18-05-2015

[Ex] 27 - La consécration des premiers-nés, une lumière sur le Mystère de la Rédemption

Exode 13:1-2 par : le père Alain Dumont
Comment, en un seul verset, l'Exode nous ouvre les portes de la Rédemption accomplie par le Christ Jésus.
Attention : vidéo exceptionnellement plus longue que d'habitude. Mais ça en vaut la peine !
Duration:27 minutes 41 secondes


• Document : la condition de l'enfant et du fils âiné dans l'Égypte Ancienne :

Conditions-de-l-enfant-et-du-fils-aine-dans-l-egypte-ancienne.pdf


• Références à consulter dans le Nouveau Testament :

Jn 1,1-18
Lc 2,21-39
Col 1,15
Ga 3,13
1P 1,20
Hé 7
Mt 25
2P 3,9.15
Ap 1,5 ; 2,21
Ro 8,29

Transcription du texte de la vidéo :  
Tous droits réservés.
Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
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Bonjour,

Nous voici à présent au ch. 13 du livre de l’Exode. Et voilà qu’au v. 2, sans prévenir, on nous parle de consacrer « tout premier-né » (sous-entendu tout mâle premier-né, comme le précisera le v. 12), parce que, dit HaShèM : « Il est À MOI ! », sans plus d’explication, sinon que cette consécration n’est rien d’autre qu’un sacrifice, et un sacrifice humain ! Dans un premier temps, c’est un peu choquant, mais c’est justement la raison pour laquelle c’est intéressant : c’est quand on est émotionnellement touché que l’attention s’éveille, et c’est toujours volontaire dans la Bible de façon à nous faire nous poser des questions et nous entraîner toujours plus loin ! Alors essayons de comprendre ce qui, précisément et à dessein, EST FAIT ici POUR susciter en nous un questionnement.

Précisons d’abord qu’il ne s’agit pas de la circoncision, qui, elle, touche TOUS les enfants mâles, du premier au dernier né. Il ne s’agit pas non plus de sacrifice d’enfants comme il pouvait s’en pratiquer en Canaân lors de situations de crise : on en a même des traces dans la Bible à propos des rois Achaz et Manassé ; voire même en Haute-Mésopotamie vers le VIIe siècle avant notre ère. Ceci dit, rien de systématique comme le pose ici la Torah, puisque la prescription concerne vraiment ici TOUS les mâles premiers-nés des Fils d’Israël, c’est-à-dire de ceux qui ouvrent, littéralement : qui « fendent » la matrice maternelle !

Alors posons-nous la question : qu’est-ce que c’est que cette histoire de sacrifier à DIEU les Premiers-nés mâles du peuple, qu’il soit homme ou bête ? On connaît dans l’Antiquité Moyen-Orientale, la coutume de l’offrande de ce qu’on appelle les « PRÉMICES », et qui concerne les premiers fruits des récoltes ; et sans doute aussi, chez les nomades, l’offrande des premiers-nés du bétail. En hébreu, « prémices » se dit : BéKKouRîM, qui est de la même racine que BéKhoR, « premier-né ». Donc on voit bien que sémantiquement, l’un et l’autre sont liés.

Revenons quelques instants à l’Égypte. Les études — je vous en mets une en référence dans les documents —, les études, donc montrent que le fils aîné avait une place à part dans la descendance. Dans les représentations hiéroglyphiques, le fils aîné est toujours le plus représenté, quand ce n’est pas le seul, et toujours à part. Plus encore, on constate que le fils aîné est clairement présenté comme le continuateur de son père, notamment dans la fonction qui a marqué son parcours professionnel. Il est désigné comme unique héritier, avec en corollaire toutes les charges familiales que cela suppose, y compris la prise en charge des parents dans leur vieillesse et la présidence des rites funéraires. Il y a peu d’études en revanche sur les rites qui accompagnent la naissance, mais dans le contexte religieux de l’Égypte, il est impossible qu’il n’y ait pas de tels rites. On venait nécessairement présenter l’enfant aux dieux des panthéons locaux. On ne les sacrifiait pas, mais il y avait obligatoirement une consécration à un dieu particulier qui accompagnerait l’enfant toute sa vie, et en particulier, vu son statut, il ne pouvait pas ne pas y avoir de consécration du fils aîné. Donc issu de l’Égypte, il n’est pas étonnant que Moïse reconnaisse aux premiers-nés une place prééminente dans le peuple que HaShèM est en train de créer pour Lui.

Maintenant, pourquoi instituer, au moins par principe, parce qu’on verra que cela ne prendra pas effet comme tel ; pourquoi instituer une consécration qui suppose un sacrifice des premiers-nés ? Ils ont été sauvés de la mort et il faut encore les sacrifier ? C’est non seulement paradoxal, mais ça paraît complètement absurde, proprement révoltant ! Sauf que là, quelque part, on entre complètement dans le questionnement d’Abraham quand DIEU lui demande de sacrifier Isaac, qui en plus d’être le seul fils était le Fils-Premier-né, qui avait ouvert la matrice de Sarah ! Parce que c’est la MÊME HISTOIRE, non plus seulement portée par un seul homme, mais désormais assumée par TOUT LE PEUPLE ! Non que l’on “revive” simplement ce que le Patriarche a vécu — ça n’aurait qu’un sens très relatif —, mais l’histoire progresse en insistant sur les mêmes points essentiels, mais revisités à travers, avec Moïse, le mystère de la RÉDEMPTION.

Alors pour comprendre, il faut revenir à ce que nous dit la Torah à propos de la 10e frappe. Avoir frappé tous les premiers-nés de l’Égypte, on l’a vu, c’est avoir signé pour toute l’Égypte la fin de sa postérité, et la fin de la théogonie qui a accompagné toute son histoire. Et comme je vous l’ai dit plusieurs fois, si cet épisode a eu lieu sous SMENDES, l’Égypte entre effectivement dans la dernière phase décadente de son histoire. On s’en souvient, tous les premiers-nés de l’Égypte ont trouvé la mort à cause de l’obstination de Pharaon. Et si les premiers-nés des Hébreux sont restés en vie, ce n’est pas qu’ils aient été épargnés, mais c’est qu’ils ont été RACHETÉS par HaShèM : donc ils sont bien À LUI, non pas en tant qu’Il en serait le propriétaire, mais en tant que GO’EL — je vous renvoie à la vidéo où nous avons fait allusion au Go’eL à propos de Moïse —, c’est donc en tant que GO’EL que HaShèM interveint, c’est-à-dire en tant que proche parent chargé de racheter ceux de sa famille qui sont en situation critique, notamment en situation d’esclaves. Voyez, il y a bien une sorte de parenté entre HaShèM et son peuple ; et d’ailleurs, souvenez-vous, quand il a parlé à Pharaon du peuple des Hébreux, il le lui a présenté comme son Fils Premier-né ! Il y a donc bien quelque chose d’une relation filiale entre HaShèM et son peuple, que le christianisme reconnaît particulièrement en parlant, non pas de HaShèM, mais du Père éternel. Bref. Maintenant, si on a bien compris que, à travers les premiers-nés, c’est en fait la postérité du peuple TOUT ENTIER qui est signifiée — c’est très clair, négativement parlant, en ce qui concerne l’Égypte —, ça veut donc dire qu’en RACHETANT les premiers-nés des Hébreux, HaShèM RACHÈTE tout le peuple des Fils d’Israël ! Et donc TOUT le peuple est proprement À HaShèM, ce qui interdit formellement de se tourner vers d’autres dieux, auquel cas le peuple connaîtra le même sort que l’Égypte ! D’où le drame de l’épisode du Veau d’Or que nous verrons dans quelques chapitres.

Donc le fait de consacrer tout premier-né à HaShèM est un rappel de l’obligation de Lui être fidèle, et ce : ex-clu-si-ve-ment ! Et comme ce commandement est perpétuel, c’est-à-dire qu’il s’adresse à TOUT premier-né de TOUTE l’histoire qui ne fait que commencer, c’est une manière, étonnamment efficace, de remettre la RÉDEMPTION sur le métier à chaque génération ; une manière de mettre chaque génération en face de la fidélité qu’elle doit à HaShèM, le DIEU SAUVEUR !

Donc suivez-moi bien : la visite de la MeMRaH de HaShèM en Égypte, son Verbe, sa Parole c’est la même chose, n’a pas tant été un châtiment que le moment où HaShèM se devait de SAUVER ceux qui pouvait l’être encore alors que le COMBLE du mal avait été signé et contre signé par Pharaon ; HaShèM se devait, en tant que GO’EL, de RACHETER les premiers-nés des Hébreux ! Il se présente donc, on l’a dit, mais là où les Premiers-nés de l’Égyptes consacrés aux idoles ne peuvent y trouver que la mort, les Premiers-nés des Hébreux, eux, vont y trouver la vie dans la mesure où ils sont RACHETÉS par le sang de l’Agneau.

Donc ok, ils appartiennent à HaShèM. Et comment marque-t-on l’appartenance à la sphère du divin à cette époque ? En le rendant à la divinité ce qui lui appartient par un sacrifice… Sauf qu’ici, on l’a dit, c’est le serpent qui se mord à queue ! À quoi servait de sauver les premiers-nés en Égypte si c’est pour devoir les sacrifier maintenant ? Sauf que le but n’est pas là, pas plus que, pour Abraham, le but était de sacrifier Isaac. La leçon est ailleurs ! En réalité, HaShèM va demander au peuple de lui RACHETER à son tour — c’est le même mot — les premiers-nés. Si l’enjeu n’était pas si tragique, on pourrait dire que HaShèM parle ici le langage de l’homme en termes de commerce : « je rachète, tu me rachètes, on fait des affaires ». Il y a un peu de ça… parce que c’est un langage que l’homme comprend. Si à cette époque HaShèM avait employé le langage du Christ, Jésus, Il aurait tout simplement été débouté. Au demeurant, on retrouve encore ici le dénouement de la ligature d’Isaac, puisque c’est un bélier qui sera offert pour RACHETER Isaac.

En tous les cas, c’est ce que dira le v. 13 : « Tout premier-né d’homme parmi tes fils, tu le RACHÈTERAS » Et comment vont-ils être RACHETÉS ? Là, c’est le Livre des Nombre qui fournit la réponse : le rachat sera assuré, non plus par un sacrifice comme pour Abraham, mais par la substitution des LÉVITES. Non pour qu’ils seront sacrifiés à leur tour, mais c’est afin qu’ils consacrent toute leur existence au service exclusif du culte de HaShèM, et notamment qu’un certain nombre d’entre eux OFFRENT les sacrifices en tant que prêtres ! Il y aurait beaucoup à dire ici : le sacerdoce lévitique n’est pas un privilège ! Lorsque je suis Lévite, et prêtre de surcroît, les sacrifices que j’offre au nom du peuple me rappellent que je représente moi-même l’objet d’un sacrifice. Le sacerdoce lévitique naît de la substitution du sacrifice dû à HaShèM des premiers-nés du peuple… Mais attendez : quand l’épître aux Hébreux nous dit que le Christ prêtre offre son propre corps pour notre sanctification, on est absolument dans la même trajectoire, portée à son accomplissement le plus inattendu !

Alors revenons aux Fils de Lévy. Pourquoi les choisir eux, et pas une autre tribu ? Mais parce que, toujours dans notre lecture de la tradition de Joseph-Aménophis, les Fils de Heby-Lévi sont précisément ceux qui ont assuré pendant plus de 300 ans la continuité, même voilée, de l’Alliance des Fils d’Israël au DIEU des Patriarches à travers le service cultuel du Sanctuaire de Joseph-Aménophis ; il convenait donc que ce soit eux qui assurent ce même service au sein du peuple de HaShèM pour les temps nouveaux qui s’ouvrent devant lui. Parce que la fidélité des Fils de Lévy ayant fait ses preuves dans la durée, ils sont le gage de la postérité future de tous les Fils d’Israël. Une postérité qui est signée par la vie octroyée aux premiers-nés comme une RÉDEMPTION dont les LÉVITES, sous l’angle de la Torah, constituent le prix.

Vous voyez, là, c’est vraiment la CHAIR qui travaille ! Mais qu’est-ce que vous voulez, c’est le seul moyen de ne pas s’endormir dans une sorte de privilège passif ! À travers cette prescription de la consécration des premiers-nés, HaShèM inscrit leur RACHAT dans la chair de chaque génération ! À chaque génération, les premiers-nés doivent être consacrés à HaShèM, mais à chaque génération, la RÉDEMPTION qui a eu lieu en Égypte est revécue par la substitution des Lévites. Enfin, plus ou moins ; en tout cas très formellement au début. Par la suite, le RACHAT est aménagé autrement. On en reparlera quand on étudiera le livre des Nombres. Mais quoi qu’il en soit, l’existence et le rôle des LÉVITES, entièrement au service du Sacerdoce au sein du peuple d’Israël, reste bel et bien attaché à cette consécration à HaShèM des premiers-nés d’Israël. Et par là, c’est cette tribu qui est chargée de veiller à la fidélité de toutes les tribus à HaShèM, afin de ne pas tomber dans le piège de l’idolâtrie, car ce serait revenir en Égypte, en MiTzRaïM, et là, le sort du peuple serait signé !

Maintenant, est-ce à dire que le peuple RACHETÉ par HaShèM devient esclave de HaShèM ? Justement non, et c’est ça qui est bouleversant : HaShèM devient le garant de la LIBERTÉ du peuple qu’il s’est attaché à lui en le rachetant. Voilà ce qui constitue ce qu’on appelle le mystère de la RÉDEMPTION, puisque Rédemption signifie littéralement RACHAT. Et ce rachat est en vue d’une LIBERTÉ, à l’inverse des idoles qui, elles, ne conduisent qu’à l’esclavage.

Alors maintenant, en quoi toutes ces histoires nous concernent en tant que chrétiens ? Est-ce qu’on n’est pas au-delà de toutes ces histoires de sacrifices et de transactions bizarres ? Eh bien sûrement pas !!! Bien au contraire, tout cela jette une lumière extraordinaire sur le mystère du Christ, et donc sur notre foi. On va simplement évoquer ici quelques aspects.

Tout d’abord à la lumière de ce moment troublant de l’Exode, saint Jean, par exemple, nous permet de comprendre qu’avec la naissance du Christ Jésus, ce n’est personne d’autre que le Verbe de DIEU, sa MeMRaH, qui se présente à nouveau. Et à nouveau, Il vient pour s’affronter au péché meurtrier, mais cette fois, le péché de TOUT homme. À cette différence près — une différence de taille — : le Verbe de DIEU n’est plus convoqué par la présomption d’un Pharaon obstiné et aveugle ; ce n’est plus la COMBLE du mal qui convoque la visite de la MemRaH de DIEU : il vient dans le monde parce que, grâce à la Torah, le monde est mystérieusement prêt à le recevoir au cœur du peuple d’Israël qui Lui est fidèle ; ne serait-ce que quelques-uns, et ça suffit pour lancer les affaires. Par là, nous apprenons qu’il y a une AUTRE réalité qui convoque le SEIGNEUR, et c’est la FIDÉLITÉ. Cette fois, le Verbe S’INCARNE, c’est-à-dire qu’il PREND CHAIR nous dit saint Jean (Jn 1,14), au sens où Il entre dans la mémoire charnelle de l’humanité en naissant non seulement comme un petit enfant, mais en tant que… PREMIER-NÉ ! Raison pour laquelle Joseph et Marie viendront le présenter au Temple pour… le RACHETER à HaShèM (Lc 2,21-39). Et on ne voit pas pourquoi HaShèM n’aurait pas le droit de visiter son peuple ainsi ! S’Il a créé le monde, on ne voit pas ce qui empêche qu’il vienne l’habiter de la manière qui soit la plus performante, sans se renier pour autant. On ne va pas s’étendre sur ce point. Disons quand même que c’est cette visite inattendue du VERBE de DIEU dans le monde que les chrétiens expriment en affirmant que Jésus est à la fois véritablement, totalement DIEU ET véritablement, totalement HOMME.

Ceci admis, si Le VERBE de DIEU entre dans un monde pécheur, c’est précisément pour le RACHETER ! Saint Paul n’arrête pas de le dire et de le redire. Le RACHETER de quoi ? Mais de l’esclavage du péché qui enferme tout homme dans une sorte d’Égypte intérieure ; tout homme à qui le Verbe vient s’attacher pour ouvrir un chemin de LIBÉRATION. Et Il s’attache à chaque homme en tant que… PREMIER-NÉ. « Premier-né de toute créature », dira Paul en Col 1,15 ; « Premier-né d’une multitude de frères », dira-t-il dans l’épître aux Romains (Ro 8,29) Or la dynamique du rapport intime qui relie le sort du premier-né à celui de tout le peuple dans le livre de l’Exode joue ici à plein ! C’est plus que de la solidarité : c’est une communion Et c’est même une AMITIÉ dira saint Jean. Alors que va-t-il advenir du péché qui s’oppose à DIEU dans le monde avec la même présomption que celle qui animait Pharaon, qui refusait la Torah de DIEU et à qui, donc, la Torah annonçait la mort inéluctable ? Eh bien : ce Premier-né, Jésus, va l’assumer. Il va assumer ce péché. Lui qui est uni au Père de façon unique ; Lui qui est absolument sans péché au regard de la Torah, voici qu’il entre comme PREMIER-NÉ dans la famille des pécheurs, de sorte que la mort — la même mort, c’est-à-dire la MALÉDICTION annoncée par la Torah et qui est advenue pour les premiers-nés de l’Égypte — ; de sorte que la mort, donc, va fondre SUR LUI… Saint Paul dira en ce sens que le Christ est « devenu malédiction pour nous » (Ga 3,13). le Verbe de DIEU fait CHAIR prend donc sur Lui la malédiction de la Torah, c’est-à-dire la malédiction annoncée par HaShèM à quiconque, dans le peuple, n’obéit pas à la Torah de Vie. Or le Christ est sans péché, on vient de le dire. Donc la malédiction, la mort, n’a pas le pouvoir de le retenir ! De sorte qu’il traverse la mort et se relève. Il devient le « Premier-né relevé d’entre les morts », comme dit le début de l’Apocalypse (Ap 1,5), ce qui ne signifie pas qu’il est le premier chronologiquement à renaître après sa mort — encore que ce ne soit pas faux —, mais qu’en tant que Premier-né d’une multitude de frères, la Vie éternelle qui l’anime, et qui l’animait de toute éternité puisqu’il est « l’Agneau sans tache connu d’avance, avant la fondation du monde », comme dit saint Pierre (1P 1,20) ; cette Vie éternelle qui l’anime, donc, rejaillit sur tous ceux qui sont ses frères ! Vous comprenez peut-être mieux, je l’espère, comment l’Ancien Testament nous éclaire de manière unique sur l’identité et la mission du Christ Jésus comme RÉDEMPTEUR.

Alors pour terminer sur cette question, disons rapidement deux ou trois dernières choses, simplement par mode d’évocation. D’abord, le fait que les premiers-nés d’Israël soient RACHETÉS par la consécration des lévites, c’est-à-dire ceux qui sont mandatés pour le culte de HaShèM, et parmi eux en particulier des prêtres. Eh bien, cette dimension sacerdotale est aussi assumée par le Christ en tant que Premier-Né, comme le montre très puissamment l’épître aux Hébreux. Le Christ nous RACHÈTE en vertu d’un sacerdoce qui est certes nouveau, mais qui en fait est plus ancien que le sacerdoce lévitique ; donc un sacerdoce qui n’est pas au seul profit des Fils d’Israël, mais de toutes les nations. Vous trouvez ça au ch. 7 de l’épître aux Hébreux.

Ensuite, le credo, dans la suite du Nouveau Testament, énonce que nous attendons le Retour Glorieux du Christ. Qu’est-ce que ce retour ? Mais tout simplement la venue du Verbe de DIEU sur un mode similaire à ce qui s’est passé lors de la 10e frappe, c’est-à-dire lorsque le COMBLE du mal aura signé un avis de NON RETOUR ! Et si le Verbe de DIEU vient à ce moment, ce ne sera pas pour donner la mort, mais pour RACHETER ! RACHETER qui ? D’une part eux qui sont ATTACHÉS à Lui par le baptême reçu et vécu ; Et d’autre part ceux qui, n’ayant jamais entendu parler du Christ, lui auront malgré tout été mystérieusement ATTACHÉS par leurs œuvres de charité. C’est ce que saint Matthieu décrit au ch. 25 de son Évangile : « Ce que vous avez fait au plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait. » Au demeurant, le mode de cette ultime visite du Verbe de DIEU est décrit dans l’Apocalypse, dont on a déjà vu le rapport direct avec le livre de l’Exode.

Enfin, ce RACHAT procède d’un attribut de DIEU absolument essentiel, qui a pour nom de MISÉRICORDE. Mais on voit ici que cette miséricorde n’a rien de gentillet ou de mièvre : elle est exigeante, de l’exigence même de l’amour exclusif voué au DIEU PÈRE par Jésus ! Un amour qui patiente, comme le dit encore saint Pierre dans sa seconde lettre (2P 3,9.15), pour nous laisser le temps de nous repentir (Ap 2,21), c’est-à-dire de nous convertir au Christ, afin d’être RACHETÉS par Lui lorsqu’adviendra le COMBLE de l’iniquité.

Voilà. Vous voyez comment, à partir d’un petit verset qui, a priori, est assez choquant ; si on l’empoigne pour découvrir ce qu’il veut dire, parce que c’est ça le but, c’est toujours pour nous stimuler à aller plus loin. Et si on se met au travail pour SCRUTER véritablement la Torah, on arrive à de grandes lumières sur la foi chrétienne.

Je vous laisse avec tout ça pour aujourd’hui. Relisez ce court verset, ainsi que toutes les références que je vous ai citées, et que je vous remets en document. Je vous souhaite autant de joie à les retrouver que j’ai eu de joie à vous les exposer.

Je vous remercie.
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