17-12-2014

[Gn] 16 - La ligature d'Isaac (2/2)

Genèse 22 par : Père Alain Dumont
Rubrique :Abraham
Duration:7 minutes 50 secondes
Transcription du texte de la vidéo :

(Voir la vidéo : http://www.bible-tutoriel.com/la-ligature-d-isaac-partie-2.html )

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Pour une citation, mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article

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Ici, Abraham devient père. Il reçoit de DIEU, d’une manière toute nouvelle, son Fils. Le Fils est celui que DIEU sauve. C’est retrouver la promesse, mais complètement bouleversée. Sans cette épreuve, Abraham aurait élevé son fils comme un prince, comme un tout puissant… Jacob aura cette tentation avec Joseph : ce la ne suscitera que la jalousie, et il faudra que Joseph traverse les affres de la mort pour devenir le véritable prince, selon le cœur de DIEU. Et c’est la tentation de David : David était sorti de rien, mais il a élevé ses fils comme des princes. Résultat, tous vont se trucider les uns les autres, et la personne de Salomon ne sera pas tant cette image du Roi sage que véhiculent les images d’Epinal… Les rois qui se succèderont ne seront pas, pour la plupart, éprouvés par la foi… et il s’en suivra l’Exil. Où l’on perd tout, apparemment, et où il faut revenir à la foi pure pour découvrir qu’on est toujours le fruit d’un appel, d’une promesse.

La question n’est pas non plus de se dire qu’il y a un progrès dans l’ordre des sacrifices, comme si substituer un animal à l’homme était meilleur qu’un sacrifice humain. Demandez aux animaux ce qu’ils en pensent ! Non. Les sacrifices rappellent à l’homme qu’il n’est pas détenteur de sa propre vie. Que le sang n’est pas versé n’importe comment, en toute impunité. Aujourd’hui, il n’y a plus les sacrifices du Temple, certes, mais il y a les abattoirs qu’on cache… L’homme occidental ne se sent plus en dette de vivre. Il est tout puissant. Il veut la richesse… Et il perd son âme. Il n’a plus foi qu’en lui-même, et repousse les épreuves sur les autres.

Alors il faut revenir à Abraham. Il faut revenir à cette histoire sainte qui nous éprouve, certes, mais pour nous faire aller au-delà de nous mêmes, pour nous dépasser et nous découvrir appelés à une vie, non pas rayonnante de joyaux qu’on porte au cou, aux doigts ou aux oreilles, mais d’une Lumière qui est bien plus fondamentale, celle du premier jour de la création, qui est la Lumière même de DIEU, la lumière de l’amour qui nous sera révélée dans le sacrifice du Fils Unique de DIEU, au moment où DIEU lui-même se fera le sacrifice qui sauve le monde. DIEU est pauvre de lui-même. Les riches, c’est-à-dire ceux qui sont incapables de faire le choix éprouvant de la pauvreté, n’ont aucune chance de le rencontrer.

Ainsi, le récit de la ligature de Yitçrac définit l’attitude de l’homme biblique devant DIEU, mais en même temps, il pulvérise les interprétations païenne des sacrifices. Le récit culmine dans la condamnation des sacrifices humains — le messager de DIEU arrête le bras d’Abraham et qu’il substitue un bélier à son fils. C’est un sens nouveau du sacrifice : la victime animale n’est pas offerte à DIEU parce que celui-ci en aurait « besoin”, ou parce que l’homme devrait s’imposer des privations matérielles devant DIEU… Le sacrifice devient l’acte concret, le signe viscéral de l’acte intime d’obéissance de l’homme à DIEU dont nous apprenons qu’il n’est pas un DIEU de mort, mais un DIEU de Vie.