17-12-2014

[Gn] 17 - De Abraham à Isaac

Genèse 23-24 par : Père Alain Dumont
Rubrique :Abraham
Duration:14 minutes 37 secondes
Transcription du texte de la vidéo :

(Voir la vidéo : http://www.bible-tutoriel.com/de-abraham-a-isaac.html)

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Pour une citation, mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article

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Gn 23-25

Une fois passée l’épreuve du ch. 22, tellement essentiel on l’a compris, alors peut continuer l’histoire, sur des bases désormais saines.

Gn 23

C’est l’histoire d’abord de la mort de Sarah à Hébron. Elle a 127 ans : c’est la seule femme dans toute la Bible dont on vous dira l’âge. C’est une manière de signifier la valeur sans égale de la femme d’Abraham. En fait, le texte hébreu est bizarrement formulé : Sarah avait 100 ans, et 20  ans et 7 ans. Et Rachi de faire ce magnifique commentaire :

« Le mot “an” est répété à chaque chiffre pour te dire qu’il demande à être interprété : à 100 ans, elle était comme à 20 ans, aussi belle… À 20 ans, elle était comme à 7 ans, sans péché ! » C’est dire l’aura qui entoure la matriarche, qui est, pour la tradition juive, comme la Nouvelle Ève : elle est sans péché, et par elle naît le peuple de DIEU qui aurait dû être, en tout état de cause, le privilège d’Ève.

Il va l’enterrer là, c’est-à-dire ouvrir un caveau neuf : une nouvelle lignée commence, non pas à Beer-Shéva, sur une terre philistine, mais bien en Canaan, la terre de la promesse. Il achète le champ d’Ephrôn — il refuse de le recevoir en cadeau, ce champ doit être à lui de manière indiscutable, sans quoi, il y aura toujours quelqu’un pour discuter la légitimité du présent.

Pourquoi un cadeau de la part des habitants du pays ? Parce qu’Abraham est effectivement un prince. Nous y reviendront plus tard, mais il faut se rappeler qu’à cette époque, la situation politique de cette terre était bien précaire, et ce furent les tribus nomades qui lui donnèrent un semblant de paix politique. Qu’Abraham ait été l’un des chefs les plus éminents de ces tribus, voire même Le Chef majeur, c’est du moins ce que la tradition orale a retenu. Et c’est loin d’être impossible. Donner le champ en cadeau, c’était faire acte d’allégeance, ou en tout cas s’assurer une relation de paix avec Abraham. Mais non : il préfère l’acheter, diront les rabbins, par soucis, dès cet épisode, de ne pas violer les commandements de la Torah : tu ne voleras pas.

Du reste, il y a trois tombeaux qui, de mémoire d’homme, sont proprement des propriétés patriarcales : Makhpèlah, le mont Sion qui a été acquis par David et qui abritera le Temple, et la tombe de Joseph à Sichem.

Gn 24

Abraham est vieux : il a 137 ans et il vivra encore 38 années. La sainte Matriarche est morte, elle laisse place à une autre femme : celle de son fils. Et on va prendre le temps de vous décrire toute l’affaire : on est au Moyen Orient : rien n’est plus important pour un père que de bien marier son fils !!! Et comme souvent, ce mariage est orchestré par un entremetteur : les fameux “marieurs” ou ”marieuses” juifs… Rappelez-vous :

(Rabbi Jacob)

Qui va-t-il épouser ? Une femme de Canaan ? Mais alors ce serait souiller la descendance par un mélange, et surtout, ce serait laisser la promesse aux mains d’une nation qui n’est pas passée par les épreuves de la foi.

Non. Il faut remonter aux sources : à Harân, aux origines du clan de Terah, l’araméen, à qui, d’une certaine manière, il va faire faire à la femme le voyage qui marque l’appel de DIEU de Harân en Canaan : ce voyage sera l’assurance qu’elle pourra être la femme d’Isaac sans crainte que la promesse soit détournée.

Pourtant, Abraham ne veut pas envoyer Isaac, car symboliquement, ce serait pour lui partir à rebours de la promesse. Ce serait refaire le chemin à l’envers, et ça n’est pas le moment ! Abraham va donc envoyer Éliézer, son bon et fidèle esclave, non sans le contraindre à un serment prononcé « la main sous la hanche du patriarche (c’est-à-dire sous les parties génitales : les sources mêmes de la vie sont en jeu ! Le serment est chose sérieuse à l’époque, et le violer, c’était mourir ! Donc on ne plaisante pas : Éliézer est lié, au point qu’un Ange de DIEU, un Messager de DIEU est chargé de veiller sur lui.

Celui-ci se rend à Harân, près de la ville de Nakhor, le frère d’Abraham. On lui donne ici un autre nom — rien n’est jamais fixé à cette époque. Suit un très beau récit. Il est à un puits : le lieu des rencontres de la Bible (penser à Jacob et rachel, à Moïse et Tçippora). Vient à lui Rebecca, la fille de Bethouel, lui-même fils de Milka, la femme de Nakhor, le frère d’Abraham : lire Gn 24,10-27.

Voilà : cette femme est la bonne, parce qu’elle est juste, elle exerce la charité, diront les Rabbins.

On fait ici connaissance de Labân, le frère de Rebecca. Il faudra s’en souvenir, car c’est vers lui que fuira Jacob. Le récit vous raconte une seconde fois toute l’histoire, : on y parle de loyauté, d’écoute et d’obéissance à DIEU : bref, on est sur un récit édifiant, chevaleresque comme on ne sait plus en écrire aujourd’hui, et on en conclut que tout cela est du à la providence de DIEU !

Et comme toujours, la jeune fille, diront les rabbins, touchée par la noblesse de l’histoire, demandera au plus tôt à partir pour rejoindre le prince ! Donc à la fois, le mariage est arrangé, et à la fois il est le fruit de l’acquiescement de la femme. Or là vous est donné le véritable sens du couple tel que DIEU l’entend : non pas des mariages forcés, mais libres…

Rebecca arrive donc en Canaan, elle se soumet à Isaac comme une esclave se soumet à son maître. Isaac la mène sous la tente de Sarah, sa mère : elle est présentée à la famille, il la prend pour épouse et se met à l’aimer. À cette époque, on ne se marie pas parce qu’on est amoureux, on devient amoureux parce qu’on est mariés. On nous dit que, grâce à Rebecca, Isaac se consola de la mort de sa mère… Comme quoi l’épouse n’est jamais tellement loin de l’image de la mère dont l’homme a tant de mal à se défaire.

Gn 25,1-17

Il est temps alors pour Abraham de mourir. Tout est accompli de sa mission. Lui-même s’est consolé de la mort de Sarah en prenant encore une femme : Qetourah, dont il aura 6 fils. Mais il les enverra tous au loin, à l’Est, pour que ne soit pas remise en cause l’héritage de la promesse par Yitçrac.

Là, on prend le temps de donner des listes généalogiques d’Ismaël : on n’oublie personne.

Il faut prendre le temps de lire ces lignes, même si elles ne nous apparaissent pas d’emblée utiles. On ne peut pas tout le temps avoir des textes essentiels : il faut respirer dans la lecture. Et puis, qu’est-ce que cette manière de ne lire que ce qui peut nous apporter quelque chose ? À l’époque, c’était considérer l’autre que de ne pas totalement négliger son histoire.

Bientôt va commencer une autre histoire : celle de Jacob. Isaac n’a pas d’histoire mouvementée. Il est plutôt celui qui fait charnière entre l’histoire d’Abraham et celle de Jacob. Mais cette charnière est indispensable. Nous prendrons le temps de voir pourquoi la fois prochaine.

Si vous le désirez, vous pourrez regarder la vidéo qui suit, qui est une reprise d’ensemble de la saga d’Abraham, qui vous fera faire une rapide révision de l’ensemble. Nous essaierons de vous proposer une synthèse à chaque fin de grand cycles bibliques.

Je vous remercie.