17-12-2014
[Gn] 15 - La ligature d'Isaac (1/2)
Dernier grand chapitre de la Saga d’Abraham : quand DIEU lui demande de sacrifier son fils Isaac...
Attention : Vu l’importance du chapitre, l’intervention est un peu plus longue que d’habitude. Nous avons donc été contraints de la scinder en deux.
Duration:10 minutes 35 secondes
Transcription du texte de la vidéo : (Voir la vidéo : http://www.bible-tutoriel.com/la-ligature-d-isaac-partie-1.html ) Tous droits réservés. Pour une citation, mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article_____________________________________________________
Gn 22
Le ch. 22 de la Genèse est célèbre, puisqu’il s’agit du récit de la “ligature d’Isaac”, et non du « sacrifice » d’Isaac puisqu’en définitive, Abraham n’a pas sacrifié son fils.
> v. 1 : Dieu mit Abraham à l’épreuve.
Voilà le gros mot est lâché : « épreuve ». Qu’est-ce que c’est que ce DIEU qui « met à l’épreuve » ? Aujourd’hui, l’épreuve est ce que nous devons absolument éviter parce qu’elle ne signifie pour nous “faire souffrir” sans raison. Donc on va déployer une énergie folle pour “ne pas souffrir”, éviter les “épreuves” de la vie par des assurances de tout poil, garde toi à droite, garde toi à gauche… Pour s’apercevoir en définitive qu’on ne peu pas vivre sans traverser d’épreuve, ce qui nous révolte et nous fait terminer notre vie dans l’amertume la plus totale. Il y a ce paradoxe chez l’homme qu’il voudrait ne pas souffrir, ne pas avoir à traverser d’épreuve ; et pourtant, sa vie est tissée d’épreuves qu’il comprend d’autant moins qu’il se persuade qu’elles ne devraient pas exister.
C’est le fameux argument de nos contemporains : « Si DIEU existait, il n’y aurait pas tant de souffrance dans le monde. »
Ce texte va aussi jouer sur un fantasme qui nous habite, dans un contexte de conflit où règne la loi du plus fort. Dans cette vision des choses, si DIEU est au-dessus de moi, c’est qu’il est le plus fort, et il est normal qu’il me fasse sentir sa force — sous entendu : si j’étais à sa place, je ne me priverai pas ! Fort heureusement pour l’humanité, aucun d’entre nous n’est à la place de DIEU ! —
C’est quelque chose de si profond qu’on laisse aujourd’hui encore souvent échapper des expression malheureuses du genre : « Mais qu’est- ce que j’ai fait au bon DIEU ? » quand il nous arrive une tuile… Comme si DIEU ne nous avait créés que pour nous lancer des tuiles sur la tête !!!
Eh bien. Le plus surprenant, c’est que pour nous guérir, DIEU accepte un temps de revêtir le fantasme dans lequel nous l’emprisonnons. À l’époque, on croyait que les divinité de Canaan demandaient des sacrifices d’enfants, alors DIEU va comme « revêtir » cette image qu’on a de Lui. Et c’est précisément ce qui va constituer l’ « épreuve ».
> v. 2 Offre-le en sacrifice !
Alors le récit nous fait danser sur notre chaise : qu’est-ce que c’est que ce DIEU ? Et il a été de tout temps des hommes pour dire qu’il fallait retirer ce genre de texte où DIEU est présenté comme violent de la Bible
Ce qui est demandé à Abraham, ce n’est pas de sacrifier seulement son fils, mais à travers lui, il accepte de tout perdre : son avenir, la promesse attachée à la naissance de Yitçrac alors que DIEU la lui a rappelée tant de fois !
Mais encore : ce DIEU de VIE se donne à voir comme un DIEU de mort ! Un DIEU défiguré ! Où est le DIEU avec qui Abraham parlait comme à son Ami ? Qu’il a réussi à considérer les justes au milieu de Sodome et Gomorrhe ? Voilà qu’il se comporte comme n’importe quelle idole cananéenne en demandant le sacrifice d’une enfant innocent !
On ne dit rien du sentiment d’Abraham à ce moment. Dès le v. 3, on raconte : « … » Il faut imaginer le débat tragique qui habite Abraham pendant les 3 jours de marche… Luttant sur la tentation de revenir sur ses pas, de refuser l’obéissance de la foi… Et pourtant, la foi va l’emporter sur tout ! Abraham va servir DIEU dans la crainte (v. 12), c’est-à-dire qu’il est prêt à lui obéir alors même que les exigences sont exorbitantes, qu’elles contrarient même la condition humaine !
Abraham ne savait pas comment la chose allait finir. Il ne voyait rien. C’était la nuit : la nuit de la foi ! Quand on se dit que tout cela est vain, que tout semble s’écrouler, de sorte qu’il n’y a plus que la confiance pour tenir le coup…
Le mont Moryah, de la racine ra’ah, voir, et Ya, qui veut dire DIEU. Le mont Moryah, c’est la montagne où DIEU seul voit, et où l’homme ne voit pas.
C’est le mont à David déposera l’Arche d’Alliance, où Salomon construira le Temple. Le temple, c’est le Lieu où DIEU seul voit, où l’homme vient par la foi, où l’homme est éprouvé par la foi. Dans cette conscience que quand on est éprouvé par la foi, DIEU nous transforme. Enfin !