donnés comme des témoins à l’ensemble des chrétiens du monde entier, mais il y a tous ceux qui, comme vous et moi, ne sont pas sur le devant de la scène, qui ne font pas de miracle, n’ont pas d’extase ; qui travaillent sans gloire, qui s’usent les mains simplement à pétrir et gagner leur pain, mais qui ont leur nom gravé dans le cœur de DIEU qui les aime jusqu’à mourir pour eux, leur donner son AMITIÉ pour les élever et les faire communier à sa propre VIE divine. Qu’est-ce que vous voulez, moi, ça motive tout mon ministère de prêtre. On peut refuser d’y croire : chacun est libre. Mais ce qui me fait personnellement en vivre, ce sont tous ceux qui, en s’ouvrant à ce grand mystère de vie et de Salut, se redressent et deviennent de vrais frères et sœurs sur lesquels tous peuvent compter, parce qu’ils sont devenus capables, grâce à l’amitié partagée en Jésus avec DIEU, de donner leur vie à leur tour jusqu’au bout, par Amour. Ils sont devenus capables, à la fois courageusement et humblement, de laisser cet Amour divin agir dans sa toute-puissance charnelle et opérer de vrais miracles !
Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autres voies, d’autres chemins, mais celui-ci est juste LUMINEUX. Je termine par cette envolée du prophète Isaïe qui résume bien tout ce que j’essaye maladroitement de vous transmettre : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane. Et les bottes qui frappaient le sol, et les manteaux couverts de sang, les voilà tous brûlés : le feu les a dévorés. Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe de l’autorité ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Et l’autorité s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Elle fera cela, l’ardeur du Seigneur de l’univers ! » (Is 9,1-6) Qu’on le veuille ou non, sur cette parole et sur celles de toute la Bible, un peuple a traversé l’Histoire depuis 3 500 ans au moins. Pendant ce temps, les royaumes, les empires, les idéologies se sont levés et se sont tous effondrés, et ce peuple, habité par la foi et l’espérance, est toujours là. Et l’Église à sa suite, même chose… Voilà. C’est tout : c’est du CHARNEL, ce ne sont pas des idées. « Qui a des oreilles, qu’il entende » (Mt 11,15), comme disait Jésus, parce que tout ça s’offre à vivre à quiconque décide de s’y laisser conduire avec bonheur dans la grâce du baptême.
Allez ! Je vous laisse à présent discuter de tout ça avec votre accompagnateur. Que le Christ Jésus vous garde en sa bénédiction.
Je vous remercie.
______________________________________________________________