16-09-2016

[Lv] 12 - Le rôle des prêtres dans la célébration des Offrandes (2)

Levitique 7:1-38 par : le père Alain Dumont
Le rôle des prêtres dans la célébration des Offrandes pour les Délits, et des Sacrifices de Paix.
Attention : que nul ne consomme la graisse et le sang !
Duration:23 minutes 15 secondes
Transcription du texte de la vidéo :
(Voir la vidéo : http://www.bible-tutoriel.com/le-role-des-pretres-dans-la-celebration-des-offrandes-2.html)
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Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
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Bonjour,.

Nous terminons aujourd’hui la première partie du Lévitique qui couvre les ch. 1 à 7 du livre et nous continuons, dans le fil du ch. 6, à découvrir la place et le rôle du prêtre dans les différentes offrandes. Alors après ce qui concernait la “oLâH = la Montée, l’holocauste ; le QâRBâN MiNH.âH = l’Oblation végétale puis le H.aTTâ’T = le sacrifice pour les Manquements — les manquements aux lois de la ToRaH évidemment —, voici maintenant ce qui concerne le ‘âShâM, le sacrifice pour les Délits. Je vous rappelle que ce qui change entre le Manquement et le Délit est le niveau où est portée la faute : les rabbins établissent une différence au sens où le délit serait un manquement, sinon volontaire, du moins pleinement RESPONSABLE sans pour autant grever définitivement le retour vers HaShèM. On parle dans ce cas de la FAUTE, “aWoN, comme au v. 18, et assez souvent on trouvera l’expression : « NâSsâ‘ Ha“aWoN, « Lever la FAUTE » au sens où on LÈVE une charge, donc où on la SOULÈVE, où on la PORTE, une expression qu’on va retrouver pas moins de 36 fois dans l’AT, en particulier dans les textes sacerdotaux comme le Lévitique, le livre des Nombres ou le prophète Ézéchiel ; une expression chère aux chrétiens puisque Jean-Baptiste dira précisément du Christ dans l’év. de Jn 1, v. 39 : « Voici l’agneau de Dieu HaNNoSsa‘ Ha“aWoN Hâ“OLâM » = qui porte la faute du monde. ». Ce qui veut dire au demeurant que la traduction liturgique française du Gloria et de l’Agnus Dei pose un vrai problème ! Dire : « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » laisse croire qu’il le retire, qu’il l’ôte comme on ôte la tache d’un vêtement, alors que ça n’a rien à voir ! On ne dit pas la même chose quand on dit « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » et quand on dit : « Agneau de Dieu, Toi qui PORTES le péché du monde, prends pitié de nous ! » Le Christ n’enlève pas : il SOULÈVE, il PORTE le “aWoN Ha“OLaM, le péché du monde comme le traduit très bien en revanche le Latin : qui tollis peccata mundi : tollo, c’est SOULEVER : il le PREND SUR LUI ! Ce que dit explicitement Saint Pierre dans sa première épître, ch. 2, v. 24 : « Il a PORTÉ lui-même nos péchés en son corps ! », d’après Isaïe 53,4 : H.oLâYéNOu Hou‘ NâSsâ‘ : « Ce sont nos souffrances qu’il A PORTÉES », toujours le même verbe NâSsâ‘. Enfin bon, on n’est pas là pour partir en guerre contre les traductions liturgiques.

Ceci dit, qu’il s’agisse de l’offrande pour le manquement ou celle pour le délit, le v. 7 précise que la victime appartient au prêtre qui les a pratiquées. L’association d’idées fait que le v. 8 traite à son tour de ce qui revient au prêtre qui pratique l’holocauste, non plus quotidien mais offert par un particulier. On se souvient qu’offrir un holocauste ne consiste pas simplement à jeter l’animal dans le feu ! Il est dépecé, les différentes parties disposées savamment sur le foyer etc. On n’y revient pas, mais tout ça fait qu’il reste à tout le moins le cuir de l’animal, et ce cuir revient donc au prêtre. Et puis toujours par association d’idée, on nous parle de l’offrande végétale cuite au four qui, elle, appartient totalement au prêtre qui l’offre ; celles qui sont cuites à l’huile appartiennent en revanche à tout prêtre du sanctuaire sans doute parce que cette offrande était quantitativement la plus importante et qu’un seul prêtre ne pouvait à lui seul tout consommer. Alors vous me direz : pfff, c’est bien technique tout ça ! Oui bien sûr, mais c’est loin d’être inutile, parce que sans ce cadre, vous imaginez la pagaille ? Qui a droit à quoi, et quand, et avec qui ? Comment faire en sorte qu’avec toutes ces offrandes, il n’y ait pas de débordements ou même des bagarres ? Parce qu’il ne faut pas imaginer que le Sanctuaire était un monastère type bouddhiste avec uniquement de hautes figures spirituelles détachées des humeurs du monde, surtout quand on connaît le tempérament moyen-oriental ! Il faut donc des règles rigoureuses qui aient du sens ! Voyez ? C’est ça entrer dans la dimension charnelle de l’Écriture : on ne lit pas un conte de Grimm, purement extérieur et complètement ignorant de ce qui se passe aux cuisines quand le prince batifole avec Cendrillon ! Le lecteur de la ToRaH doit vivre intérieurement ce qu’elle décrit, et donc se réjouir que ces règles soient données pour que tout se passe dans l’ordre et la dignité, comme dit saint Paul dans la 1ère épître aux Corinthiens au ch. 14.

Bien : on continue au v. 11 avec le rôle des prêtres dans le ZèVaH ShelâMîM, le sacrifice de Paix. Soit dit en passant, ShelâMîM est un pluriel, donc c’est un sacrifice de Paix au PLURIEL selon les différents états qui suscitent ces sacrifices, comme la louange, des v. 11 à 15, un vœu ou une simple dévotion comme l’évoque le v. 16 : une sorte de sacrifice d’action de grâce si vous voulez pour un bienfait reçu. Quoi qu’il en soit, les v. 12 et 13 vont préciser qu’à l’occasion de ces sacrifices de Paix, on offre de la MaTsaH — le pain azyme — ET du HaMéTs ­— du pain levé… Tiens, pourquoi donc ? Jusqu’à présent, tout ferment était interdit ! Alors là il faut entrer dans la symbolique de ces pains qui symbolisent chacun à leur manière la LIBERTÉ. Suivez moi bien parce que c’est un peu technique. La MaTsaH symbolise la liberté de ceux qui, sortis d’Égypte, peuvent entreprendre de marcher vers la Terre de la Promesse. Ceci étant, on a vu à plusieurs reprises que ce pèlerinage n’est pas tant extérieur qu’INTÉRIEUR, et que de ce fait, il ne s’arrête jamais : même une fois installé sur la Terre, il faut constamment sortir d’une Égypte intérieure toujours tapie et prêtre à reprendre ses droits ; et constamment cultiver cet élan vers HaShèM, un élan qui est la condition pour bénéficier de la Terre de la Promesse. Ce qui veut dire aussi que cette marche ne s’arrêtera en réalité qu’au jour de la Délivrance finale, le jour où HaShèM scellera définitivement l’accomplissement de son dessein de LIBÉRATION dont la Terre de la Promesse est le gage. OR ce jour-là, dit la tradition rabbinique, on arrêtera de manger la MaTsaH pour manger le HaMéTs, le pain de la LIBERTÉ ACCOMPLIE, c’est-à-dire le pain de la Paix. Pourquoi ? Parce que le HaMéTs est un pain qui a eu le temps de lever, un pain « paisible » pour ainsi dire, là où la MaTsaH, elle, est le pain de la hâte, le pain de l’urgence, souvenons-nous : c’était en Ex 12,39. La Paix, c’est le temps où l’on est en communion avec HaShèM, et cette communion est symbolisée par l’offrande du HaMéTs qui prend ici une dimension prophétique. Or à nouveau, la chose rejaillit sur la compréhension chrétienne des sacrements, en l’occurrence de l’eucharistie : on comprend mieux en effet pourquoi la communion eucharistique se vit après que les frères et sœurs de la Communauté rassemblée se soient échangés un signe de Paix. Ce rite ancestral de la Paix échangée dit que l’instant de la communion qui se prépare est prophétique du Jour de la Venue du Christ dans sa Gloire et dont l’eucharistie est le gage. Et de ce point de vue, on comprend mieux pourquoi nos frères orthodoxes  préfèrent utiliser un pain levé pour l’Eucharistie de la Divine Liturgie ! Vous voyez ? Chaque tradition a du sens dont le Lévitique permet de discerner l’enracinement et il n’y a pas une pratique meilleure qu’une autre. Ceci dit, on trouve une trace de l’usage d’un pain levé dans l’ancienne coutume catholique de partager le « pain béni » à la fin de la messe. À la lumière de ce ch. 7 du lévitique, il y aurait peut-être du sens à y revenir…

Ceci dit, le v. 14 revient à l’animal offert à l’occasion du sacrifice de Paix, dont une part nous dit-on reste dans le Sanctuaire et ne pourra donc être consommée que par le prêtre qui a porté l’offrande devant HaShèM ; et puis une autre part, la plus importante on le verra plus tard, est redonnée à l’offrant pour le repas partagé en famille — il faut dire que tout ça fait tout de même un paquet de viande à manger en un jour ! C’est un repas de fête dont je vous rappelle qu’il marque la convivialité avec HaShèM — non que HaShèM lui-même mange comme on l’imagine dans les rituels païens, mais Il est présent au repas du seul fait qu’à travers l’acte d’offrande, ce repas est reçu de Lui. Par ailleurs, quiconque a été au Moyen-Orient sait que la fête est un élément essentiel de la vie des hommes de cette partie du monde. La fête non pas au sens où on s’excite, mais où l’on rend grâce, comme dit le psaume, dans la joie et les chants. Et là, qu’est-ce que vous voulez, vous avez beau avoir des restes le lendemain, vous ne les mangerez pas dans le même esprit, un peu comme les restes d’un lendemain de mariage ! Donc on n’en laisse rien : tout est mangé en un jour. Ça n’est pas le cas en revanche pour un ZèVaH QâRBâNO, au v. 16 ;  littéralement un sacrifice d’offrande — on traduit souvent par sacrifice votif, c’est-à-dire un sacrifice de Paix associé à un vœu —. Là, le repas peut se prolonger le lendemain du fait qu’on reste pour ainsi dire dans le même état d’esprit, mais pas un troisième jour ! Alors à propos de cette limitation, certains rabbins expliquent, et je suis assez d’accord, qu’on a là une distanciation d’avec les sacrifices païens qui pouvaient durer plusieurs jours jusqu’à obtention des grâces demandées, or il ne s’agit pas de ça ici : on ne demande rien, on signifie la Paix qui résulte de l’Alliance vécue au niveau du clan ou de la famille, mais on ne s’installe pas dans le rite. Le rite est une action rigoureuse où l’on reste maître de soi ! Ça n’est pas un état d’extase dans lequel on s’enfonce pour puiser les vibrations énergétiques ! Et puis de toute manière, une viande de trois jours laissée à l’air libre, surtout dans ces contrées, je vous laisse imaginer l’état sanitaire ! C’est d’ailleurs l’argument de Maïmonide pour justifier cette limitation dans le temps. Donc vous voyez, c’est assez bien vu tout ça, avec un bon sens pratique qu’il faut codifier pour lui donner un sens et permettre au peuple de vivre non seulement un mouvement d’élévation vers HaShèM à travers les holocaustes, mais aussi de marquer les moments de Paix qui permettent de goûter les bienfaits de l’Alliance. Et attention ! Si on passe outre ce commandement, dit le v. 18, on commet une faute, un “aWoN : « Il portera sa faute », c’est-à-dire qu’il en sera responsable, car faute il y a qui appelle un sacrifice pour le Délit pour être réparée !

Alors attention aussi à la VERITÉ des sacrifices de Paix : il faut être en état de pureté rituelle, disent les v. 19 à 21 qui nous introduisent subtilement à la troisième partie du livre qui s’ouvrira à partir du ch. 10. Pour le dire rapidement, parce qu’on aura largement le temps d’y revenir, la pureté, c’est l’état qui rend possible l’élévation vers HaShèM par la médiation des Offrandes. Ce qui est impur n’est pas mauvais en soi, simplement, c’est ce qui n’a pas la capacité d’être élevé, donc il faut s’en prévenir d’une manière ou d’une autre et ne pas tenter de passer en force : si tu es en état d’impureté, n’essaye pas de manger ce qui a été offert pour être élevé : ce serait bafouer la ToRaH, trahir HaShèM et et surtout être pris dans un élan d’élévation sans y être prêt ce qui entraine la mort ! Alors ne vous offusquez pas de ce genre de choses : c’est un CADRE qui est posé ici justement pour ÉVITER ce type de situation et non pas pour établir un régime de terreur totalitaire !

Le chapitre se termine par une conclusion à partir du v. 22. On retrouve l’interdiction de la graisse, toujours cette H.éLèV, cette graisse viscérale qu’on ne doit manger en aucun cas ! Éventuellement, quand on trouve une bête crevée ou déchirée — dans un combat apr exemple —, c’est-à-dire qui n’a pas été abattue rituellement, on peut se servir de la graisse pour autre chose — peut-être faire du savon ou des cosmétiques, on ne sait pas ici, mais quoi qu’il en soit, on ne la mange pas, pas plus que le sang : c’est la part absolument réservée à HaShèM, on l’a déjà expliqué, on n’y revient pas.

Alors maintenant, vraiment intéressante est la partie des v. 28 à 34 : la répartition des parts dans un Sacrifice de Paix. On ne laisse pas aux prêtres les seuls abats : on leur donne des parties nobles, comme la poitrine — c’est-à-dire les côtes — qui a été, dit le texte, balancée devant HaShèM : c’est un rituel d’élévation qu’on a déjà rencontré lors des prescriptions concernant l’investiture des prêtres, en Ex 29. Et puis encore la cuisse droite. Alors pourquoi ces deux morceaux ? Parce qu’ils ont trait à la vie : la poitrine, c’est le souffle, la respiration ; quant à la cuisse droite, la droite, c’est la puissance, la puissance de la vie qui agit. Quand on parle de la « Droite de HaShèM » par exemple, c’est sa main droite : la main qui agit efficacement — pardon pour les gauchers, mais la ToRaH n’entre pas dans ces subtilités. Tout le reste est donné à l’offrant.

Vient alors la conclusion de TOUTE CETTE LONGUE PARTIE des ch. 1 à 7 : c’est l’institution perpétuelle des offrandes dévolues aux prêtres, raison pour laquelle on a aussi dans cette conclusion la transition qui nous fait passer à la deuxième partie du livre, à savoir l’investiture des prêtres et en particulier celle de ‘AHaRoN. À ce propos, on pourrait croire que le v. 37 glisse un nouveau sacrifice au milieu les 5 premiers, qu’on traduit souvent par « sacrifice d’investiture », mais l’hébreu, d’une part, ne parle pas ici de « sacrifice », et d’autre part, le terme MiLou‘îM vient du verbe MaLé‘ qui signifie remplir ; MiLou‘îM, c’est ce qui est rempli, c’est-à-dire ici les mains des prêtres chargées d’accomplir les offrandes. C’est l’idée de plénitude, si vous préférez. Alors méfions-nous des traductions françaises qui mettent aussi du sacrifice partout. Littéralement, il faudrait traduire ce v. 37 par : « Telle est la ToRaH pour la montée — l’holocauste —, l’oblation ; et le rite pour le péché, le délit, l’investiture ; et les sacrifices de paix — alors là, pour la paix, on a bien le mot de sacrifice. » C’est comme pour le v. 35 : il ne s’agit pas de « la part de ‘AHaRoN  et la part de ses fils sur les “sacrifices” par le feu à HaShèM » comme on traduit souvent mais littéralement de « l’onction de ‘AHaRoN  et l’onction de ses fils sur les foyers de HaShèM », ce qui veut dire que la Bible ne les désigne pas tant comme des « sacrificateurs » que comme les gardiens des feux de HaShèM, sous entendu gardiens du chemin d’élévation, du chemin de SAINTETÉ que représentent les offrandes présentée par eux devant HaShèM. Et le verset qui suit est clair : cette ONCTION est une institution perpétuelle pour Israël. Perpétuelle en quel sens ? Au sens où l’événement du Sinaï ne pourra jamais être effacé. Si l’onction était liée au Temple, ce serait tragique puisque la disparition de ce Temple signifierait la disparition du sacerdoce, et l’auteur le sait très bien puisqu’il vit cette disparition du Temple à l’époque où il rédige le livre. Qu’est-ce qui va permettre à l’espérance de ne pas s’effondrer ? Eh bien de la fonder dans un temps immémorial, au temps du MiShKâN sur lesquels les ennemis d’Israël n’ont aucune prise ! C’est ce qui fait au demeurant que les juifs orthodoxes attendent de pouvoir reprendre les offrandes par l’édification d’un troisième Temple qui inaugurera les temps messianiques.

Les Chrétiens quant à eux entendent cette perpétuité comme ayant été assumée dans l’Offrande du Christ dont l’Onction l’a fait Grand-Prêtre du renouvellement de l’Alliance pour l’éternité, dira l’épître aux Hébreux ! Quant à l’Eucharistie, elle est évidemment plus qu’un simple repas, fut-il le dernier que Jésus ait pris avec ses disciples : ce repas est lié à la mort du Christ en croix en tant que cette mort est une Offrande — une offrande dont on a vu qu’elle rassemble toutes celles énoncées au v. 37 et en particulier le Sacrifice de Paix auquel le repas de communion est spécifiquement associé. Vous voyez : c’est là que le Lévitique est tellement éclairants pour nous, pour notre manière de recevoir la mort du Christ comme une Offrande, l’Offrande de l’Agneau de DIEU qui porte le péché du monde, à la fois : • le Christ s’offre tout entier : c’est une Montée, une ”oLaH ; • Il porte le péché du monde : c’est un H.aTTâ’T et un ‘âShâM ; • il offre une Oblation Végétale dont il est à la fois la part offerte au Père et la part partagée avec ses disciples qui participent à son sacerdoce : « Ceci est mon corps » ; • de cette Offrande, le Christ est le Grand-Prêtre de l’Alliance Nouvelle : c’est une investiture. • tout ça afin que cette Offrande donne la Paix, c’est un ZèVaH ShelâMîM au repas duquel nous sommes tous conviés ! Et de la même manière que l’oblation de la MaTsaH rattache toute Offrande dans le Sanctuaire à la Pâque initiale, l’Offrande du Christ se présente comme une Pâque dont le repas transmet la Mémoire.

J’espère que vous sentez qu’il y a dans tout ça un légitime ACCOMPLISSEMENT en plénitude de la déclaration de perpétuité des offrandes Lévitiques, quand bien même un Juif, lui, ne peut pas entrer dans un tel accomplissement puisqu’il ne reconnaît pas à Jésus de caractère messianique. Et puis il y a la difficile question de la lignée du Christ dont on sait qu’il est fils de David, donc de Juda par Joseph, mais dont plusieurs exégètes semblent admettre que, par Marie dont la cousine Élisabeth est de la lignée de Lévi, ce qui laisse à penser que Marie fait elle-même partie de cette lignée, Jésus pourrait bien être aussi un Fils de Lévi... Bon, c’est un débat difficile, mais je voulait tout de même le signaler. Par ailleurs, tout ça n’est pas de l’ordre du conflit ; c’est de l’ordre de l’interprétation. Mais quoi qu’il en soit, ça signifie qu’il y a bien pour les chrétiens une véritable continuité avec les prescriptions lévitiques qui nous éclairent pour comprendre ce qui constitue les fondements de l’Eucharistie ; en même temps qu’il y a une non moins véritable rupture au sens où pour nous, ces offrandes sont ouvertes aux nations par l’unique Offrande du Christ en croix qui PORTE nos péchés et nous introduit dans sa Paix : « C’est ma Paix que je vous donne », dit-il dans l’évangile selon saint Jean qui est décidément le plus juif de tous les évangiles. Les nations n’ont donc pas à célébrer les offrandes lévitiques en tant que telles, néanmoins, en Christ, elles en recueillent pleinement les fruits de vie et de délivrance !

Voilà, je vous laisse là concernant ce chapitre 7 et toute la première partie du livre du Lévitique. Je vous en souhaite une bonne lecture. Nous ouvrions la deuxièmes partie du livre la prochaine fois. Je vous remercie.
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