27-05-2018

[Foi 0.1] - Bienvenue !

par : le père Alain Dumont
BIENVENUE dans ce début de parcours : « Seigneur, à qui irions-nous, Tu as les paroles de la vie éternelle ! », à la découverte de la foi chrétienne, ou plus exactement à la découverte DU CHRIST JÉSUS, parce que la foi chrétienne n’est pas d’abord une doctrine, encore moins d’abord une morale, mais une RENCONTRE.
Rubrique :Préliminaires
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Bonjour,

et tout d’abord BIENVENUE dans ce début de parcours : « Seigneur, à qui irions-nous, Tu as les paroles de la vie éternelle ! », à la découverte de la foi chrétienne, ou plus exactement à la découverte DU CHRIST JÉSUS, parce que la foi chrétienne n’est pas d’abord une doctrine, encore moins d’abord une morale, mais une RENCONTRE. Alors après, c’est vrai que d’une part, cette rencontre pose des questions — comme toute rencontre véritable : quand vous avez un ami, il impacte nécessairement votre existence, sans quoi ce n’est pas un véritable ami. Ce que vous viviez en étant seul à mener votre barque, l’ami est là pour interroger la direction que vous prenez, et c’est une excellente chose ; c’est même vital, on en reparlera — ; et d’autre part, cette rencontre induit des choix et un comportement qui soient en accord avec elle. Et quand on est chrétien, on n’inverse pas les affaires, sans quoi on tombe dans l’idéologie, ce dont Jésus a toujours voulu nous garder. Dit autrement, on ne croit pas en Jésus parce qu’il aurait les mêmes valeurs que nous, par exemple ! Les valeurs de notre culture chrétienne viennent de LUI, quand bien même avec les Lumières les Occidentaux ont cru pouvoir garder les valeurs en rejetant le Christ, mais ça, c’est une autre histoire. Ça me fait toujours penser à cet homme assis sur une branche en train de la scier en étant absolument persuadé que c’est le tronc qui va se casser la figure ! Bon, mais quoi qu’il en soit, d’abord donc DÉCOUVRIR LA PERSONNE DE JÉSUS pour la rencontrer intimement, et la suite se met alors en place assez logiquement, à son rythme qui varie selon les individus, selon nos histoires personnelles, nos richesses, nos peurs, nos talents, nos émotions, etc.

Dans le fond, c’est une chance assez magnifique de s’interroger alors qu’on n’est plus dans l’enfance. Pour un certain nombre d’enfants de familles chrétiennes encore aujourd’hui, c’est vrai qu’on « catéchise » les enfants, mais on leur raconte les choses comme à des enfants de 8 à 11 ans en espérant qu’ils n’en resteront pas là en grandissant — on peut rêver ! — ; mais pour vous qui avez le désir de revisiter un tant soit peu la foi en tant qu’adultes, c’est vrai qu’on va aborder des sujets parfois délicats mais qu’il ne faut pas laisser de côté sous prétexte que ça nousdérange. Donc la catéchèse que nous allons vivre ensemble va parler de Jésus, évidemment, mais aussi de l’amour, de la vie et de la mort, de la joie et des épreuves, de l’espérance aussi — a-t-on le droit encore aujourd’hui d’espérer ? Ça c’est une grande question, parce que vous avez des tas de gens qui, à force d’être déçus dans leurs espoirs, préfèrent vivre dans « l’inespoir », comme ils disent… au moins, si je n’attends rien, je ne souffrirai pas… Mmmm… Pas si sûr ! En tout cas, ça reste à démontrer. Nous en tout cas, on va faire un autre pari : oui, ça vaut le coup d’espérer, d’aimer et de mettre sa confiance dans un autre que soi-même. Vous allez voir, ça ne manquera pas de sel !

Du reste, pour le dire en passant, « catéchiser », c’est la francisation d’un mot grec très ancien : katékhizein, qui veut dire « instruire oralement ». et c’est un peu ce qu’on va faire ensemble — comme quoi le système des vidéos est un bon moyen pour renouer avec ce qui constitue le cœur de toute transmission, de toute mémoire, à savoir la PAROLE. La parole de quelqu’un en qui ON A FOI, c’est-à-dire, dans une première approximation, en qui on a confiance. Et dans le fond, voyez, parler de la FOI EN JÉSUS, c’est dans un premier temps tout simplement AVOIR CONFIANCE EN LUI, en sa parole ; une parole qui n’a rien à voir avec ce que le politique donne à entendre aujourd’hui, c’est-à-dire qui n’a rien à voir avec des discours séducteurs qui visent à confisquer le pouvoir à ceux qu’on a charmés au préalable pour qu’ils votent pour nous. Il s’agit d’une PAROLE dont l’authenticité s’est vérifiée dans la CHAIR ! Alors là, c’est un mot que vous m’entendrez prononcer très souvent parce qu’il est AU CŒUR de l’expérience et du témoignage chrétien : la CHAIR, c’est ce qui NE PEUT PAS MENTIR en nous. On parle aujourd’hui beaucoup en psychologie du « non verbal », et la CHAIR, c’est en partie ça. Par exemple, si vous dites : « Tu sais bien que je t’aime » avec un ton doux et des gestes adéquats, et « Tu sais bien que je t’aime » avec un ton méprisant et des gestes qui disent que l’autre vous dérange, eh bien vous ne dites pas la même chose alors que les paroles sont les mêmes ! Quelle est la différence ? La CHAIR, c’est-à-dire la manière dont vous allez INCARNER ces paroles, à savoir le ton, les gestes, l’attitude globale : autant de données non-verbales qui authentifient, ou qui invalident ces paroles…

Or le plus surprenant, dans le message chrétien, c’est que cette vérification par la CHAIR, même celui qu’on appelle DIEU de manière générale, s’y est soumis ! DIEU — on reviendra sur le sens de ce mot — n’est pas seulement une sorte de force ou d’énergie anonyme qui soutiendrait l’univers on ne sait trop comment. Dans l’expérience chrétienne — et par ailleurs juive, puisque nous sommes greffés sur l’expérience richissime du peuple juif —, DIEU est un être qui PARLE, et sa parole est EFFICACE, au sens où elle ne reste pas sans effets, pour reprendre les paroles du prophète Isaïe.

Une parole efficace, c’est une chose dont vous et moi pouvons facilement faire l’expérience : si vous rencontrez quelqu’un dans la rue et que vous lui dites : « Tiens, il fait beau aujourd’hui ! », certains diront que vous parlez pour ne rien dire, alors qu’en réalité, cette phrase apparemment anodine dit à l’autre : « Je t’ai vu et je veux bien entrer en relation avec toi ! ». Donc cette parole est EFFICACE, elle a un EFFET. Si vous ne voulez pas entrer en relation, eh bien vous ne dites rien et vous passez tout droit, sans oublier éventuellement de sourire, mais rien de plus… Aucune parole : mais « aucune parole » qui signifie néanmoins un message efficace : « Passe ton chemin, j’ai autre chose à faire que de te parler ! » Autre exemple : vous dites à votre ami : « Je t’aime », eh bien si c’est votre ami, cette parole prononcée en vérité ne peut pas rester sans effet sur lui : c’est une parole EFFICACE — les savants parlent eux d’une parole « performante », mais pour nous, on va considérer que c’est la même chose.

Eh bien, quand vous rencontrez Jésus, vous vous apercevez que TOUTES SES PAROLES sont EFFICACES ! Et elles ont non seulement un effet sur ses contemporains, mais aussi sur nous 2 000 ans plus tard ; sans oublier qu’elles sont aussi efficaces SUR sa propre personne puisqu’il va accepter de MOURIR SUR LA CROIX pour nous témoigner que ses paroles sont VRAIES — et dans la Bible, est VRAI ce qui donne la VIE, c’est important à noter dès maintenant ! Regardez d’ailleurs vous-mêmes en faveur de quoi vous êtes prêt à mourir, et c’est là qu’on verra en quoi vous croyez vraiment, autrement dit ce qui vous fait vivre ! Et là, « mourir » peut être pris au sens très large : quand on a un projet auquel on croit, on est prêt à abandonner tout ce qui n’est pas conforme à ce projet, même si ce à quoi nous devrons renoncer nous tient à cœur par ailleurs. Par exemple, si vous avez le goût de l’aventure et que vous aimez vos parents en même temps, si vous aimez plus vos parents que l’aventure, vous resterez auprès d’eux et vous « mourrez » à votre projet de partir ; à l’inverse, si vous êtes appelé irrésistiblement à l’aventure, vous « mourrez » à votre devoir filial et votre départ sera un vrai déchirement, mais en même temps, vous saurez LÀ, à travers le renoncement que vous aurez décidé, ce pour quoi vous êtes prêt à donner du sens à votre existence. Eh bien voilà : pourquoi les chrétiens mettent-ils leur FOI en Jésus ? Parce qu’il a fait un choix extraordinaire : plutôt que de préserver une petite vie pépère dans les bras de Marie-Madeleine par exemple, il a préféré MOURIR en se laissant humilier sur une croix ; tout ça pour nous témoigner qu’il vivait complètement ce qu’il enseignait. Par ce choix incarné, ses disciples ont pu vérifier dans sa CHAIR qu’il ne leur avait pas menti, qu’il ne cherchait pas à les séduire pour s’enrichir comme un gourou mais qu’il avait vraiment conscience de leur ouvrir un chemin de VIE / Le chemin de VIE attendu par son peuple depuis 1500 ans auparavant, depuis Abraham — on en reparlera.

Ceci dit, non seulement ça ; non seulement il est mort dans sa CHAIR pour témoigner de la vérité de son espérance, mais en plus — et là c’est le grand mystère : certes la mort l’a saisi, mais elle n’a pas pu Le retenir ! Et voilà que le matin du troisième jour après sa mort en croix, un dimanche, les femmes qui vont embaumer son corps trouvent son tombeau vide ; non seulement ça, mais alors qu’elles ne s’y attendent pas, voilà que celui qu’elles ont vu mourir sur la croix se tient devant elles ! Et même chose pour les disciples : c’est ce qu’on appelle la « résurrection » Resuscitare, en latin, ça veut dire : « se relever ! » Donc dire que Jésus est ressuscité, c’est dire qu’il s’est relevé de la mort ! — Alors vous imaginez le bouleversement ! Forcément, après une expérience pareille, quand vous voyez VIVANT — on ne parle pas ici de spiritisme ! — ; quand vous voyez VIVANT, donc, celui que vous avez vu mourir, votre vie est complètement chamboulée !

Alors c’est vrai qu’on peut aussi se dire, 2 000 ans après : « Qu’est-ce que c’est que ces histoires ? », « J’y crois pas ! », comme on dit. Et évidemment, lancé comme ça à l’emporte-pièce, ça paraît être complètement dément ! Et puis à l’époque des téléphones portables, des tablettes, de la robotisation à tous crins, des voyages touristiques dans l’espace, que sais-je ? à quoi ça sert de parler encore de résurrection de Jésus ? Qu’est-ce que j’en ai à faire ? Eh bien à tout le moins, ce sont là de VRAIES QUESTIONS auxquelles on prendra le temps d’essayer d’apporter quelques réponses, sachant qu’en ce domaine, c’est à chacun de faire son chemin ! Reste que cette histoire de résurrection, d’une part, a vraiment changé la vie des disciples de Jésus qui ont ensuite témoigné autour d’eux, avec un courage extraordinaire, de ce qu’ils avaient vécu en sa compagnie. Et ils ont porté ce témoignage dans leur CHAIR : ils n’ont pas cherché à s’enrichir sur le dos des autres ; ils sont même morts dans des situations assez abominables, alors qu’ils auraient pu y échapper en reniant tout simplement leurs convictions… On pourra dire qu’ils étaient fous, mais quand même : quand on voit comment leur message a changé la vie de milliards et de milliards d’hommes et de femmes qui ont découvert la puissance de la charité — alors pas toujours, on est bien d’accord ! Il y a eu pas mal de ratés, comme toujours dans une histoire longue de 2 000 ans. Seulement est-ce que les malversations des uns, qui font toujours du bruit, doivent invalider toutes les œuvres des autres — je pense aux hôpitaux, aux écoles, à l’attention aux plus pauvres etc. qui sont autant d’œuvres des chrétiens dès le premier millénaire, alors que l’Antiquité n’était pas réputée pour l’exercice de la charité, c’est le moins qu’on puisse dire — ? Parce qu’en définitive, qu’est-ce qui reste ? Qu’est-ce qui demeure ? Tous ceux qui sont partis guerroyer pour étendre leurs pouvoirs, tous ont disparu et personne ne parle d’eux aujourd’hui, à part quelques historiens spécialisés. Et leurs prétentions se sont toutes effondrées. En revanche, les hôpitaux, tout laïcs qu’ils soient devenus ; les écoles qui visaient à élever l’âme des enfants — sans distinction de genres —, à leur donner les moyens de se dépasser ; le scoutisme, bien plus tard ; le don de soi total comme celui les missionnaires de par le monde, etc. Tout ça, ça reste ! Et si on veut bien écouter ce qui s’est construit de plus magnifique, ça nous parle de quoi ? Ça nous parle d’AMOUR. Ça nous parle de la formidable puissance de la CHARITÉ — un mot qui évoque inexorablement cette fameuse CHAIR (même si à strictement parler la racine latine n’est pas la même : on fait ici comme avec l’hébreu : s’il y a une concordance, même minime, elle peut ouvrir un sens). On pourrait donc dire que la CHARITÉ, c’est l’amour FAIT CHAIR, DONC l’amour qui ne MENT PAS et qui fait que l’autre m’est vraiment CHER — c-h-e-r —, au sens de PRÉCIEUX — et hop, on retombe sur la vraie racine du mot CHARITÉ ; l’être CHER — c-h-e-r —, c’est celui pour qui je suis prêt à mourir dans ma CHAIR — c-h-a-i-r — si besoin est : alors pas forcément mourir au sens de trépasser, mais mourir au sens d’abandonner volontairement mon égoïsme, mes jalousies, mes convoitises pour permettre à l’autre de grandir, de s’élever ; même dans les moments où il est le moins aimable, repoussant même ! Voilà la CHARITÉ dont Jésus nous a témoigné qu’elle constituait le cœur du Dieu créateur qu’Il appelait : « Mon Père et votre Père. » ; une CHARITÉ qui constituait le propre cœur de Jésus au point de laisser à ces disciples ce commandement essentiel : « Vivez la CHARITÉ les uns envers les autres COMME J’ai vécu la CHARITÉ envers vous. », qu’on traduit plus légèrement, et on a sans doute raison : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Alors on pourrait se dire, en bons français que nous sommes : « L’amour n’a pas besoin de commandement ! » Ouais, eh bien c’est pas si sûr, en tout cas si on veut prendre les moyens d’être fidèles comme le Christ a été fidèle, pour le meilleur et pour le pire. Aujourd’hui, on veut bien aimer pour le meilleur, mais quand vient le pire, on préfère flanquer l’autre dehors ; or c’est là que le Christ vient à notre secours en nous disant : « Non, ne fais pas ça ! Aime COMME moi j’ai aimé ; aime AVEC moi si c’est trop dur pour toi tout seul : ensemble, nous porterons du fruit et c’est ça qui fera grandir le monde ! » Super challenge que des tas de saints ont relevé avec bonheur au bénéfice d’une élévation du monde entier ! Ça, je ne vous le cache pas, c’est une des raisons qui me fait considérer très positivement la foi, qui me fait aimer le Christ et aimer l’Église.

Enfin bref. Tout ça pour dire que rencontrer Jésus, à la suite des disciples, c’est Le laisser nous toucher dans la CHAIR pour ouvrir le chemin de la VÉRITÉ et de la VIE en plénitude. C’est d’ailleurs une phrase clef de Jésus dans l’évangile selon saint Jean : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6) Alors vous pourrez aller écouter quelques témoignages contemporains si la chose vous intéresse, je vous mets les liens dans la description. Et puis lire les divers passages qui ont été sélectionnés à votre intention. Et puis bien sûr reparler de tout ça avec votre accompagnateur.

Dans un premier temps, nous n’en dirons pas plus ici : si ces quelques minutes d’introduction ont résonné en vous ; si vous avez, ne serait-ce qu’envie d’y croire, nous sommes des milliards aujourd’hui encore dans le monde à vous dire : « Vous avez raison ! Jésus a transformé notre vie et il transformera la vôtre ! Il fera de vous, comme pour nous, un homme ou une femme meilleur(e), avec des épreuves, certes, mais avec surtout d’étonnantes joies qu’une vie sans dieu ni maître est incapable d’imaginer. »

Que Jésus vous bénisse. Je vous remercie.
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Tous droits réservés.

Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
______________________________________________________________

Pour aller plus loin —

EN PRÉLIMINAIRE :
Regarder cette vidéos :
Stéphane Berne, Secrets d’histoire, « Un homme nommé Jésus », France•tv (5 mai 2018)

— Quelques notes techniques :
• Il y a en tout 4 évangiles qui présentent chacun à sa manière la vie de Jésus. Dans l’ordre :
– L’évangile selon saint Matthieu
– L’évangile selon saint Marc
– L’évangile selon saint Luc
– L’évangile selon saint Jean

« Évangile » signifie en grec : « Heureux message », qu’on traduit souvent par « Bonne Nouvelle ».
Cette « Bonne Nouvelle » annonce le Salut : en Jésus, la mort a été définitivement vaincue par la vie.

• Jésus est ressuscité d’entre les morts : signifie que ses disciples, après l’avoir vu mourir en croix, l’ont vu debout, relevé d’entre les morts. On dit aussi que Jésus s’est réveillé d’entre les morts. La Résurrection de Jésus est le cœur de la proclamation de l’Évangile et de l’expérience chrétienne.

— Quelques témoignages vidéo :
Vidéo : Benjamin est un ado en recherche. Une amie de sa mère fait son thème astral et lui dit cette phrase terrible: « Tu es malheureux parce que tu ne voulais pas exister. » Ces mots l'enferment dans un schéma de mort.
https://rencontres.decouvrir-dieu.com/temoignages/benjamin-sens-de-vie/

Écrit : Danielle et son mari n'avaient pas fait baptiser leurs trois enfants "pour leur laisser la liberté de choisir". À 17 ans, leur fille Déborah demande le baptême. Et ce n'est qu'une première étape…
https://rencontres.decouvrir-dieu.com/temoignages/danielle/

— Quelques citations glanées de-ci de-là :
• « Il y a en moi plus grand que moi. Quiconque a fait cette expérience n’a pas besoin qu’on lui montre l’existence de Dieu. Dieu ne se démontre pas, il est la vie ; et dès qu’un homme est attentif à sa propre vie, il se heurte à cette présence merveilleuse, invisible. Qu’importe le nom qu’on lui donne, c’est une Présence infinie qui le dépasse infiniment et qui est plus proche à lui-même que lui-même. »
(Maurice Zundel, Vivre Dieu, Presses de la Renaissance (2007), p 33)

• « Jésus-Christ a été pour moi le radieux compagnon de mon enfance, de mon adolescence et il est, maintenant et toujours, le radieux compagnon de ma vie familiale et professionnelle.
Je vous remercie mon Père de m’avoir donné l’occasion de manifester ma pensée. »
(Louis de Funès, Pour vous qui est Jésus-Christ, Cerf (1970), p. 62)

• « Contrairement à l’amour, l’amitié est par définition réciproque. On peut aimer quelqu’un sans qu’il le sache, mais on ne peut être l’ami de quelqu’un à son insu. Cela ne veut pas dire que la relation d’amitié est identique chez les deux amis, car chacun est bien lui-même : il a son histoire, sa manière d’aimer, de faire confiance, de manifester sa sympathie. Mais la relation est réciproque : chacun éprouve de l’amitié pour l’autre et se réjouit de sa présence. Cela est vrai de la relation que Dieu cherche à vivre avec l’homme. »
(Jean-Marie Gueulette, Laisse Dieu être Dieu en toi, petit Traité de la Liberté intérieure, Cerf (2005), p. 32)

— Quelques passages bibliques :
Évangile selon saint Jean, ch. 15, versets 7 à 17 (Jn 15,7-17)
Au moment de passer de ce monde à son Père, Jésus disait à ses disciples :
07  « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.
08  Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples.
09  Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.
10  Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.
11  Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.
12  Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
13  Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
14  Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.
15  Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
16  Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.
17  Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Première lettre de saint Jean, ch. 3, versets 1 et 2 (1Jn 3,1-2)
01    Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
02    Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est.

Première lettre de saint Jean, ch. 4, verset 7 (1Jn 4,7)
07   Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu.


Il est le Chemin, la Vérité, la VieCatéchisme pour tous les Âges du Diocèse de Dijon, Le Sénevé (2012)
Vous pouvez lire :
« Ma vie, un chemin vers le Christ », p. 21
« En route pour le baptême », p. 195
Note :
Ces textes peuvent vous paraître un peu techniques, comme une nouvelle langue. C’est normal : la foi de l’Église s’exprime à travers un vocabulaire précis, avec des mots parfois élaborés tout au long de l’histoire, selon les questions et les circonstances, depuis 2000 ans.
Par forme de gratitude, l’Église aime ne pas se détacher des mots qui ont parfois été difficiles à choisir, au sein de réelles tensions tant les enjeux étaient graves. Mais pas d’inquiétude : vos accompagnateurs sont là pour en parler avec vous.


— Un texte, un auteur
Auteur : Jean-Louis Souletie
Éditeur : DDB
Nombre de pages : 192


Si la foi chrétienne est liée profondément à la vie, à l'expérience du croire, à la rencontre d'une personne ou d'une communauté, il reste qu'elle passe aussi par des mots, des expressions, un langage. Trop souvent pourtant, beaucoup d'entre nous butent sur la difficulté de ces termes, à cause d'un décalage culturel, parce qu'ils apparaissent démodés ou connotés, soit tout simplement par manque d'explication. Il devient alors très difficile de parler de sa foi ou d'évoquer l'annonce de celle-ci. Théologien mais aussi homme de terrain, Jean-Louis Souletie ne s'embarrasse pas d'une langue complexe pour présenter ici une cinquantaine de mots clés comme foi, confiance, amour, pardon, père, etc. Avec une écriture très simple, au plus près du quotidien, il permet de renouer avec une vision positive et actuelle du message chrétien.

Reconnaître la quête spirituelle
L'existence moderne prend l'apparence de la quête incessante d'un bonheur assuré, fait de distractions, de réussite matérielle, d'individualisme et de certitudes. Est-ce vraiment ce qui anime le cœur des hommes et des femmes d'aujourd'hui ? En évitant toute généralité, il apparaît plutôt que l'époque contemporaine soit à la recherche d'une certaine vérité intérieure, d'une attente spirituelle. Les pistes sont nombreuses, certaines ne comblent pas forcément mais ouvrent quelques perspectives et révèlent, en tout cas, cette quête. Qu'il s'agisse du respect de la nature exprimé par les préoccupations écologiques, du souci d'authenticité jusque dans nos assiettes ou même de la dimension de justice qui transparaît avec le commerce équitable, chacun, dans la société actuelle, accède à ces questions qui l'engagent tout entier.

Bien sûr, il y a des effets de mode. Mais nous cherchons tous à tracer un chemin personnel qui corresponde à notre désir profond, même s'il est parfois confus. La foi n'est pas étrangère à ce désir, même si la pratique religieuse et les repères ne sont pas toujours au rendez-vous. Même confusément, ce peut être de l'Église que nous attendons une aide. Comme on réclame un service. Ce peut être une démarche pour inscrire un enfant au catéchisme, demander un sacrement, solliciter une aide, un entretien, un soutien ... À un moment de la vie, la parole de l'Église pourra être entendue.

Ceux qui se tournent alors vers l'Église, même s'ils n'ont — dans un premier temps — qu'une seule préoccupation, sont des hommes et des femmes de foi à part entière. D'une foi confuse, peut-être peu chrétienne, en tout cas préchrétienne le plus souvent, peu explicite. Mais ces personnes pressentent qu'il se joue quelque chose d'important pour elles, qui les conduit à demander à l'Église le baptême, le mariage, les funérailles. Leur demande peut être maladroite, limitée, mais l'Église peut les rejoindre, dans le secret de leur existence. Nous sommes parfois animés d'un désir que nous ne savons pas nommer. Les chrétiens qui participent à l'accueil de parents pour le baptême de leur enfant, aux rencontres pour la préparation au mariage, ou prennent des responsabilités dans l'accompagnement des familles en deuil, l'accueil des jeunes dans les aumôneries de lycée, les visites à l'hôpital ou en prison, le savent bien. La demande est confuse, mais profonde. Elle touche au cœur de l'existence de ceux qui viennent à la rencontre de l'Église.

La première réponse à cette évidente quête spirituelle passe par une qualité d'accueil et une reconnaissance franche de la vérité de la démarche. De l'Église, les personnes qui s'expriment attendent d'être reconnues comme « dignes de foi », dignes de confiance. C'est le geste fondamental et premier du Christ dans l'Évangile à l'égard de tous ceux qu'il rencontre. L'Esprit Saint n'est pas étranger à ces demandes maladroites et déroutantes. Entrer dans une démarche spirituelle ne nécessite certainement pas de tout connaître de la foi. Il n'y a pas de « handicapés spirituels » : chacun peut quelque chose de la vie qui le pousse plus haut, plus loin. Le prendre en compte, c'est entrer dans une aventure précieuse.

L'Église fait l'expérience de se tenir au plus proche de nos existences quand elle accueille cette « profession de foi ». Les fiancés demandent le mariage après des années de concubinage, en disant qu'ils veulent s'engager davantage que par un acte civil à la mairie. L'Église joue son rôle en les invitant à se tenir loin de tout ce qui détruit la vie - ce sera la conversion - mais aussi à se tenir au plus près de chacun, au plus proche de cette intériorité inviolable qui ne manque à personne.

Bien sûr, l'Église doit gérer la vie communautaire, organiser la pastorale et prévoir l'avenir. Mais elle sait aussi se mettre à l'écoute des « vibrations » spirituelles de nos contemporains. Les Journées Mondiales de la Jeunesse, les rassemblements et les pèlerinages, les générosités les plus déroutantes permettent de saisir cette grande attente. L'Église suscite l'intérêt des contemporains si elle permet de devenir plus humain, de vivre des relations apaisées avec les autres et avec soi-même. Par ses propositions, elle fait progresser la quête confuse des personnes vers une foi plus ecclésiale, vécue en partage avec les autres baptisés. Cette fraternité amicale de l'Église envers l'homme d'aujourd'hui résulte de sa foi en la résurrection du Christ qui est mort pour tous, pour qu'il n'existe plus de barrières entre les hommes, pour que soit repoussée la tentation du repli sur soi, sur son clan, sur ses idées, sur ses proches, etc. Même si c'est parfois difficile à expérimenter dans une société dure, où l'on préfère parler d'égalité et de liberté, l'Église est le lieu où peut se vivre une vraie fraternité.
(p. 15-18)