25-08-2018
[Foi 0.4] - Jésus est DIEU
par : le père Alain Dumont
Pour la plupart de nos contemporains, Jésus a certes existé, mais il n'est jamais qu'un homme... Or la foi nous enseigne que Jésus est DIEU. Comment comprendre une telle affirmation ? Pourquoi un chrétien ne saurait la renier sans renier aussitôt toute sa foi chrétienne ?
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PLAN :
– À quoi sert de croire en la résurrection de Jésus ?
– Que disent les chrétiens de Jésus ressuscité ?
– Il faut du temps pour entrer dans le Mystère de DIEU
– Les deux Puissances du Ciel
– Jésus est le Verbe de DIEU fait chair
Duration:31 minutes 3 secondes
Tous droits réservés.Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
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Bonjour,
Dans la dernière vidéo, nous avons vu non seulement que l’existence de Jésus était historiquement irrécusable aujourd’hui mais que le FAIT de sa résurrection, de son relèvement d’entre les morts comme dit le Nouveau Testament, était RAISONNABLEMENT CRÉDIBLE. Bien. Mais une fois qu’on a dit ça, qu’est-ce que ça change ? Dans le fond, le message de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres » ne serait-il pas tout aussi percutant s’il s’était marié avec Marie-Madeleine, s’ils avaient eu ensemble une belle petite descendance avant de mourir dans leur lit les bottes au pied et d’être aujourd’hui encore enterrés dans un caveau ouvert à la vénération de leur géniture ? Sans doute que oui, au niveau des “idées” ! Au niveau des “idées”, on peut toujours tout imaginer. Sauf que les idées ne suffisent pas. Ce qui confère leur valeur aux idées, ce sont les CONSÉQUENCES CHARNELLES qu’elles engendrent, et c’est là qu’on s’aperçoit que les choses ne sont pas si simples que l’imaginent les rêveurs ! Qu’il faut du temps avant de pouvoir évaluer si une idée est bonne ou non : le temps que cette idée s’incarne, prenne CHAIR, parce que c’est dans cette incarnation de nos idées que nous pouvons voir si elles portent la VIE ou la MORT ! Quand on rêve d’un monde meilleur et que pour ça, on n’hésite pas à faire table rase de populations entières pour faire valoir son idée, on est en droit de juger cette idée inadéquate et mauvaise. En revanche, si une idée, dans sa mise en œuvre, suscite l’élévation et l’épanouissement de peuples entiers sur des centaines et des centaines de générations successives, là, parce qu’elle a été VÉRIFIÉE DANS LA CHAIR, on est en droit de reconnaître cette idée comme adéquate et bonne. Or c’est précisément en raison des conséquences CHARNELLES qu’il n’est PAS équivalent de croire que Jésus ait existé ou non, qu’il soit mort sur la Croix ou non, qu’il soit ressuscité ou non etc., et on va tenter de voir pourquoi, étape par étape ;
À QUOI SERT DE CROIRE EN LA RÉSURRECTION DE JÉSUS ?
Tout part, en définitive, de la foi en la résurrection de Jésus. Saint Paul le dit de manière lapidaire : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi ! » (1Co 15,17). Pourquoi ? Parce que la foi nous enseigne que si Jésus est ressuscité d’entre les morts, ça n’est pas pour sa gloriole individuelle. Se relever de la mort grâce à un superpouvoir, c’est Superman, Ironman, Spiderman ou tout ce que vous voudrez à la mode du Surhomme de Nietzsche, mais ça n’a rien à voir avec le projet divin révélé dans la Bible. La trajectoire biblique va bien au-delà de tout ce qu’un Nietzsche ou un Marx ont pu imaginer : eux étaient assis les fesses bien au chaud dans leur petite chambre d’où ils imaginaient un monde à leur image, alors que la Bible, c’est de l’AVENTURE ; C’EST du CHARNEL, de la CONFRONTATION concrète et quotidienne AVEC LE RÉEL dont il faut tirer les leçons de VIE ! Donc forcément, ça donne une vision du monde et de DIEU complètement à l’opposé des théories philosophiques ! Du coup, qu’est-ce que la résurrection de Jésus nous révèle du mystère de sa personne ?
Commençons par là : si Jésus est vraiment ressuscité, c’est donc que par Lui, non seulement UN HOMME est ressuscité mais TOUT HOMME se découvre en capacité de ressusciter s’il s’accroche à DIEU comme Jésus s’y est accroché, pour ainsi dire ; s’ils prennent le chemin que Jésus, non seulement a « pris », mais le chemin qu’Il est Lui-même : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ! » (Jn 14:6). C’est un peu si vous voulez comme l’ascension du Mont-Blanc. Avant Balmat et Paccard, le 4 août 1878, on pensait que personne ne pourrait jamais atteindre ce sommet ; une fois qu’ils l’ont fait, TOUT LE MONDE sait intuitivement qu’il est en capacité d’y arriver avec minimum d’entraînement ! Eh bien ici, c’est un peu la même chose : si Jésus est ressuscité, c’est que la résurrection est possible, et comme telle, qu’elle peut être offerte à TOUT HOMME ou toute femme qui s’y est un minimum préparé.
Alors on reviendra sur cette question, mais déjà, dans cette perspective, on comprend qu’à l’inverse, si le Christ n’est pas ressuscité, alors la mort n’a pas été traversée et elle n’a été vaincue par personne ! Et là, finie l’espérance ! Fini la magie de l’existence, et pour être franc, c’est vraiment ce que je reproche à nos universitaires contemporains qui préfèrent défendre un monde noir mais conforme à leurs idées matérialistes plutôt que de se laisser éclairer par un monde lumineux dont le réalisme se vérifie dans l’énergie qu’il suscite pour faire naître des saints, et là, je vous avoue que mon choix est fait, et depuis bien des années ! Kant était un névrotique obsessionnel de premier ordre, Nietzsche est mort complètement fou, Marx, avec son idéologie, a provoqué la mort et la souffrance de millions d’âmes, Camus n’a vu le sommet de la liberté que dans le suicide… là où Jésus, lui, à l’inverse, n’a cessé de relever des milliards d’existences en leur proposant simplement sa Lumière et sa vie ! Alors je sais bien que tout n’a pas nécessairement été rose, parce que le christianisme a grandi peu à peu dans un onde dur, mal dégrossi, et pour le dire franchement, dans un monde pécheur plus enclin à sortir l’épée qu’à tendre l’autre joue. Seulement ce christianisme n’a pas hésité à mettre les mains dans le cambouis ! Il ne s’est pas aménagé une petite secte de parfaits oublieux des affres de la vraie vie. Il a accompagné les hommes sur le terrain, dans le quotidien des paysans comme des soldats ; des bourgeois comme des aristocrates ; des pauvres comme des riches ; des esclaves comme des hommes libres ! Et c’est ÇA qui crédibilise la foi chrétienne ! Maintenant, qu’il y ait eu des malversations, personne ne le nie : mais attention : « L’arbre qui tombe fait toujours plus de bruit que la forêt qui pousse ! » Donc ne jetons le bébé avec l’eau du bain ! Alors poursuivons.
QUE DISENT LES CHRÉTIENS DE JÉSUS RESSUSCITÉ ?
Une fois qu’on a affirmé comme crédible la résurrection de Jésus, on n’en est qu’au début ! À présent, que disons-nous de Lui ? Que dit de Lui l’Église qui rassemble tous les frères et sœurs qui trouvent en Jésus ressuscité leur raison de vivre et de se donner à leur tour jusqu’à l’extrême ? Qu’est-ce que sa résurrection nous permet donc de voir ce que les autres ne voient pas ?
Oh, dans le fond, c’est assez simple. Si Jésus est ressuscité d’entre les morts ; si la mort n’a pas su le garder dans ses griffes, c’est, on l’a vu, parce qu’il n’y avait en lui aucun péché ; rien sur quoi la mort pouvait agripper ses crochets. Or la Bible enseigne que même l’homme le plus juste qui soit, tombe au moins sept fois par jour — quitte à se relever sept fois par jour en se purifiant, dit le livre des Proverbes au ch. 24, v. 16 ; mais en attendant, il est tout de même tombé. Parce que pour la Bible, DIEU SEUL, en définitive, est sans péché : DIEU SEUL n’est QUE jaillissement de VIE.
Du coup, vous me voyez venir : si d’une part DIEU SEUL est sans péché en tant qu’il n’est que VIE : si d’autre part la mort n’a pas su retenir Jésus dans ses griffes parce qu’il n’y a en lui aucun péché ; si donc Jésus est ressuscité, c’est… qu’il ÉTAIT DIEU ! C’est qu’il EST DIEU ; le DIEU VIVANT, qui donne la VIE. « Je suis le chemin, la vérité et la VIE », dira Jésus dans l’évangile selon saint Jean. « Je suis la Lumière du monde ! Si vous croyez en moi, vous serez fils de la Lumière ! » dit-il encore (Jn 9,5). Une très ancienne homélie pascale dit magnifiquement les choses : « La mort avait saisi un corps et elle s’est trouvée devant DIEU ; elle avait pris de la terre et elle a rencontré le Ciel ; elle s’était emparée de ce qui était visible et elle est tombée à cause de l’invisible ! » (Saint Jean Chrysostome). Ça va très loin ! Or la FOI, ça va jusque-là ! C’est tellement puissant que des hommes et des femmes ont donné leur vie pour que ne soit jamais perdue cette révélation dans la mémoire du genre humain ! Ça va tellement plus loin, c’est tellement plus exaltant d’entrer dans une telle aventure à la suite de Jésus que de se contenter du pauvre “Déisme Éthico-Thérapeutique” (DET), comme disent les sociologues américains, à laquelle même les jeunes chrétiens réduisent leur foi ! Je vous lis à ce propos un passage de Rod Dreher, un père de famille américain, qui décrit bien la chose : « En 2005, les sociologues Christian Smith et Melinda Lundquist Denton ont examiné les croyances religieuses et spirituelles des adolescents américains, toutes catégories sociales confondues. Dans la plupart des cas, ils ont découvert que les jeunes adhéraient à une pseudo-religion que les chercheurs ont appelée un « déisme éthico-thérapeutique » (DET). Cinq principes constituent le DET : 1. Il existe un Dieu qui a créé le monde, le régit et veille sur les hommes ici-bas. 2. Dieu attend des hommes qu’ils soient bons, gentils et justes les uns envers les autres, comme il est dit dans la Bible et dans la plupart des religions. 3. Le but premier de la vie est d’être heureux et de se sentir en paix avec soi-même. 4. Il n’est pas besoin que Dieu intervienne beaucoup dans la vie sinon lorsqu’on a besoin de lui pour résoudre un problème. 5. Les bons vont au paradis après leur mort. […] À en croire Smith et Denton, le DET gagne du terrain dans les Églises existantes, détruisant le christianisme de l’intérieur pour le remplacer par un pseudo-christianisme « qui n’entretient avec la véritable tradition chrétienne historique qu’un très lointain rapport. » (p. 33-34) C’est sûr que pour un tel credo mou, la foi en la résurrection de Jésus n’est plus nécessaire. D’ailleurs, il n’est même plus cité dans les 5 articles qui le composent. Et évidemment, ça n’est pas sans conséquence. C’est toujours la même chose : au niveau des idées, c’est très gentil, mais maintenant, au niveau des CONSÉQUENCES CHARNELLES, ça donne quoi ?
Et il faut que nous nous posions À NOUS-MÊMES cette question : quelles sont les CONSÉQUENCES CHARNELLES de notre foi en la résurrection de Jésus ? Alors on en a déjà vu une : la résurrection de Jésus le présente comme DIEU en personne, mais on va essayer ici d’en dire un peu plus — nous verrons les autres conséquences plus tard. DÉJÀ, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’une telle affirmation est vraiment étrange ! Tellement étrange qu’elle a été combattue avec violence dans les premiers siècles de l’Église, et qu’il a fallu toute la perspicacité de ceux qu’on appelle les « Pères de l’Église » pour que ne soit pas perdue cette révélation stupéfiante ! C’est à ces Pères de l’Église que nous devons le CREDO que nous récitons à la messe du dimanche.
IL FAUT DU TEMPS POUR ENTRER DANS LE MYSTÈRE DE DIEU.
Ceci dit, aujourd’hui aussi, la foi en Jésus comme DIEU est largement combattue, dénoncée comme un leurre. Certains chroniqueurs contemporains font régulièrement des articles dans la presse ou des livres entiers pour soutenir la thèse selon laquelle Jésus “a été divinisé” au fil des siècles qui ont suivi sa mort, mais que l’Église primitive n’a pas reconnu en Lui de caractère divin. Ah bon ? Alors attention, accrochez-vous bien. On va partir, pour remettre un peu les pendules à l’heure, du travail remarquable de Daniel Boyarin, un universitaire JUIF orthodoxe américain — qui n’est donc pas chrétien —, spécialiste mondialement reconnu du Talmud, et dont la publication d’un ouvrage a fait grand bruit en 2011 : Partition du Judaïsme et du Christianisme. Je vous résume sa thèse, vraiment éclairante.
D’abord, oui : il est vrai que la compréhension de DIEU par les hommes est en DÉVELOPPEMENT au fil des siècles. Pas en « progrès » : en développement. Le « progrès » rend le passé obsolète : quand l’automobile est apparue, elle a rendu l’hippomobile — la voiture à cheval — obsolète qui a peu à peu disparu à cause du « progrès » ; quand vous avez acheté votre dernier téléphone portable, c’est que le précédent était devenu obsolète à cause du « progrès » et vous l’avez jeté. Ça, c’est le « progrès » : on abandonne le passé, on tourne définitivement la page. Le « développement », c’est autre chose : dans le « développement », on tire partie au contraire de tout ce que le passé contenait en germe et on reconnaît que tout ce qu’on découvre jour après jour était DÉJÀ comme mystérieusement contenu dans ce passé qu’on ne vénère que plus profondément et sur lequel on revient sans se lasser tellement, avec le temps, se dévoile sa richesse potentielle. Le « progrès», donc, est à l’opposé radical du « développement ». Là où le progrès aime courir et s’emballer, le développement, lui, aime s’asseoir et contempler, évaluer le fond des choses. Là où le progrès n’écoute que lui-même et n’a que faire des anciens, le développement, lui, se met à l’écoute de ceux qui ont précédé et leur rend honneur. On appelle ce « développement » : la TRADITION. Une tradition qui n’a rien de figé mais qui est au contraire complètement VIVANTE parce qu’elle donne la VIE là où le progrès, lui, aura tendance à écraser tout ce qui n’arrive pas à courir à son rythme. Et donc, la Bible, c’est une TRADITION VIVANTE, avec des développements au fil des siècles.
Or l’un de ces développements a consisté, disons deux siècles AVANT la naissance de Jésus, à discerner en DIEU ce qu’on a appelé « LES DEUX PUISSANCES DU CIEL ». Qu’est-ce que ça veut dire ?
LES DEUX PUISSANCES DU CIEL
À l’époque de Jésus, on s’interrogeait déjà depuis un petit moment : comment DIEU peut-Il être à la fois Tout-Autre et en même temps s’approcher de son peuple pour demeurer au milieu de lui ? Comment même le Tout-Autre — on parle techniquement d’un DIEU TRANSCENDANT — ; comment donc le Tout-Autre peut-Il créer, tout en restant Autre ? Alors peut-être que vous vous dites : « En quoi ça nous concerne ? » Sauf que ce sont des questions très contemporaines : tout ce qu’on appelle le New-Age, une certaine manière de vénérer Gaïa, la planète Terre un peu comme dans le film Avatar, une forme de druidisme qui revient en force, etc. Tout ça parle d’une idée de la divinité non pas transcendante mais IMMANENTE, c’est-à-dire comme d’une énergie dont chaque vivant serait une petite parcelle divine ; toutes les nouvelles religions sont basées sur ce principe qui enseigne une sorte de « fusion » entre le vivant et le divin… Sauf que là où il y a fusion, il n’y a pas de rencontre possible ! Deux êtres fusionnels n’ont pas de relation : ils se perdent l’un dans l’autre jusqu’à ne plus pouvoir se distinguer l’un de l’autre parce qu’ils ont mis la main l’un sur l’autre : aucune liberté dans la fusion, simplement l’illusion de n’exister qu’en l’autre comme en une prison dorée…
Eh bien : l’expérience que porte la Bible, dès le début, c’est que DIEU n’est pas une énergie anonyme diffuse dans la Création. Ça, c’est le rêve désincarné de toute-puissance des hommes qui veulent garder le contrôle de leur existence de A à Z. Or DIEU échappe au fantasmes humains ! « Je suis DIEU et non pas homme », comme le rapporte le prophète Osée. Et c’est tant mieux ! Parce que c’est précisément cette « altérité » de DIEU par rapport à nous qui va permettre que nous puissions Le rencontrer ! Et ça c’est formidable !
Ceci dit, pour l’Islam, c’est l’inverse : DIEU n’est pas du tout immanent, ça c’est sûr, mais il est tellement TRANSCENDANT cette fois qu’AUCUNE RENCONTRE non plus N’EST AUTORISÉE entre Lui et les hommes ! L’Islam INTERDIT toute rencontre avec DIEU qui est tenu à résidence — sauf dans la spiritualité soufi mais qui est considérée comme hérétique par les autres obédiences. Donc le DIEU vénéré par l’Islam N’EST PAS le même DIEU que celui que révèle la Bible, sûrement pas ! Le DIEU dévoilé dans la Bible n’est pas transcendant pour se préserver d’une Création qui serait mauvaise, pour la simple raisons que DIEU NE CRÉE PAS DU MAUVAIS ! On n’est pas dans l’antique mythologie manichéenne qui voudrait que la Création soit le fruit des diableries d’un dieu mauvais qui passerait son temps à combattre un dieu bon, style seigneur des Anneaux ! Le DIEU expérimenté par la Bible est un DIEU EXCLUSIVEMENT tourné vers la VIE. Quand DIEU crée, donc, il crée du BEAU, du BON, et en définitive, Il crée de la VIE. Et là où est la VIE, là est la JOIE. Le DIEU qui se dévoile la Bible, le DIEU d’Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, David etc., et le DIEU qu’on discerne en Jésus, c’est le DIEU TOUT AUTRE qui VIENT À LA RENCONTRE DE SA CRÉATION BONNE ! Mais un DIEU qui ne peut venir QUE parce qu’il est TOUT AUTRE ! Et que cette rencontre est faite, du côté de DIEU comme du côté des HOMMES, de LIBERTÉ et d’AMOUR, de CHARITÉ, pour permettre à tout le genre humain de S’ÉLEVER, de GRANDIR, de S’ACCOMPLIR et ainsi, grâce à la gratuité de cette rencontre, de DEVENIR MEILLEUR. On y reviendra une autre fois.
Bien. Alors : revenons maintenant à nos « DEUX PUISSANCES DU CIEL » — il fallait préciser tout ça avant de mieux pouvoir comprendre ce qui se passe. Comment comprendre que le DIEU TRANSCENDANT reste TOUT AUTRE et en même temps puisse CRÉER et se manifester dans sa Création ? Parce que c’est vrai que la création est drôlement cloisonnée, que ce soit dans le temps ou dans l’espace ! Comment le DIEU UNIVERSEL peut-Il s’accorder de ne se manifester qu’à une époque donnée et un peuple particulier ? Alors ça aussi, on se le demandera plus tard. On ne peut pas tout dire en une fois. Pour l’instant, posons-nous la question : comment DIEU peut-Il être à la fois TOUT-AUTRE et SI PROCHE de son peuple ? Eh bien, disait-on à l’époque de Jésus : il y a en DIEU DEUX PUISSANCES : une PUISSANCE SOURCE et une PUISSANCE JAILLISSANTE. Un peu comme quand quelqu’un parle : il y a d’une part la personne en elle-même, la « source » ; et d’autre part la « parole » que profère cette personne sans que la source et la parole ne soient véritablement distinctes. Il ne s’agit pas du contenu de ce qui est dit, mais de l’acte de parler en lui-même : entre celui qui parle et sa parole, il y a bien sûr la distinction entre la source et ce qui jaillit de cette source, mais en même temps, les deux sont comme indissociables ! Ça n’est pas parce que l’eau sort de la source que la source disparaît, parce que si la source disparaissait, le jaillissement disparaîtrait avec elle… Ou encore : si de la source ne jaillit rien, c’est que ça n’est pas une source ; simplement une réserve d’eau en soi comme il y en a tant sous les déserts sans que cela ne produise de vie.
Or précisément, la création EST UN MYSTÈRE DE VIE ! Donc en DIEU, il y a un mystère de SOURCE, donc de jaillissement ! J’essaye de dire les choses avec des mots simples, mais ça n’est pas facile. J’espère que je ne vous perds pas. Enfin : toujours est-il que c’est précisément en ce sens qu’à l’époque de Jésus, qu’on soit Juif de Jérusalem, de Babylone ou d’Alexandrie, l’ensemble du peuple Juif considère qu’en DIEU, il y a d’une part une PUISSANCE SOURCE et que d’autre part, il y a son jaillissement, son « VERBE » — alors attention : pas le verbe qu’on conjugue, le VERBE au sens d’une capacité à s’exprimer, comme on dit de quelqu’un qu’il a « le Verbe facile » pour dire qu’il parle avec abondance ; même racine que « verbiage » pour signifier un flot de paroles tellement important qu’on a oublié le contenu : la personne parle, et tout ce qu’on retient, ce ne sont pas ses paroles mais son « verbe ». Eh bien ici, c’est un peu la même chose : le VERBE de DIEU, c’est donc DIEU qui parle mais, à la différence du verbiage bavard, c’est par la médiation de ce VERBE qu’Il fait NAÎTRE LA VIE.
JÉSUS EST LE VERBE DE DIEU FAIT CHAIR
Donc, pour reprendre les termes de l’époque de Jésus, il y a en DIEU une PUISSANCE SOURCE ; et une SECONDE PUISSANCE, son VERBE, ou son LOGOS en grec. Ce VERBE Lui aussi est DIEU, mais au sens d’une parole vivante qui jaillit éternellement de la Source, sans cesser d’être DIEU pour autant. Eh bien : cette expression des DEUX PUISSANCES DU CIEL permet de saisir comment DIEU peut être à la fois TOUT AUTRE, absolument TRANSCENDANT, et en même temps être capable d’entrer en relation, d’être présent dans sa Création pour promouvoir une RENCONTRE qui ÉLÈVE cette Création à ce qu’elle a en elle de meilleur. C’est loin d’être idiot ! Et ça nous oblige déjà à nous libérer de nos schémas harassants où on considère qu’on peut s’en sortir TOUT SEUL ! NON ! Personne ne devient meilleur tout seul ! C’est toujours dans le déplacement que fait opérer une RENCONTRE qu’on peut devenir meilleur, se dépasser vraiment et surtout, à son tour, DONNER LA VIE ! Et même DIEU, nous dit la Bible, ne s’est pas soustrait à cette règle, parce qu’elle est CHARNELLEMENT la plus FÉCONDE et la plus JOYEUSE ! Elle n’est pas sans combat, mais croyez-moi : aucune des idées qui fusent chez nous philosophes révoltés ne le sera non plus ! Comme dit Mère Teresa : « La vie est un combat, mène le ! », et tu trouveras la vraie joie, même et surtout auprès de ceux qui n’ont RIEN !
DONC — pour en revenir à nos moutons —, le DIEU révélé par la Bible est un DIEU SOURCE d’où jaillit un VERBE par lequel peut s’opérer la Création, une création qu’il va s’agir de RENCONTRER et D’ÉPOUSER pour lui faire porter un fruit éternel. On nous dit ça dès le premier chapitre de la Genèse : « DIEU parla ainsi — vous entendez ? Il profère une parole hors de Lui — : que la Lumière soit, et la Lumière fut », par exemple. Eh bien les traductions de l’époque de Jésus — qu’on appelle les TARGUMS — vont transcrire : « LE VERBE DE DIEU parla ainsi : que la Lumière soit », etc. Eh bien c’est comme ça qu’on comprenait les affaires à cette époque, et c’est à partir de là qu’on peut mieux comprendre comment Jésus s’est révélé être DIEU en personne !
Et c’est comme ça que DÈS LA RÉDACTION DES ÉVANGILES, saint Jean pourra, en parlant de Jésus : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » (Jn 1,1-5) Vous voyez ? Saint Jean, qui écrit une trentaine d’années après la mort et la résurrection de Jésus, n’écrit rien qui surprenne ses contemporains ! On retrouve la foi juive commune de l’époque, ce qui montre très bien le professeur Daniel Boyarin. Maintenant, quand Jean, au v. 14, écrit : « Et le Verbe s’est fait chair », alors là oui, c’est drôlement audacieux ! Parce que là, on va JUSQU’AU BOUT de ce qui est inscrit dès les premiers versets de la Genèse : DIEU habite sa création AU PLUS INTIME ! DIEU est allé jusqu’au bout de son projet initial : en Jésus, dans la personne du VERBE ÉTERNEL, DIEU a ÉPOUSÉ SA CRÉATION ! C’est prodigieux !
Et là, comprenons bien : si on nous enseignait que Jésus est DIEU au sens où ce serait entièrement nouveau, imprévu, impréparé, inopiné etc. Là oui, on pourrait se dire que c’est une pure invention chrétienne, une légende… Sauf que cette rencontre intime entre DIEU et sa CRÉATION à travers l’homme — ce qui fait toute sa grandeur ! —, on peut la lire encore une fois depuis le PREMIER CH. DU LIVRE DE LA GENÈSE qui introduit TOUTE LA BIBLE, ainsi que dans tous les autres livres jusqu’au livre de l’Apocalypse : c’est le développement de cette RENCONTRE qui compose en fait la trame de TOUTE L’HISTOIRE SAINTE ! Et voilà ce que Jésus vient accomplir et sur quoi il pose un sceau définitif dans sa Résurrection et son Ascension auprès du Père !
Dit autrement, il aura fallu attendre que Jésus ressuscite et qu’Il prenne le temps d’expliquer, dans les Écritures, tout ce qui Le concernait, pour que les disciples comprennent que TOUT POINTE SUR LUI dans le Premier Testament ! Il a fallu du temps pour que les conditions soient réunies dans l’histoire pour permettre cette rencontre, ces ÉPOUSAILLES entre DIEU et la CHAIR, mais il n’empêche : elles se sont produites ! C’est ce qu’on appelle l’INCARNATION, dont nous parlerons une prochaine fois.
D’ici là, il me semble que vous avez déjà pas mal de matière pour discuter avec votre accompagnateur. Que le Christ Jésus vous garde en sa bénédiction.
Je vous remercie.
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