25-08-2018

[Foi 0.2] - Viser la VIE ÉTERNELLE !

par : le père Alain Dumont
La foi en la Vie Éternelle est le RESSORT d’une vie qui jaillit comme un trait de lumière au cœur même de l’obscurité de la mort. Or la Vie Éternelle n'est pas pour demain. La Vie Éternelle, c'est MAINTENANT !
Rubrique :Préliminaires
Duration:28 minutes 13 secondes
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Bonjour,

Vous vous souvenez que dans la dernière vidéo, nous avons insisté sur l’importance de la RENCONTRE, et c’est vrai que parler de la FOI sans l’enraciner dans cette RENCONTRE et dans ce qu’elle peut bouleverser en nous, c’est faire de cette FOI une simple doctrine intellectuelle, ou une simple philosophie là où tous ceux qui ont RENCONTRÉ Jésus pourront vous témoigner qu’Il les a entraînés, non pas tant par la raison — encore qu’avoir la foi est loin d’être stupide — que par la CHAIR ! La CHAIR c’est-à-dire la VIE ! Il y a dans la foi un appel spécifique de la VIE, un élan de VIE qui se transmet de personne à personne ; une VIE qui s’incarne dans ce qu’on appelle des FIGURES, c’est-à-dire des hommes et des femmes qu’il est bon de SUIVRE.

Avoir la foi, ça n’est certainement pas connaître un tas de chose. Il y a des milliards de chrétiens qui sont tout simples, qui n’ont pas de savoir intellectuel particulier mais qui sont des FIGURES extraordinaires de FOI dont la rencontre fait GRANDIR. Voilà : avoir la foi, c’est faire une EXPÉRIENCE de CROISSANCE qui ouvre au désir de ce que la Bible appelle la VIE ÉTERNELLE. Et ça, à notre époque, ça paraît vraiment étrange. Aujourd’hui, tout le monde n’aspire qu’à être heureux, point final ! La Vie Éternelle ? Première fois qu’on en entend parler ! Eh bien justement, on va prendre le temps d’en dire quelques mots.

Avoir la FOI, c’est d’abord avoir le désir de S’ÉLEVER. Et pour ça, toute la technologie contemporaine ne sert à RIEN ! Vous pouvez bien avoir le dernier téléphone portable à la mode ; la dernière coupe de cheveux, la dernière voiture, la plus belle maison high-tech, que sais-je ? Ce n’est pas ça qui vous fera sentir que vous grandissez intérieurement. Et il en va de même pour l’accumulation des biens : « Gardez-vous bien de toute avidité, dit Jésus, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. » Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté. Il se demandait : “Que vais-je faire ? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.” Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.” Mais Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?” Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. » (Lc 12,15-21)

Voyez, parmi les plus grandes et nobles personnes que j’ai rencontrées dans mon existence, certaines étaient perdues en pleine brousse africaine : des missionnaires qui avaient donné leur vie pour vivre au milieu de ceux qui ne possèdent pas grand-chose, pour grandir avec eux et faire ce bout de chemin FRATERNEL qui fait que la vie a un SENS ; qu’il y a un SENS à bêcher une terre aride, à aller chercher de l’eau à trois kilomètres avec une cruche sur la tête, à piler le mil du village… tout ça a un sens parce qu’on le vit entre frères et sœurs sur qui on sait pouvoir compter — « Un frère appuyé sur un autre frère est une forteresse », dit le Livre des Proverbes (Pr 18,19). C’est la plus puissante expression de la fraternité que j’ai jamais trouvée —. La fraternité est une dimension essentielle qui nous fait nous sentir ATTACHÉS à une FAMILLE au sein de laquelle on grandit et que l’on contribue à faire grandir, et DIEU sait si le sentiment d’attachement est essentiel pour la santé psychologique, entre autres, parce que c’est ce besoin d’attachement qui est précisément au fondement de la vie spirituelle. Au point, pour en rester aux missionnaires qu’on vient d’évoquer, que l’important n’était pas pour eux « d’être heureux » — ça, c’est la quête des désespérés qui sont devenus les proies de ceux qui vendent le bonheur à bon prix — ; l’important était tout simplement de partager cet élan de croissance avec ces frères et les sœurs d’Afrique à qui ils faisaient découvrir le chemin qui mène à la VIE ÉTERNELLE !

Alors maintenant, vous me direz : « C’est quoi en fait la Vie Éternelle ? » La Vie Éternelle, ça n’est pas un état. La Vie éternelle, c’est une puissance féconde, une puissance vitale qui jaillit alors que tout semble aller vers la mort. C’est le fruit de la bénédiction de Dieu. DIEU ne bénit pas en « donnant des “choses bonnes” » comme la richesse, de belles robes ou de belles voitures. On n’est pas béni si on est riche — ce qui ne veut pas dire qu’on n’a pas le droit d’être riche ; simplement, la richesse en elle-même n’EST PAS un signe de bénédiction. On est béni si, dans les moments les plus difficiles, la foi nous fait trouver des POINTS D’APPUIS, des points de RESSOURCE, des points D’AMOUR qui vont nous permettre de traverser un désert, non seulement nous mais aussi tous ceux qui sont autour de nous. Dit autrement, la Vie Éternelle, c’est la Vie sur laquelle la mort n’a pas le dernier mot. Donc la Foi n’est pas la promesse illusoire qu’on sera exempté de toute épreuve, qu’on sera protégé comme par magie des puissances de mort, NON ! Il n’y a aucune raison que nous soyons épargnés des épreuves de tout un chacun — ce serait trop facile, et quelque part infernal : une vie qui ne serait que du pur fonctionnement, sans jamais de défis où vous êtes nourris avant même d’avoir faim, où vos souhaits sont résolus avant même que vous les ayez formulés, vous imaginez ? Donc non, notre vie va connaître les mêmes épreuves que tout le monde, mais la foi va transformer ces épreuves en OCCASIONS DE GRANDIR, en DÉCISIONS DE GRANDIR, alors que sans la foi, ces épreuves sont désespérantes, comme de purs freins, des coups d’arrêts impromptus et révoltants. C’était par exemple la grande révolte d’Albert Camus : le silence de Dieu — eh oui, il n’avait pas la foi — et la souffrance des innocents ! Eh bien, face à ce même dilemme, plutôt que de se lamenter, un chrétien entendra par la FOI l’appel du Christ à VIVRE AVEC ces innocents pour leur donner, au nom de DIEU, la seule chose, dans le fond, qu’ils demandent : se sentir appelés et vivre avec des frères et sœurs une vie où ils se sentent grandir, où il se sentent construire un monde meilleur et marcher ainsi vers une ÉTERNITÉ DE JOIE. Un chiffonnier du Caire ne demande pas à devenir un bourgeois occidental ! Si sa vie a du sens parce qu’il construit une école en repoussant pour ça des ordures ; un atelier pour apprendre un métier à ses enfants etc., Pourquoi le fait-il ? Parce qu’un petit bout de Sœur Emmanuelle, plutôt que de se lamenter et de crier à l’injustice de Dieu, a décidé de répondre par sa seule présence fraternelle à la souffrance dans laquelle la société égyptienne laissait moisir des innocents, eh bien : la voilà la réponse de DIEU à Camus ! Camus attendait une réponse universitaire ; DIEU n’a de réponse que CHARNELLE. Donc à l’argument généralisé de nos contemporains : « si Dieu existait, il n’y aurait pas tant de souffrance sur terre », un chrétien peut répondre : DIEU existe parce qu’il a des frères et des sœurs en Christ qui se donnent tout entiers pour faire renaître la vie, là où la mort semble inexorable aux philosophes de salons qui se contentent de se révolter.

Je voudrais ici lire le passage d’un livre sorti en août 2017 et qui exprime bien les choses. Ce livre s’intitule : Lettre à un jeune Chrétien et à ceux qui ignorent qu’ils le sont, de Christiane Rancé qui est Grand Reporter sur des sites difficiles et dont les reportages lui ont appris l’importance de la FOI. Je vous en lis un extrait que vous trouverez dans le document “Pour aller plus loin” : « J'aimerais te parler des pans du monde que j'ai traversés, où tout incitait au renoncement - la guerre en Bosnie, celle des gangs et des armées révolutionnaires en Colombie, les camps oubliés des boat people à Hong Kong, les favelas d'Amérique du Sud et les mouroirs indiens, et les territoires de « non-droit » abandonnés aux desesperados du Venezuela. C'est aux lieux mêmes où certains hommes s'adonnaient à ce qu'il y a de plus bas en eux, la jouissance de rendre son voisin fou de terreur, de détruire, de voler, de s'enivrer du sang des autres, c'est dans ces lieux où tout semblait perdu, à jamais, que j'ai reçu les leçons d'un courage radical. Dans le chaos matériel et l'abandon spirituel qu'enduraient les survivants, il y avait l'énergie des mères, des blessés, des orphelins, des victimes que tisonnait toujours la présence mira­culeuse d'un être qui, par amour d'autrui, par amour purement désintéressé, tirait du pire le meilleur. Sa foi offrait à tous une résurrection. Crois-moi, pour eux, ce mot n'avait rien d'une idée creuse. Il avait toute sa charge charnelle : la possibilité d'une famille, des maisons douces, une tendresse du monde à leur égard, et enfin la restauration d'une vie spirituelle sans quoi rien de tout cela ne se maintiendrait. Et ce n'était ni les bombes ni la peur qui y faisaient obstacle — c’est-à-dire qui pouvaient faire obstacle à ce surcroît de vie au milieu des forces de mort —, [ce n'était donc ni les bombes ni la peur qui y faisaient obstacle] mais la résignation. »

C’est superbement dit ! La résignation, c’est la réaction du désespéré qui, par dépit, ne fait que suivre le mouvement : « Le bateau coule, mourons avec élégance ! », dit Michel Onfray, un nihiliste du début des années 2000. Alors qu’au milieu des situations les plus terribles, comme en témoigne Christiane Rancé, l’élan de FOI des PLUS PETITES GENS leur fait lever le regard et trouver ces points d’appuis, ces points de ressource qui font jaillir la vie là où la mort les enserre de toute part, comme une GRÂCE qui va manifester que la VIE peut toujours être choisie alors que la mort semble pouvoir tout détruire. C’est en ce sens qu’un jour où il connaît de sérieuses difficultés, saint Paul entend Jésus lui dire : « Ma grâce te suffit » = « Allez : vas-y, trouve en toi les forces que j’ai déposées ; j’ai traversé la mort, alors toi, à présent, relève-toi comme moi je me suis relevé, parce que JE SUIS AVEC TOI mon frère, ma sœur ! Je ne peux pas faire les choses à ta place, mais Je te dis que, là où les autres croient que la mort a gagné, TOI, tu peux choisir de faire jaillir la vie que Moi, J’ai semée en toi le jour de ton baptême : aie FOI en moi ! » Eh bien c’est ça ! Voilà ce qu’on appelle la BÉNÉDICTION de DIEU qu’on expérimente par la FOI.

C’est encore dit autrement au tout début de l’histoire biblique, à Abraham qui a 99 ans, sans enfant et à qui Dieu promet pourtant un fils qu’il aura avec sa femme de 90 ans : humainement, c’est n’importe quoi ! Sauf que « Rien n’est impossible à Dieu », Lui dit l’Éternel ! Une phrase qui sera reprise entre autres avec Marie, la mère de Jésus à qui un messager annonce qu’elle aura un fils 9 mois plus tard alors qu’elle est toujours vierge : « Rien n’est impossible à Dieu ! ». Et Marie de répondre, dans le même élan de FOI que son père Abraham : « Qu’il me soit fait selon ta parole ! », et voilà que 9 mois plus tard, Jésus naîtra dans une humble demeure de Bethléem... C’est cette même FOI qui donnera plus tard des ailes à Sœur Emmanuel quand elle rencontrera les chiffonniers du Caire et qu’elle entendra l’appel à rendre leur dignité à ces hommes et à ces femmes résignés : « Car rien n’est impossible à Dieu ! » C’est cette même FOI qui décidera Jean Vanier à vivre avec des personnes porteuses de handicap, de magnifiques frères et sœurs avec qui il va créer l’Arche qui accueille aujourd’hui des centaines et des centaines de ces personnes d’une richesse lumineuse et qui respirent la joie, là où la société ne leur promettait que de les reclure dans des asiles. C’est cette même FOI qui va inspirer à Frédérique Bedos son Projet Imagine par lequel elle part à la recherche des moindres flammèches de vie pour les filmer et envoyer ces reportages qui sont autant de témoignages vivifiants, comme des bouteilles à la mer sur Internet.

Or qu’est-ce qui anime de telles figures — j’aurais pu en prendre bien d’autres — ? La FOI en DIEU, bien sûr, mais en même temps en la VIE ÉTERNELLE avec DIEU ! Voyez : un jour, disent les Évangiles, Jésus a croisé un homme qui est venu se jeter à ses pieds pour lui demander : « Maître, que dois-je faire pour avoir la VIE ÉTERNELLE ? » Et Jésus lui a répondu « Obéis aux commandements de DIEU et suis-moi. » Si la scène s’était passée aujourd’hui, l’homme aurait supplié : « Maître, que dois-je faire pour être heureux ? », et là, Jésus n’aurait rien pu répondre, parce que cette question n’appelle aucun élan, juste une recette que le jeune homme n’aurait qu’à acheter, puisqu’il est riche. D’ailleurs c’est une vraie différence entre le bonheur et la Vie Éternelle : le bonheur se vend, pas la Vie Éternelle ! Le bonheur est un formidable argument commercial : On mange des yaourts qui procurent le bonheur, on achète des voitures qui rendent heureux, on vend des “porte-bonheur” sur Internet etc. etc. — Or un bonheur ne produit jamais, au mieux, qu’un instant consolateur de bien-être éphémère, qui peut faire du bien sur le coup je ne dis pas, mais qui en réalité maintient dans la résignation d’une vie de fonctionnement dont le saupoudrage de petits bonheurs nous rend les esclaves : on quitterait bien cette vie dépourvue de sens, mais abandonner ces petites consolations, c’est trop dur ! C’est une sorte d’addiction aux petites doses de bonheur qu’on nous distribue pour que surtout aucun élan de vie ou de foi ne vienne perturber le système ! C’est terrible ! La FOI en la VIE ÉTERNELLE, c’est tout autre chose, et ça ne peut pas être l’espoir d’un état langoureux où on serait tous en train de siroter un cocktail de fruit mollement affalés sur un hamac au bord de la plage sans se soucier de rien : ce ne serait que la projection éternelle du monde superficiel dans lequel on veut nous garder ! Ce serait l’enfer ! La FOI en la Vie Éternelle, redisons-le, c’est le RESSORT d’une vie qui jaillit comme un trait de lumière au cœur même de l’obscurité de la mort. Et pas plus que l’ombre ne peut envahir la lumière — c’est toujours la lumière qui chasse l’ombre, jamais l’inverse — Donc pas plus que l’ombre ne peut envahir la lumière, la mort ne peut envahir la vie. Et cette VIE ÉTERNELLE, Sœur Emmanuel, Jean Vanier et Frédéric Bedos en sont quelques témoins contemporains de ce début de XXIe siècle : ils nous disent, au nom de Jésus : la Vie éternelle, c’est MAINTENANT. Parce qu’en vérité, la VIE ÉTERNELLE ne pose pas tant la question de savoir s’il y a ou non une vie après la mort, mais bien s’il y a une vie AVANT la mort. Ce qui façonne la VIE ÉTERNELLE, ce sont tous ces actes plus ou moins conscients qui SÈMENT LA VIE. La VIE ÉTERNELLE n’est pas un « salaire » ; elle n’est même pas une récompense, même si on trouve ces expressions dans la Bible — il faut bien parler le langage que comprennent les gens ! DIEU ne va pas nous dire : « C’est bien, tu as été gentil, reçois ta récompense : pof, ça y est, tu es éternel ! » Parce qu’à bien réfléchir, le salaire annihile le don ! Quand vous faites un cadeau à quelqu’un, s’il vous le rémunère, il reste quoi ? Eh bien : si DIEU nous rémunère pour la vie qu’on aura contribué à faire fructifier, c’est fini : plus de lien entre DIEU et nous ! On repartira avec notre petit paquet de vie éternelle comme on repart de l’épicier avec son panier de légumes ! Et la grandeur de ce qu’on aura semé gratuitement, pour rien, ça deviendra quoi ?

Donc non, nous ne serons pas rémunérés à notre mort. Simplement, nous qui avons reçu la VIE et la FOI en CADEAU, purement gratuit, il sera évalué pour savoir si nous l’aurons fait FRUCTIFIER ! Si nous les rendons à DIEU en lui disant : « Tiens, voilà la vie que tu m’as donnée, je te la rends, de quoi tu te plains ? », vous sentez bien que ça ne va pas le faire ! Si en revanche on se présente en Lui disant : voilà, tu m’as donné la vie et la foi, voilà ce que j’ai tenté d’en faire ! », eh bien je peux vous assurer que DIEU vous dira : « Excellent ! Bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de chose. Je vais t’en confier beaucoup ; entre dans la joie de ton Maître ! » (Mt 25,23) Et hop : vous entrerez dans la Vie éternelle avec tout ce que vous aurez fait fructifier !

Ça, c’est la dynamique même de la GRATITUDE : la nôtre vis-à-vis de DIEU qui nous a donné la vie ; et la GRATITUDE de DIEU envers NOUS d’avoir reçu loyalement le cadeau de l’existence pour le faire porter du fruit. La VIE ÉTERNELLE va alors pouvoir se tisser sur la trame de cette GRATITUDE qui nous attache à DIEU et nos frères et sœurs et qui s’appelle la CHARITÉ. Voilà ce qui ne disparaîtra JAMAIS et nous maintiendra en vie sans que la mort n’ait jamais prise sur ça. Pourquoi ? Parce qu’encore une fois, LA VIE ÉTERNELLE ça n’est pas un état, ça n’est pas un objet : la VIE ÉTERNELLE, c’est un MOUVEMENT, une ENVOLÉE de gratitude réciproque qui fait que l’homme et DIEU se reconnaissent comme de profonds et de véritables AMIS ! Bon, on pourrait en dire encore des tonnes mais déjà avec ça, il y a de quoi méditer.

Maintenant, ajoutons quand même que pour recueillir l’élan de cette VIE ÉTERNELLE, il faut certes avoir FOI en DIEU, mais surtout FOI en Jésus RESSUSCITÉ. Pourquoi ? Parce qu’avoir foi en la VIE ÉTERNELLE comme ça, en l’air, ça n’est encore qu’une « croyance », comme on dit aujourd’hui ; une sorte d’espoir intellectuel, alors que la RÉSURRECTION de Jésus, elle, accrédite dans LA CHAIR la légitimité de cet espoir. Du coup, on passe de l’espoir à l’ESPÉRANCE, et là encore, c’est tout autre chose.

La FOI en Jésus RESSUSCITÉ est vraiment la FORCE de chacune des figures que nous avons citées, et elle peut devenir la nôtre si nous Le choisissons, en comprenant bien que LA VIE que nous fait semer la FOI NE MEURT PAS ! Autrement dit, c’est la FÉCONDITÉ de ma vie d’AUJOURD’HUI qui promet déjà l’ÉTERNITÉ de ma vie par-delà l’instant où je m’endormirai dans la mort.

Alors encore une fois, c’est sûr que tant que la société nous maintient dans l’esclavage de petits bonheurs saupoudrés juste là où il faut et quand il faut — jamais plus —, on ne voit pas à quoi la FOI en Jésus RESSUSCITÉ peut servir. C’est la grosse difficulté des adolescents, entre autres qui ont tout ce qu’il faut, leur petite dose de bonheur tous les jours sur leur téléphone portable, alors pourquoi est-ce qu’ils auraient besoin de Jésus ? Ou d’avoir des frères et sœurs chrétiens ? Alors le réveil sera douloureux, mais bon. Comme ils disent : c’est leur vie !

En revanche, pour ceux qui auraient le courage de vouloir être libérés de cet esclavage pour respirer la joie d’exister à pleins poumons, la FOI en Jésus RESSUSCITÉ est juste IN-DIS-PEN-SA-BLE ! Je me souviens de ces frères africains qui, à l’époque, voilà une trentaine d’années, m’ont dit : « Si tu savais à quel point on a attendu la venue des missionnaires du Christ ! Enfin des hommes qui parlaient un langage de vie, et ils nous ont libérés ! » Alors bien sûr que chacun peut être “bon” sans le Christ, il y a un chapitre de l’Évangile selon saint Matthieu qui le dit magnifiquement — le ch. 25. Seulement avec le Christ, c’est comme si un LANGAGE DE L’AMOUR commun à tous les hommes de la terre était apparu qui nous permettait de nous reconnaître les uns les autres comme frères et sœurs, qu’on soit noir, jaune ou blanc, jeune ou vieux, homme ou femme, adulte ou enfant etc. etc. TOUS FRÈRES dans la FOI en la VIE ÉTERNELLE ouverte par le Christ ; parlant et semant le même langage de VIE : alors là, dans une telle fraternité, il y a de quoi faire la fête pour toujours ! Et les prophètes de l’Ancien Testament ne tariront pas d’images en ce sens ! Dans une JOIE nourrie de GRATITUDE partagées par tout un peuple vivant authentiquement une FRATERNITÉ et qu’on appelle en définitive = l’ÉGLISE.

Ce qui habite l’ÉGLISE, c’est la JOIE de vivre concrètement de la bénédiction de DIEU, grâce à Jésus et à tous les points de ressource, les points d’amour qu’Il fait surgir sur la route des Chrétiens, simplement parce que ces Chrétiens ont la FOI ! Ils ne sont pas meilleurs que les autres — mais ils ne sont pas pires non plus ! Ils ont juste, humblement, FOI en Jésus, et cela seul suffit pour leur faire désirer semer la vie là où ils sont plantés — parfois habilement, parfois maladroitement, mais enfin : le désir est là, et vraiment, ça change tout. Ils entendent Jésus leur dire : « Ma grâce te suffit. » « Rien n’est impossible à DIEU ».

Alors maintenant, qu’est-ce que cette RÉSURRECTION de Jésus dont on vient de parler tout au long de cet entretien et qui a bouleversé la vie de ces milliards d’hommes et de femmes qui se sont mis en route sur le chemin de la VIE ÉTERNELLE ? C’est ce que nous verrons la prochaine fois. En attendant, je vous souhaite un bon partage ; que le Christ Jésus vous garde en sa bénédiction. Je vous remercie.
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Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
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